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Le cimentier français Lafarge aurait conclu des accords avec Daesh en Syrie

Une enquête Le Monde, publié mardi 21 juin, a révélé des liens entre le cimentier Lafarge et l'organisation terroriste Daesh.

Mardi, Juin 21, 2016 - 18:39

Pour continuer à faire fonctionner l'une de ses usines en Syrie, le groupe Lafarge spécialisé dans les matériaux de construction, aurait conclu des arrangements avec l'organisation terroriste Daesh.

C'est une information révélée par Le Monde ce mardi 21 juin qui affirme que le cimentier aurait «indirectement et peut-être à son insu financé les djihadistes de l'EI (Daesh)». Le quotidien cite un spécialiste des mouvements djihadistes, Wassim Nasr, qui affirme que Daesh pratique des taxes de passages pour les convoyeurs de marchandises.

 

Des arrangements financiers

Ces accusations concernent principalement l'usine de Jalabiya, située à 90km de Mossoul, dans le nord-est du pays. Achetée en 2007 au groupe égyptien Orascom, elle devient peu à peu l'usine la plus productive du pays. «Estimé à 600 millions d’euros, il s’agit du plus important investissement étranger en Syrie hors secteur pétrolier» rapporte également Le Monde.

La ville de Jalabiya est située à 90km de Raqqa

L'usine continue de fonctionner jusqu'en 2013, malgré l'instabilité du pays. Puis, au printemps de la même année, le groupe terroriste prend possession des territoires voisins. Des représentants de l'entreprise auraient alors conclu des arrangements pour des laisser-passer aux employés qui vivaient dans les villes contrôlées par le groupe ainsi que pour les convois de marchandises.

Des noms reviennent assez souvent dans cette enquête comme celui du syrien Ahmed Jaloudi, principal intermédiaire avec Daesh et «gestionnaire des risques» pour le journal. Mais également, celui de Frédéric Jolibois, directeur du site de Jalabiya à partir de juillet 2014.

Le quotidien rapporte également que Jaloudi aurait écrit à Mazen Shiekh Awad, directeur des ressources humaines à Lafarge Syrie et Bruno Pescheux PDG de Lafarge Syrie pour les tenir au courant des négociations avec un certain haut responsable de Daesh.

Fourni en pétrole par Daesh

Outre les accords pour des laissez-passer, un des employés ayant souhaité rester anonyme affirme que pour la fabrication du ciment, la société aurait acheté du pétrole à l'organisation terroriste qui contrôlait alors toutes les zones de production de Raqqah et Deir-ez-zor.

Ces accords ont duré jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle Daesh s'est emparé de l'usine, en la pillant au passage. «Pendant un peu plus d’un an, Lafarge a ainsi indirectement financé l’organisation djihadiste», conclut le journal. Contacté par Le Monde, le groupe a déclaré qu'ils leur «difficile de réagir à des courriels sans avoir tout vérifié, l’usine est fermée depuis septembre 2014».

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