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Les 19 mots et expressions dont raffolent les Turcs...

Comme il existe des gallicismes, termes français qui sont intraduisibles dans les langues étrangères, il y a également des mots et des expressions qui trouvent un écho dans la mentalité turque. Florilège de ces tournures propres aux Turcs et à leur mode de vie.  

Mercredi, Avril 8, 2015 - 18:43

Görücü : «celui qui voit». Ce terme ne s'utilise que dans le cadre du mariage arrangé, «görücü usûlü». Ce sont les femmes qui règlent l'affaire. La future belle-mère ou ses filles «voient» et jaugent leur future belle-fille dans des assemblées de femmes en général. Les tractations sont d'abord menées par la gent féminine qui récolte des informations sur l'état matrimonial de la future bru, de son honorabilité et de celle de sa famille.

Kiz istemeye gitmek : «aller demander une fille». Le prétendant vient avec sa famille pour demander la main de la fille. C'est un rituel qui existe dans toutes les couches de la société, du riche au pauvre, du sécularisé au conservateur. La visite est en général de pure forme où l'on boit le traditionnel café turc et débite la formule consacrée : «Allah'in emri, Peygamber'in kavliyle kizinizi oglumuza istiyoruz», «conformément à la prescription de Dieu et à la parole du Prophète, nous demandons votre fille à notre fils».

Köy : «village». Le fameux «bled». Les Franco-turcs aiment se rattacher au village où sont nés leur père. L'esprit de clocher est si gravé dans les esprits que la première question qu'on pose à un inconnu est sa ville d'origine. «Nerelisin ?», «d'où es-tu originaire ?». Le «hemsehricilik» (le fait d’être issu de la même localité) crée un réseau de solidarité intra-communautaire.

Izin : «permission». C'est le congé estival. A l'origine, les deux mois de grandes vacances étaient passés au bled auprès de la famille élargie mais les Franco-turcs de la troisième génération préfèrent désormais passer de «vraies vacances», soit en Turquie soit dans un autre pays.

Sülale : «clan». Pour les Turcs, la famille est sacro-sainte. Mais il ne s'agit pas de la famille nucléaire, réduite aux parents et aux enfants. C'est la parentèle qui compte à tel point que dans certaines régions, les mariages intra-familiaux sont strictement interdits.

Valla ou vallahi : «je te jure». L'interjection la plus usitée dans une bouche turque. A l'origine, il s'agit d'un serment pour appuyer une prétention ou un déni. De nos jours, c'est un mot qu'on emploie à tout bout de champ comme «yani», «c'est-à-dire».

Ev isi : «les tâches ménagères». Les femmes turques ont une véritable obsession de la propreté et du design. Ainsi, le moindre mouton de poussière est pourchassé, les dentelles ornent les meubles. L'exigence d'étalage n'est pas étrangère à cette manie. Les femmes turques se rendent visite plusieurs fois dans la semaine, d'où cette manie.

Abi, abla : «grand frère, grande soeur». Ces termes expriment le sentiment de respect et d'affection aux aînés. «Dayi» (oncle maternel) ou «haci» (pèlerin) sont souvent utilisés pour les personnes âgées. Le lien de parenté n'est pas exigé pour utiliser ces mots.

Misafir : «invité». Le «misafirlik» est le cachet des Turcs. On se rend visite en famille au moins une fois par semaine, aussi bien entre voisins qu'entre cousins. L'hospitalité vis-à-vis de l'étranger, le «misafirperverlik», est la forme aboutie de cette tradition. L'«iade-i ziyaret», la visite de retour, est aussi capitale. On attend forcément celui à qui on a rendu visite, c'est un acte de politesse et une occasion d'étaler les capacités culinaires.

Deplansman : «déplacement». C'est le mot que vous sort l'épouse d'un Turc qui travaille dans le bâtiment lorsqu'on l'interroge sur son mari. «Il est dans un chantier en déplacement».

Geçmis olsun : «que cela soit du passé». Formule beaucoup plus large que le simple «bon rétablissement» français. Une maladie, un accident, une épreuve morale sont autant d'occasions de dire «geçmis olsun».

Kimin nesi ? : «quoi de qui ?». Question percutante qui sert à déterminer la filiation et la situation d'une personne. L'appartenance familiale, politique, idéologique est concernée.

Hayat üniversitesi : «l'université de la vie». Réplique classique d'un homme ou d'une femme qui n'a pas fait d'études mais qui revendique un certain savoir du fait de son vécu et des expériences de la vie.

Becerikli : «habile». Un qualificatif que se voit décerner une fille habile dans les tâches ménagères. Un critère indispensable pour une future belle-mère.

Ayip : «honteux». Il s'agit d'une attitude qui est perçue comme étant fautive dans le cadre de la moralité publique. Faire un geste déplacé, montrer une partie de son corps, etc.

Adin çikar : «ton nom sortira», elalem neder ? : «que dira le monde ?», ele güne karşı : «par rapport aux autres». Ces trois expressions révèlent l'importance que revêt l'Autre dans le monde des Turcs. Il ne faut surtout pas avoir de mauvaise réputation, il est donc primordial de ne pas exposer le flanc à la critique.

Ellerine saglik : «que tes mains soient bénies». Formule qu'on emploie pour gratifier celle qui a concocté des plats succulents.

Namus : «honneur». Le terme est quasi exclusivement utilisé pour la chasteté des femmes. Or, il exprime à la base une règle morale qui touche plutôt l'intégrité, l'honorabilité d'une personne. Désormais, d'autres termes sont venus combler ce changement de sens comme seref, gurur, onur.

Allah'a ismarladik/Hosçakal/Güle güle/Allah'a emanet ol : Ces expressions, «que Dieu prenne soin de toi», «Reste heureux», «Reste souriant», «que Dieu te protège», sont des formules de congé. A la différence des salamalecs, elles sont utilisées par tous les Turcs, quel que soit leur degré de piété.

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