Au Mexique, l’islam favorise le retour aux traditions

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L’islam a déjà séduit de nombreux Indiens tzotzils, des populations autochtones du sud du Mexique. A priori incompatible avec leurs traditions ancestrales, l’islam leur a pourtant permis de se réapproprier celles-ci.

 Des dizaines de milliers d’habitants de San Cristobal de las Casas, ville de l’État du Chiapas (dans le sud du Mexique) ont tourné le dos au catholicisme. Un demi-millier est devenu musulman, tandis que les protestants ou les évangélistes représentent déjà plus du quart de la population du Chiapas (4,8 millions d’habitants). Les Indiens tzotzils, les plus perméables à l’islam dans cette région, sont souvent séduits par cette religion, où «la race ne compte pas», comme le souligne Anastasio Gomez, un tzotzil converti, cité par le journal allemand Der Spiegel. C’est un argument de poids pour ces autochtones qui subissent encore perpétuellement des discriminations. Ils sont en effet toujours considérés comme des citoyens de seconde zone, notamment du fait de leurs origines ethniques.
 
«Pas question de rejeter la culture de nos ancêtres»
D’autre part, comme l’expliquent de nombreux Indiens convertis, l’islam les aide à renouer avec leurs traditions ancestrales, détruites par la conquête espagnole et l’imposition du catholicisme. Dans les milieux défavorisés, où l’alcoolisme est trop souvent un fléau, les conversions sont fréquemment synonymes de retour à une vie normale comme le souligne le secrétaire général espagnol de la communauté musulmane Esteban Lopez à Der Spiegel. Mohammed, ancien catholique et ancien presbytérien devenu musulman, confie d’ailleurs lors d’une interview au Monde que, même s’il s’est converti, il n’est «pas question de rejeter la culture de [ses] ancêtres». C’est pourquoi sa femme porte à la fois le hijab et la robe traditionnelle tzotzil en poils de chèvre. Enfin, ces musulmans ont généralement un parcours bien particulier : beaucoup sont des catholiques d’abord convertis aux nouvelles églises protestantes, comme Mohammed. Expulsés de leur village d’origine pour cette raison, ils se sont ensuite tournés vers l’islam. Cette religion est d’ailleurs de plus en plus présente sur tout le continent sud américain : rien qu’au Brésil, elle ne compterait pas moins d’un million d’âmes.
Paris

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