Message d'erreur

  • Notice : Undefined index: und dans include() (ligne 30 dans /var/www/zaman/sites/all/themes/less/templates/node--article.tpl.php).
  • Notice : Undefined index: und dans include() (ligne 37 dans /var/www/zaman/sites/all/themes/less/templates/node--article.tpl.php).
  • Notice : Undefined index: fr dans include() (ligne 50 dans /var/www/zaman/sites/all/themes/less/templates/node--article.tpl.php).

Anouar Brahem : un lien organique entre musiques turque et arabe

Mots clés : Culture

Anouar Brahem, le joueur de luth arabe, était en concert au Cemal Resit Rey d’Istanbul, le 13 janvier dernier. Dans un entretien à Zaman, l’artiste tunisien, devenu célèbre pour son mélange des genres musicaux comme le jazz et les musiques orientales, nous éclaire sur les liens profonds entre musiques arabe et turque dont il se sent également proche.

 Bien que vous ayez découvert la musique turque dans les années 90, votre premier concert en Turquie date de 2010 seulement. Que pensez-vous du public turc ?
J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à me retrouver avec le public turc. Je me sens très proche de cette culture. Dans ma jeunesse, j’étais un amateur inconditionnel de musique turque. Au cours de ma formation de musique arabe au conservatoire, nos cours de pratique instrumentale incluaient des préludes turcs. Avec le temps, j’ai découvert les musiciens du répertoire national de Turquie. Avant d’enregistrer mon premier album en 1985, j’ai souhaité être accompagné par des musiciens turcs et j’ai invité les Frères Erkose à jouer avec moi ainsi que des musiciens de jazz français.

Quels rapports entretiennent les musiques turque et arabe ?
Je pense qu’il existe un lien organique entre la musique turque et la musique arabe. Les sonorités sont plus ou moins les mêmes. Ces musiques sont très proches l’une de l’autre, car chacune d’elle s’inspire de la même culture, et ont un style et des tonalités identiques.

Vous avez été souvent récompensé en Europe. Comment expliquez-vous l’intérêt de l’Occident pour la musique arabe ?
En réalité, cet intérêt s’est manifesté progressivement. Il me semble important de signaler qu’au début des années 1980, lors de mes premières venues à Paris, la situation était très différente. Lorsque je disais que j’étais un musicien tunisien, personne ne s’intéressait réellement à ma musique. Le public voulait que je joue de la musique aux « couleurs locales ». Malgré ma formation en musique arabe classique, les gens me répétaient sans cesse : « Non, non, s’il vous plaît, jouez la musique de votre pays », mais j’étais déterminé à jouer ma propre musique. Ce fut une période difficile, mais la situation a progressivement évolué en Europe. Les auditeurs sont alors devenus plus ouverts au changement.

Votre travail est célèbre pour avoir réussi à établir un pont entre le jazz et la musique classique. Comment mariez-vous des sonorités si différentes ?
Lorsque je compose, je me contente d’être moi-même sans m’imposer de contraintes. Quand je commence à travailler, je n’ai en face de moi qu’une page blanche sur laquelle je déverse librement mes pensées et mon imagination. C’est pour cette raison que j’ai besoin de beaucoup de temps — en général deux ou trois ans — pour que mes projets musicaux aboutissent. Je ne ressens ni le besoin de tracer un plan bien précis, ni de rassembler des genres musicaux ; je me nourris avant tout de ma liberté. La musique que j’écris choisit elle-même les instruments, comme une évidence. Pour réaliser un film, on écrit d’abord un scénario, puis ensuite, on choisit les acteurs. Pour la musique, c’est pareil. D’abord, je compose, les instruments et les musiciens viennent ensuite. Je suis souvent moi-même surpris de l’œuvre qui en résulte, et je redécouvre chaque fois mes compositions.

A lire aussi: