Erdogan plébiscité dans les pays du printemps arabe

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La visite du Premier ministre Erdogan dans les pays qui ont vu naître le mouvement de libération du printemps arabe s’accomplit dans un contexte de crise avec Israël et à l’approche de la déclaration d’indépendance palestinienne prévue le 20 septembre. 

 
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a entamé lundi une tournée dans les pays du printemps arabe au Caire, centre d’une intense activité diplomatique autour de la question de la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU. Le président palestinien Mahmoud Abbas était lui aussi au Caire, où il a participé à une réunion de la Ligue arabe, puis a rencontré la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, en route pour Israël. La Tunisie et la Libye, où comme en Egypte, des soulèvements populaires ont entraîné la chute des leaders autocratiques après des décennies de pouvoir étaient également au programme de cette visite. L’objectif était d’établir des liens étroits avec les nouvelles autorités au moment de la crise politique entre Ankara et Israël, aggravée pour l’Etat hébreu d’une autre perte diplomatique avec Le Caire, où son ambassade a été attaquée. Ces développements, de même que la requête diplomatique palestinienne en vue d’une demande d’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU, ont suscité de nouvelles critiques de M. Erdogan contre Israël dans le journal égyptien Al-Chourouk : « Israël est devenu un enfant gâté (...) Non seulement il pratique un terrorisme d’Etat contre les Palestiniens, mais il a commencé à agir de manière irresponsable. »
 
L’indépendance de la Palestine dans tous les esprits
 
M. Erdogan, un fervent défenseur de la cause palestinienne devenu une figure populaire dans la rue arabe s’est aussi entretenu avec les responsables égyptiens à une réunion ministérielle de la Ligue arabe. Une « déclaration de coopération stratégique » a été signée durant sa visite, la première de M. Erdogan au Caire depuis la chute du régime d’Hosni Moubarak en février, selon le quotidien égyptien Al-Ahram. De son côté, M. Abbas a participé lundi soir à une réunion spéciale du comité de suivi arabe sur le processus de paix israélo-palestinien, à quelques jours de son départ pour New York où il compte demander à l’ONU la reconnaissance d’un Etat palestinien. La direction palestinienne a confirmé son intention de présenter une telle demande le 20 septembre, mais elle doit encore annoncer si elle choisit de passer par le Conseil de sécurité ou par l’Assemblée générale. Les Etats-Unis ont menacé d’opposer leur veto à cette initiative au Conseil de sécurité. Avant de quitter Istanbul pour Le Caire, M. Erdogan avait aussi déclaré qu’il ne se rendrait pas dans la bande de Gaza pendant son actuelle tournée, alors qu’il en avait auparavant exprimé l’intention. Le leader turc a par ailleurs réaffirmé son souhait de voir naître rapidement un Etat palestinien. « La reconnaissance d’un Etat palestinien n’est pas une option, c’est une obligation », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours au siège de la Ligue arabe au Caire.

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