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Mercredi, Novembre 9, 2011 - 21:55

Appel pour une prière à la mémoire des soldats musulmans morts en 14-18

Une association de banlieue a lancé mercredi un appel pour une prière le 11 novembre dans toutes les mosquées de France à la mémoire des soldats musulmans morts pendant la Première guerre mondiale, etdemandé qu'ils "soient intégrés" dans l'histoire de France.

"En vue de rendre hommage à la mémoire de ces combattants musulmans de la Première guerre mondiale, le Front des Banlieues Indépendant lance un appel pour que dans toutes les mosquées de France, une prière soit récitée en leur mémoire", indique cette association Front des banlieues indépendant (FBI) dans un communiqué.   Selon le texte, 450.000 musulmans venus des anciennes colonies du Maghreb et d'Afrique noire ont combattu lors de la Première guerre mondiale et plus de 80.000 sont morts au combat.   Ces soldats ont participé "à toutes les grandes batailles, entre autres à   celles de l'Artois, de la Champagne, de la Somme, de Malmaison et à celle, emblématique, de Verdun, qui causa, on le sait à elle seule, plus de 300.000 morts français et allemands".   "Au moment o๠l'on rend hommage aux combattants de 14-18, ces musulmans qui se sont sacrifiés pour le drapeau tricolore, oubliés des manuels scolaires doivent être intégrés à leur juste place dans l'Histoire de France", demande le FBI.   "C'est ce type de démarche qu'il conviendrait à l'avenir d'encourager, dans tous les domaines, pour donner tout son sens au principe républicain d'égalité entre les citoyens, quelles que soient leurs origines, afin de mieux faciliter de la sorte le +vivre ensemble+", estime l'association.

Vendredi, Novembre 4, 2011 - 16:12

Pronetwork : le web au service de l’insertion professionnelle

Crée en septembre 2010 par Mehmet Yuksel pour favoriser l’insertion professionnelle des Français issus de l’immigration, le site internet Pronetwork ambitionne d’être un pont virtuel entre jeunes diplômés et entreprises en quête de talents.

L’association Pronetwork est un réseau internet dont l’objectif est de permettre aux Français d’origine étrangère d’accéder plus facilement au monde du travail par le biais de rencontres, de voyages culturels et professionnels. En  septembre 2010, M. Mehmet Yuksel décide de créer un simple site internet. Rapidement, il se rend compte des besoins nécessaires des Français issus de l’immigration dans le domaine de l’insertion dans le monde du travail. Avec l’aide d’un ami d’enfance et d’un voisin, il va entreprendre la création de Pronetwork, offrant à ses bénéficiaires une liste de contacts permettant d’enrichir leur perspective de carrière professionnelle, sans être obligé de changer de secteur. Après l’obtention de son diplà´me en commerce international, M. Yuksel comprend vite les enjeux liés à la professionnalisation dans sa filière. « Mon binà´me de promo de l’époque a trouvé un emploi immédiatement à la sortie », explique-t-il, ajoutant qu’« il a même eu plusieurs offres d’emploi avant moi. » Mehmet Yuksel rédige alors une sorte de press book de contacts professionnels pouvant faciliter la recherche d’un travail pour lui ou ses amis. Un an plus tard, il créera le site internet Pronetwork, en mettant l’ensemble de ces web-ressources, en ligne.

« Ne limitez pas vos ambitions ! »

Depuis sa création, Pronetwork s’est engagé par l’intermédiaire de colloques, de séminaires et  de rencontres -débats  a facilité l’acquisition de connaissances destinées à être mises en application dans la vie professionnelle. La rencontre avec les « exemples de réussite » a transmis le message aux plus jeunes. « Ne limitez pas vos ambitions et rien ne sera impossible » est l’un des slogans de Pronetwork. Son président projette de mettre en place un réseau de personnes diplà´mées du supérieur et en activité afin de générer « une synergie de compétences et de visions différentes » déclare-t-il. « Il faudra mettre tout cela à la disposition de celles et ceux qui en ont besoin » a-t-il ajouté. Pronetwork organise aussi des voyages à vocation culturelle pour permettre à ses membres de rompre avec la routine et contribuer à leur épanouissement social. Ces activités culturelles sont multiples. Elles regroupent une fois par mois, autour d’un brunch, les bénéficiaires du site internet pour échanger leurs idées et leurs expériences de la vie. Toutes les deux semaines, des réunions sont organisées pour gérer la programmation de voyages en Turquie, en Belgique et à Paris à la rencontre d’autres associations. Pour le mois de novembre, M. Yuksel annonce ainsi l’organisation d’un concert qui permettra de renforcer l’expérience événementielle des utilisateurs de Pronetwork – prise de contact, gestion des personnes, communication, travail d’équipe, etc.

