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Le chat, animal pur par excellence

En islam, le chat bénéficie d’un statut relativement privilégié : il est pur, relève des «commodités de la demeure» (prédateur des rongeurs, il est utile à l’homme), et fait donc partie de la maisonnée, dont il peut légitimement partager l’espace intime.

Mardi, Décembre 9, 2014 - 16:51
Chat islam
Chat islam

Des chercheurs de l'université Washington de Saint-Louis aux États-Unis ont récemment découvert des preuves ADN de la domestication du chat. Le séquençage et l’analyse du génome ont permis en effet d’identifier des régions spécifiques, absentes chez le chat sauvage, et liées à la mémoire, à la peur, et à la recherche de récompense.

Les scientifiques émettent aujourd’hui l’hypothèse que «les humains ont offert aux chats de la nourriture comme une récompense les encourageant à rester dans les parages.» L’idée présente des ressemblances troublantes avec l’explication fournie au Xe siècle par les Frères sincères (Ikhwân as-Safâ’), dans l’un des chapitres de leurs célèbres Epîtres.

Il y est raconté, en substance, qu’après avoir tué Abel, Caïn fit abattre une à une les bêtes du cheptel de son malheureux frère. Chaque jour, et longtemps, il fit avec ses enfants festin de moutons, de bœufs, de dromadaires et de chevaux. Les carcasses, encore riches de lambeaux de chair, ont attiré des animaux sauvages, qui, revenant souvent près des hommes, se sont habitués à leur présence.

«Les chats n’invalident pas la prière»

Ainsi le chien et le chat, qui ont trouvé avantage à vivre parmi les hommes. Mais en islam, si l’un et l’autre animal doivent bénéficier de la part de l’homme de la même mansuétude, le second bénéficie néanmoins d’un statut relativement privilégié : il est pur (tâhir), relève des «commodités de la demeure» (prédateur des rongeurs, il est utile à l’homme), et est, à ce titre, un membre de la maisonnée, dont il peut légitimement partager l’espace intime.

Il appartient à ce titre à la catégorie des tawwâfûn, ceux qui vont et viennent parmi les hommes. Dans un hadith rapporté par Abû Dawûd (Sunan), ‘Aïcha raconte ainsi avoir vu le Prophète faire ses ablutions avec de l’eau de laquelle avait bu un chat : «Ils ne sont pas impurs, avait dit l’Envoyé de Dieu, et font partie de ceux qui vont et viennent parmi vous [tawwâfûn]».

Plus encore, «les chats [en passant devant l’orant] n’invalident pas la prière, parce qu’ils font partie des commodités de la demeure» a dit le Prophète dans un hadith rapporté par Abû Hurayra, le bien nommé. Il est significatif à cet égard que l’un des plus proches compagnons de Muhammad ne soit pas connu par son véritable prénom, – ‘Abd ar-Rahmân – mais par ce surnom (kunya) de Abû Hurayra, qui signifie littéralement «Celui au petit chat».

L’homme, qui était connu pour son amour pour les animaux en général, avait en particulier un petit chaton qui ne le quittait pour ainsi dire jamais.

Le chat est né de l'éternuement d'un lion

Le statut de ce compagnon de l’homme est à ce point privilégié en islam que, quoiqu’il n’y ait pas consensus en la matière (ijmâ‘), certains exégètes considèrent qu’il est illicite (harâm) d’acheter ou de vendre un chat. C’est notamment la position d’Ibn al-Qayyim dans son Zâd al-ma‘âd.

D’autres, également minoritaires, considèrent que la chose est tout au plus répréhensible (makrûh), en ce qu’elle dénote une attitude dépourvue de noblesse (ainsi al-Shawkânî dans son Nayl al-awtâr).

Enfin, si l’animal n’est pas cité dans le Coran (les exégètes se basent essentiellement sur les hadiths), il n’en a pas moins donné lieu à de nombreuses lectures symboliques, tant dans la littérature classique que dans l’islam populaire et mystique.

Dans son Kitâb al-Hayawân, al-Jâhidh raconte ainsi, comment, dans l’arche de Noé, deux chats sont nés de l’éternuement d’un lion. La génération spontanée du chat est présentée comme liée à la nécessité de mettre un terme à la prolifération des rongeurs, – qui menaçaient les provisions, et donc la pérennité de l’ensemble des espèces.

Chez les soufis, le chat, parce qu’il passe son temps à se lécher, incarne, par excellence, la pureté animale. Certains ordres, comme la confrérie marocaine des Haddâwa, l’associent même à leurs rituels mystiques.

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