Par AFP | ven, 13/07/2012 - 11:37
Mots clés : Contrôles d'identité, Police, immigration, Cran, François Hollande, Manuel Valls, Société

Plusieurs associations anti-racistes estiment dans une lettre ouverte, adressée jeudi à François Hollande, qu'un «renoncement» sur les récépissés délivrés lors des contrôles d'identité serait perçu «comme une trahison».
Dans cette lettre signée par une quinzaine d'associations, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, et le président des indivisibles, Gilles Sokoudjou, rappellent au président de la République que cette mesure figurait dans ses engagements de campagne. «Dès lors, quelle n'a pas été notre surprise, en entendant récemment votre ministre de l'Intérieur, Manuels Valls, présenter (cette mesure) comme une simple piste», s'étonnent-ils. A plusieurs reprises, M. Valls a exprimé son scepticisme sur l'idée de remettre un récépissé afin d'éviter les contrôles abusifs, au faciès notamment. «Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant», avait-il dit fin juin, ajoutant que le récépissé était une «piste» parmi d'autres. «Peut-être devriez-vous lui recommander la lecture de votre programme de campagne», ironisent les auteurs de cette lettre. «Un renoncement sur un point si emblématique de votre projet présidentiel serait perçu comme une véritable trahison», préviennent-ils. Plusieurs syndicats de police, qui ont exprimé leur hostilité à cette mesure, avaient assuré fin juin que ce projet était «enterré». Le ministère de l'Intérieur a indiqué mercredi que les modalités de la réforme du contrôle d'identité seraient arbitrées après la publication du rapport sur le sujet du Défenseur des Droits, Dominique Baudis. Des solutions alternatives sont actuellement étudiées: le retour du matricule sur les vêtements des policiers ou leur équipement en petites caméras qui filmeraient les interventions. Autre possibilité, la remise d'une «carte de visite», qui à la différence d'un récépissé ne nécessite pas la création d'une base de données. La Commission nationale informatique et liberté (Cnil), qui étudie la question, a déjà exprimé ses réserves sur les récépissés qui nécessiteraient la création d'un nouveau fichier.
Paris
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