Vendredi, Novembre 4, 2011 - 14:53

Quand les journalistes 
de la diversité font l’info

Longtemps cantonnée à l’actualité, la question de la diversité a pris désormais une autre dimension avec la présence remarquée de nombreux journalistes qui veulent à présent imprimer leur marque sur leur rédaction et changer le regard négatif de la société française sur les minorités.

Le groupe France Télévisions a organisé, il y a deux semaines, un casting pour dénicher de nouveaux présentateurs issus de la diversité. Au total, une vingtaine d’animateurs et de journalistes auraient été auditionnés, conformément au souhait du PDG de France Télévisions Rémi Pfimlin qui avait déclaré que la diversité serait l’une de ses priorités. De fait, force est de constater que les journalistes issus de la diversité sont de plus en plus nombreux à intégrer les grands médias. Pourtant, en dépit de réels progrès, ces journalistes n’ont pas toujours la possibilité d’imprimer leur marque dans le traitement éditorial de l’information sur des sujets comme l’immigration, l’islam ou les banlieues.

Des efforts réels mais insuffisants

Pour la sociologue Marie-France Malonga, auteure d’une thèse sur les « Minorités ethniques et télévision française : Les populations noires face au petit écran », ce constat s’explique par des rapports de force sociaux. « La minorité s’inscrit dans un rapport de pouvoir. Elle subit une domination sociale et politique qui commence par celle de ne pas avoir le contrà´le de sa représentation, de son identité, construite par la société majoritaire », explique-t-elle. Cette réalité sociologique s’est notamment exprimée par une médiatisation renforçant des stéréotypes plutà´t négatifs sur les jeunes de banlieue ou sur la question de l’islam. Depuis quelques années, les grandes chaînes de télévision ont néanmoins manifesté leur volonté de progresser sur ce terrain des représentations médiatiques en signant une charte de la diversité. Des engagements qui se sont traduits par un recrutement plus important de journalistes issus de la diversité. « Nous demandons aux chaînes de télévisions de faire attention aux termes qu’elles emploient pour traiter les sujets sur l’immigration. D’ailleurs, certains journalistes commencent à prendre conscience du problème. Ils utilisent par exemple “jeunes issus des quartiers”pour qualifier les personnes venant des banlieues » explique une responsable du Conseil supérieur de l’audiovisuel (C.S.A), sous couvert d’anonymat.

Changer le regard français sur les minorités 

Pourtant, bien que des efforts aient été faits pour venir à bout de cette stigmatisation, il n’est pas toujours facile pour les minorités qui intègrent les grandes rédactions de briser ces stéréotypes. « Nous devons redoubler d’efforts afin que notre travail soit reconnu. La meilleure façon de valoriser la diversité est au travers du petit écran. J’ai la volonté de changer le regard que la société française porte sur les minorités » déclare Abdel Zouioueche, grand reporter à France Télévisions. « Ce que je déplore chez les journalistes, c’est qu’ils ont une image tellement négative de la banlieue qu’ils demanderont, par exemple, à un collègue d’origine étrangère de se rendre là -bas » poursuit le journaliste qui évoque « la crainte (qui) les pousse même parfois à payer une personne connaissant bien les lieux dit “chauds”, afin de leur ouvrir la porte vers cet « inconnu », c’est-à -dire la cité. » Banaliser la présence des minorités à la télévision ne serait donc pas suffisant pour bousculer les préjugés. La diversité, par sa nouveauté, ne permet pas encore de venir à bout des préjugés. Selon Rokhaya Diallo, chroniqueuse sur Canal + et écrivain, il faut intensifier ces efforts pour transformer en profondeur la perception de la société française. « Dans les contenus des sujets, on retrouve encore énormément d’ignorance et beaucoup de caricatures. Le fait d’être journaliste issu de l’immigration n’est pas forcément un paravent contre ces maux. S’il y avait une plus forte majorité de personnes d’origines diverses dans les rédactions, cela aurait pu éviter beaucoup de contresens », estime-elle.

Jeudi, Octobre 20, 2011 - 10:47

Pour devenir Français, il faudra passer un examen !

A partir de 2012, les candidats étrangers à la naturalisation française seront soumis à des tests pour évaluer leur connaissance de la langue et de la culture française.

