Ankara ouvre l’éducation aux filières professionnelles

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La dernière loi votée par le Parlement turc instaure une réforme de l’éducation en facilitant l’accès des étudiants aux filières professionnelles. Elle va remplacer le cursus actuel d’enseignement obligatoire de huit ans. Les nouvelles mesures permettront d’intégrer les enseignements plus spécialisés, y compris les écoles religieuses. 

Le Parlement turc a adopté vendredi à une large majorité une réforme du système éducatif présentée par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Le texte a été adopté par 295 voix favorables contre 91 votes négatifs et un vote nul, dans un hémicycle dominé par le Parti de la justice et du développement (AKP) a rapporté l’agence de presse Anatolie. La réforme prévoit de réorganiser le cursus actuel d’enseignement obligatoire de huit ans d’affilée par trois cycles de quatre ans. Désormais, un élève turc devra ainsi passer 12 ans au lieu de huit sur les bancs de l’école, mais il pourra choisir dès la fin du premier cycle un enseignement spécialisé, ce qui lui était impossible dans le précédent système. L’AKP argumente que le nouveau système est plus en phase avec les besoins des entreprises et des familles car il permet d’orienter les enfants dès l’âge de dix ans vers des établissements d’enseignement professionnel. Mais pour l’opposition et les milieux laïcs, qui accusent le pouvoir de vouloir islamiser la société turque, cette réforme a principalement pour but de rouvrir dès le cycle élémentaire l’accès à des écoles religieuses de formation d’imams. Les discussions de ce projet de loi au Parlement ont été émaillées de bagarres à coups de poing et de pied entre députés de l’AKP et de l’opposition laïque du Parti populaire du peuple (CHP). Jeudi, la police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser en plein centre d’Ankara une manifestation de plusieurs milliers de personnes qui dénonçaient le texte. «Cette loi restera dans l’histoire comme un pas important dans la réconciliation entre l’Etat et le peuple», a commenté le ministre de l’Education nationale Ömer Dinçer, cité par Anatolie. 
 

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