Comment les agences de presse résistent à internet

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Confrontées à une féroce concurrence, les agences de presse internationales à l’image de Cihan ont dû relever très tôt le challenge qu’a représenté internet. Face au risque de désinformation possible du net, elles ont su proposer une offre journalistique plus attractive et plus solide de services en ligne.  

«L’Agence Anatolie a programmé l’ouverture de bureaux dans de nombreux pays arabes en vue de consolider les liens historiques entre la Turquie et le Monde arabe». C’est en ces termes que s’exprimait Kemal Öztürk, directeur général de l’agence de presse turque à l’occasion de l’ouverture de son nouveau bureau à Tunis, d’après le site d’information www.leaders.com. Pour le média en ligne, cette ouverture d’une antenne tunisienne obéit à une stratégie visant à hisser l’Agence Anatolie (AA) au rang des grandes agences internationales de presse. Le challenge est de taille : le marché de l’information internationale est effectivement l’objet d’une âpre concurrence entre les leaders du secteur comme le britannique Reuters, les américains Associated Press et Bloomberg ou encore l’Agence France Presse. Et les enjeux non moins redoutables, comme la numérisation de l’information et l’explosion des sites d’informations en ligne. 
 
Internet, un facteur d’innovation pour les agences de presse
Yves Clarisse, le rédacteur en chef du service français de Reuters se souvient encore de ce changement d’ère. «Le fait qu’on puisse trouver l’information partout a été un bouleversement total, un changement complet de paradigme» dit-il. Le responsable de Reuters reste pourtant confiant et considère que l’authentification des informations, clé de voûte du journalisme, garantira à terme aux agences un monopole. En attendant ce virage, l’agence britannique a naturellement adapté sa stratégie à la nouvelle donne virtuelle. «Nous avons lancé le breaking view qui propose une série d’éditoriaux et une multitude de blogs créés par des journalistes» explique M. Clarisse. Pour Ferhan Koseoglu, le correspondant local en France de l’agence de presse turque Cihan, internet a eu également un effet majeur sur les agences, les incitant à innover sans cesse. «Le site internet de Cihan possède aujourd’hui une chaîne d’information internet qui diffuse en direct pendant cinq ou six heures des programmes réalisés par l’agence. Ce site est accessible dans plusieurs langues comme l’arabe, l’anglais ou le russe» dit-il. 
 
Les risques de la désinformation
Mais internet est aussi une source possible de désinformation pour le grand public, rendant nécessaire le travail de vérification journalistique des agences de presse. Un travail d’autant plus difficile que l’interpénétration entre la sphère numérique et les informations diffusées par les agences est importante. «On ne peut pas séparer internet et une agence de presse. Les deux travaillent ensemble. Nos dépêches se diffusent par internet» ajoute le correspondant de l’agence turque. Raison pour laquelle, selon lui, ses clients «choisissent justement Cihan : pour avoir des informations solides, vérifiées et non manipulées». Comme l’explique Ferhan Koseoglu, «les journalistes transposent directement leur travail sans filtres ni intermédiaires alors que les informations qui sont diffusées sur internet sont souvent modifiées […] J’ai déjà vu des informations que j’avais moi-même produites être reprises et modifiées sans être signées» poursuit-il.
Paris

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