Aumônerie musulmane : «notre mission est de savoir écouter les malades»

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À l’instar de l’hôpital Avicenne, à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, les hôpitaux français sont de plus en plus nombreux à offrir aux patients les services d’aumôniers musulmans.

Comme ses homologues juifs, catholiques ou protestants, l’aumônier musulman apporte réconfort, écoute et prière aux patients qui sont en souffrance ou en fin de vie. Sa présence permet avant tout d’éviter les incompréhensions culturelles ou religieuses entre le corps médical et les patients. «Notre mission est de savoir écouter les malades qui manifestent un besoin religieux et spirituel» précise Saïd Ali Koussay, aumônier musulman à l’hôpital Avicenne. «On ne s’occupe pas seulement des malades, on s’occupe aussi de la famille car elle est souvent déboussolée et désorientée» ajoute-t-il. En cas de décès, les aumôniers répondent par exemple à des questions d’éthique (don d’organe, maintien en état végétatif). 
 
De véritables professionnels
La charte de la personne hospitalisée du ministère de la Santé préconise le respect des préceptes de la religion du patient et lui donne le droit de pratiquer son culte à l’hôpital. Les aumôniers ne sont donc pas de simples représentants religieux comme peuvent l’être les bénévoles d’associations. Ils sont avant tout des professionnels et plus précisément des fonctionnaires contractuels rémunérés par les hôpitaux. Leur travail est réglementé et reconnu par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Santé. Les aumôniers musulmans qui exercent dans les hôpitaux sont formés à l’institut al-Ghazâli de la Grande Mosquée de Paris. Ceux-ci ne reçoivent pas d’enseignement médical et travaillent uniquement en complémentarité des équipes soignantes. «Nous n’avons pas accès au dossier médical. Ce n’est pas notre travail» indique Mr Koussay. 
 
Une tâche qui n’est pas sans difficulté
Les difficultés viennent souvent des malades qui n’hésitent pas à mettre leur santé en danger pour suivre le Coran à la lettre. C’est le cas lors du ramadan lorsque certains patients refusent de s’alimenter et de prendre leur traitement. «Il faut faire comprendre aux malades que le seigneur Dieu est celui qui pardonne. Il est Miséricordieux, Il aime l’être humain» explique Mr Koussay. Il arrive aussi que le personnel n’explique pas bien la situation du malade et que la famille soit révoltée. Dès lors, l’aumônier doit favoriser le dialogue entre la famille et le personnel soignant. Par ailleurs, certaines femmes refusent d’être auscultées par un homme. «Nous sommes obligés d’intervenir car il en va de la vie du patient. Pour éviter le conflit, il faut expliquer posément la disposition législative et pénale française» précise à ce sujet l’aumônier.
Paris

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