Par Redaction | jeu, 12/01/2012 - 11:55
L’arrestation du général Basbug, soupçonné d’avoir participer au réseau Ergenekon par la diffusion d’éléments sur le web destinés à provoquer un coup d’Etat, est une nouvelle étape décisive dans le processus judiciaire en cours. Le Premier ministre Erdogan a néanmoins marqué sa volonté que l’ex-chef d’état-major ne soit pas incarcéré durant son procès.
Le général Basbug, arrêté par un tribunal civil à Istanbul le 6 janvier est accusé d’avoir participé au développement de plus de 40 sites web dans le but de diffuser une propagande anti gouvernementale visant à déstabiliser le pays. Pour la première fois, la justice turque, qui a déjà emprisonné des dizaines d’officiers ces dernières années dans le cadre de diverses enquêtes sur des projets de coups d’Etat, s’en prend à un ancien numéro un de la hiérarchie militaire, en fonction jusqu’en 2010, pour une accusation de putsch. Le chef du bureau du procureur d’Ankara avait en effet intenté un procès en 2008 pour faire interdire l’AKP, basant la plupart des preuves sur des informations rassemblées sur ces sites anti-gouvernementaux. La Cour constitutionnelle avait finalement rejeté la requête du bureau du procureur. Le général Basbug est l’officier le plus haut gradé et le premier ex-chef d’état-major à être arrêté pour planification d’un coup d’Etat. Concernant l’enquête en cours, le dossier est ouvert, mais aucune audition n’a été effectuée.
Les réserves d’Erdogan
Pour l’instant M. Basbug demeure dans cette affaire un simple suspect et aucun chef d’inculpation n’a été prononcé à son encontre. Plus de 200 retraités et officiers retirés du service actif - incluant des généraux et des anciens commandants de service, aussi bien que des universitaires et des journalistes - sont actuellement en prison pour avoir participé à la planification d’un coup d’Etat, dans l’affaire Ergenekon. « Le simple fait qu’Ilker Basbug, qui autrefois désignait d’un geste du doigt là où la justice doit s’arrêter, soit interrogé indique un changement de système », se réjouissait vendredi Mahmut Övür dans le quotidien Sabah. « L’événement a une charge symbolique évidente (...) mais le Rubicon avait déjà été franchi il y a environ un an et demi, ce sont à présent les soubresauts finaux », estime Ahmet Insel, de l’université stambouliote de Galatasaray, faisant référence à l’ouverture fin 2010 du procès de près de 200 militaires accusés de complot, dont de nombreux généraux. Lors d’une conférence de presse organisée avec son homologue norvégien, Erdogan a exprimé le fait qu’il était inapproprié pour lui de s’exprimer sur l’enquête en cours, ses remarques pouvant être interprétées comme une ingérence dans les poursuites judiciaires. Le Premier ministre turc a néanmoins ajouté qu’il avait travaillé avec Basbug pendant deux ans et que lui et son parti préféreraient que ce procès continue sans la détention provisoire de l’ex-chef d’Etat-major.