Un durcissement des conditions d’acquisition de la nationalité française qui marque une nette droitisation de la politique du gouvernement.La France qui accorde chaque année sa nationalité à plus de 100.000 étrangers va exiger à partir de 2012 une meilleure maîtrise de sa langue et une plus grande connaissance de son histoire et de sa culture par les candidats à la naturalisation. « Quand on est Français il faut qu’on soit intégré dans la nationalité, dans la culture de notre pays, qu’on respecte ses valeurs », a observé le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en visitant mercredi 12 octobre le service des nationalités de la préfecture de police de Paris où sont organisées chaque semaine deux cérémonies de remise de décrets de naturalisation. Auparavant, le ministre s’est rendu à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) qui dispense des cours de français et délivre un diplôme reconnu par l’Etat.Guéant : « Normal qu’un Français parle le français »

Deux décrets et un arrêté parus mercredi au Journal officiel (JO) renforcent le contrôle du niveau de français exigé des candidats à la nationalité française, qui devront comprendre le « langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne » et produire diplôme ou attestation. Ces nouvelles dispositions concernent les « étrangers demandant l’acquisition de la nationalité française » par « naturalisation » ou « mariage » avec un Français, selon les textes. « L’objectif est de faire en sorte que ceux qui entrent dans la nationalité française y entrent en respectant les valeurs de la République » et « il est tout à fait normal qu’un Français parle le français », a insisté M. Guéant. Un premier décret de la loi du 16 juin 2011 sur l’immigration stipule que « tout déclarant doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers. » « Le niveau de langue ne sera plus évalué au cours d’un entretien individuel par un agent de préfecture », supprimé, « mais il appartiendra à l’étranger d’en justifier par la production d’un diplôme ou d’une attestation délivrée par un organisme reconnu par l’Etat ou par un prestataire agréé », ajoute le texte.La culture des droits de l’hommeEn plus de la langue, le candidat à la naturalisation devra aussi justifier « d’une connaissance suffisante, selon sa condition, de l’histoire, de la culture et de la société françaises », selon un nouvel article du code civil. Les tests passés, l’étranger devra signer une « charte des droits et des devoirs du citoyen » en phase de préparation par le Haut Conseil à l’Intégration (HCI). La charte rappelle les principes, valeurs et symboles essentiels de la République française, comme la laïcité et l’égalité hommes-femmes. En 2009, plus de 108.000 étrangers ont été naturalisés Français, pour 44 % des Maghrébins, suivis des Turc et des Russes.

Vendredi, Octobre 14, 2011 - 13:05

Devenir français : La législation se durcit

La nationalité est un des enjeux politiques qui se retrouvera probablement à nouveau au premier plan des débats des prochaines élections présidentielles de 2012.

En France, si le principe du droit du sol qui stipule qu’une personne physique née sur un territoire national, indépendamment de la nationalité de ses parents pourra bénéficier de la nationalité française, est maintenu, les exigences quant à la condition d’assimilation à la communauté française ont été renforcées. Le chef de l’Etat a ainsi manifesté son souhait, dans son fameux discours de Grenoble, de remettre en cause l’acquisition automatique de la nationalité française pour les enfants nés en France de parents étrangers. La nationalité française peut être acquise par deux voies : la naturalisation et la déclaration de nationalité. Dans les deux cas, l’étranger doit faire preuve de son assimilation à la communauté française. S’agissant de la naturalisation, l’étranger doit justifier de son assimilation, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue française. Depuis la loi du 26 novembre 2003, l’administration doit également vérifier que le demandeur a conscience, « selon sa condition », « des droits et devoirs conférés par la nationalité française. » Le projet de loi relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité, adopté en seconde lecture par le Sénat le 14 avril 2011, durcit encore cette exigence en imposant une connaissance suffisante « de l’histoire, de la culture et de la société françaises. » Le gouvernement peut même s’opposer à une déclaration de nationalité par décret pour défaut d’assimilation autre que linguistique. Dans un arrêt du 27 juin 2008, le Conseil d’Etat a ainsi rejeté le recours exercé par une requérante contre un décret lui refusant la nationalité française pour défaut d’assimilation, au motif qu’elle avait adopté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française. L’évolution marque donc un durcissement certain des conditions d’acquisition de la nationalité française, mouvement qui pourrait être renforcé par l’extension des cas de déchéance de nationalité, question aujourd’hui redondante au sein de l’Assemblée nationale.Pour vos questions : ceruguz@yahoo.fr

Avocat à la Cour