Par AFP | mer, 28/09/2011 - 00:24

ANKARA - Le bateau de prospection gazière turc Piri Reis se trouve actuellement dans un endroit proche de la zone de forage offshore chypriote-grecque en Méditerranée, et sous escorte militaire, a annoncé mardi un responsable turc à l'AFP.
Notre bateau se trouve dans un endroit proche de la zone chypriote-grecque et il est escorté par des bâtiments de guerre turcs, a souligné cette source du ministère de l'Energie, sous couvert d'anonymat.
Cette source a refusé de dire combien de temps le navire turc effectuerait des explorations pour rechercher des ressources d'hydrocarbures dans cette zone au large des côtes sud (grecques) de Chypre.
Le bateau scientifique, qui avait quitté vendredi le port turc d'Izmir (ouest, sur l'Egée), se trouve non loin de la plate-forme Aphrodite, au sud de l'île, dans la zone économique exclusive chypriote (grecque) où une compagnie américaine a entamé des forages il y une dizaine de jours au profit de la République de Chypre, que la Turquie ne reconnaît pas, précise le journal turc à grand tirage Hürriyet.
La ministre chypriote-grecque des Affaires étrangères, Erato Kozakou-Marcoullis, a minimisé mardi l'importance du Piri Reis, un bateau de 40 ans. Nous surveillons les mouvements de la flotte turque. Nous surveillons d'autres bateaux de recherche envoyés par le gouvernement turc. Très certainement il n'y a aucune recherche en cours, a-t-elle déclaré.
La Turquie a appelé la République de Chypre --la seule entité reconnue sur l'île, mais qui ne dirige de facto que la zone de peuplement chypriote-grec au sud-- à renoncer à ses projets d'exploration gazière, menés en coordination avec Israël.
En riposte aux forages chypriotes-grecs, la Turquie a signé un accord de prospection avec la République turque de Chypre Nord (RTCN), qu'elle est la seule à reconnaître.
Avant le départ du Piri Reis, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a laissé la porte ouverte à une désescalade, affirmant que son pays était prêt à faire marche arrière si Chypre faisait de même.
Lundi, le Premier ministre grec Georges Papandréou a appelé au téléphone son homologue turc, pour l'inviter au calme et à la retenue, a-t-on souligné de source officielle grecque, et affirmer que Chypre avait le droit de décider ce qu'elle voulait faire.
L'émissaire de l'ONU à Chypre, Alexander Downer, a appelé à son tour mardi toutes les parties à la retenue, dans une déclaration à Nicosie à l'issue d'un nouveau round de négociations sur la réunification de l'île entre le président chypriote Demetris Christofias et le leader chypriote turc Dervis Eroglu.
Le secrétaire général de l'ONU a clairement souligné l'importance de la retenue car nous faisons ce que nous pouvons pour que ces négociations réussissent, a-t-il dit.
Nous ne voulons pas que quelque chose se produise et fasse dérailler le processus de négociations, a-t-il insisté.
Si nous parvenons à conclure avec succès ces négociations, une bonne partie de la controverse sur le gaz disparaîtra et le nouveau gouvernement fédéral aura la responsabilité pour la gestion de ses ressources, a ajouté le responsable de l'ONU.
