Par Caglar Ersoy | jeu, 29/12/2011 - 14:58
Clientélisme, électoralisme, démagogie et autres stratégies nous montrent que certains politiques sont capables de tout pour parvenir à leurs objectifs, à savoir : être élus... L'intérêt commun n'est plus qu'une utopie dans une ère où l'élection est une fin en soi et non plus un moyen, un outil au service de la démocratie. Du populisme, au travers des récentes propositions de loi de Claude Guéant sur l'immigration, au clientélisme de la députée Valérie Boyer, à travers sa proposition de loi condamnant le négationnisme, on voit bien qu'il est devenu urgent de combattre ces agissements. C'est ce que font aujourd'hui plusieurs associations issues des quartiers populaires. Composées de militants éducatifs et de militants politiques non partisans, ces structures associatives travaillent d'arrache-pied pour l'émergence d'une nouvelle voix : celle du terrain, celle des habitants des quartiers populaires, celle de ces oubliés dont les politiques ne se rappellent que dans la mise en œuvre de leurs stratégies populistes nauséabondes : identité nationale, burqa, assistanat, karcher, racaille, minaret, délinquance, etc. Taper sur l'islam où l'immigration a un effet dévastateur dans ces quartiers populaires de par leur démographie : c'est à partir de ce constat pragmatique que ces habitants ont décidé de s'organiser. Si autrefois, ces mouvements émergeaient à la suite d'événements malheureux (décès suite aux meurtres de policiers, etc.) désormais, une réelle conscience politique les anime. Ces bénévoles font preuve d'engagement en mettant en place des actions pour promouvoir les valeurs citoyennes. Ils ont, pour beaucoup, souffert de cette stigmatisation et ont décidé d'agir. Il ne s'agit plus seulement d'associations communautaires ou cultuelles comme pourraient le croire certains analystes faiseurs d'opinions, mais aussi et surtout d'associations citoyennes, laïques et apolitiques. À titre d'exemple, dans la banlieue sud, en Seine-et-Marne, l'ADIC, Association dialogue et initiatives citoyennes, propose aux Méens non inscrits sur les listes électorales une journée d'inscription massive. Ce projet s'intitule l'opération Papa Noël. Il s'agit d'un cadeau et d'un message aux politiques : désormais, ils devront composer avec ces oubliés de la démocratie, qui aujourd'hui et depuis bien trop longtemps occupent le triste rôle du bouc-émissaire dans l'échiquier politique. Le message délivré par ces bénévoles au « terrain » est simple : si vous ne créez pas le rapport de force, vous serez lésés ! Les membres et sympathisants de l'ADIC l'ont bien compris, la liste électorale méenne comprend déjà des centaines de nouveaux inscrits et au moins une trentaine de plus le seront le 31 décembre 2011, date limite des inscriptions et jour J de l'opération Papa Noël !
