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Mardi, Mars 13, 2012 - 17:31

Financement du PKK : 5 personnes mises en examen à Paris

Cinq personnes arrêtées dans la région de Reims, dans le cadre d'une enquête antiterroriste sur des tentatives d'extorsion de fonds pour le financement de l'organisation terroriste du PKK, ont été mises en examen et l'une d'elles écrouée, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Au total, sept personnes avaient été interpellées mardi par la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la PJ de Reims dans le cadre d'une information judiciaire conduite par le juge Thierry Fragnoli portant en particulier sur une tentative d'extorsion de fonds sur un restaurateur. Deux ont été libérées à la fin de leur garde à vue. Les cinq autres ont été mises en examen vendredi pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste, financement du terrorisme et tentative d'extorsion, a-t-on précisé. Un mandat de dépôt a été décidé pour l'une d'elles, tandis que les quatre autres ont été placées sous contrôle judiciaire. Dans un dossier similaire de financement du PKK, quatre personnes avaient été mises en examen et trois d'entre elles placées en détention provisoire en février. L'enquête avait également été ouverte à la suite de plaintes pour extorsion de fonds censés servir au financement du PKK.

Cinq personnes arrêtées dans la région de Reims, dans le cadre d'une enquête antiterroriste sur des tentatives d'extorsion de fonds pour le financement de l'organisation terroriste du PKK, ont été mises en examen et l'une d'elles écrouée, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Au total, sept personnes avaient été interpellées mardi par la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la PJ de Reims dans le cadre d'une information judiciaire conduite par le juge Thierry Fragnoli portant en particulier sur une tentative d'extorsion de fonds sur un restaurateur. Deux ont été libérées à la fin de leur garde à vue. Les cinq autres ont été mises en examen vendredi pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste, financement du terrorisme et tentative d'extorsion, a-t-on précisé. Un mandat de dépôt a été décidé pour l'une d'elles, tandis que les quatre autres ont été placées sous contrôle judiciaire. Dans un dossier similaire de financement du PKK, quatre personnes avaient été mises en examen et trois d'entre elles placées en détention provisoire en février. L'enquête avait également été ouverte à la suite de plaintes pour extorsion de fonds censés servir au financement du PKK.

Jeudi, Mars 8, 2012 - 16:24

Une mosquée belge ouvre ses locaux aux non-musulmans

La nouvelle mosquée Selimiye, en construction dans le quartier turc de Saint-Josse (Bruxelles), accueillera également des non-croyants lors d’actions sociales et citoyennes. Une démarche innovante pour favoriser le « vivre-ensemble » et participer à l’essor de la ville.     Plus qu’un lieu de culte, la future mosquée Selimiye de Bruxelles a pour ambition de devenir un centre culturel et social. L’édifice religieux sera fréquenté par la communauté turco-musulmane de la ville mais aussi par ses voisins non-croyants. « Nous souhaitons contribuer au développement du quartier en lançant des actions sociales », explique Mehmet Kar, responsable du projet. En plus du service religieux, le bâtiment accueillera des cours de soutien pour les élèves du voisinage. » Un dispositif permettant de lutter contre le fort décrochage scolaire dans la commune », commente Emir Kir, ministre bruxellois en charge de l’Urbanisme, du parti socialiste belge. Une salle dédiée à la « citoyenneté sociale » sera aussi mise à disposition de la commune et des associations de quartier, afin qu’elles puissent se rencontrer à intervalles réguliers. « Nous souhaitons adopter une démarche d’ouverture et de transparence » soutient Davut Cinar, président de l’Union des centres culturels islamiques de Belgique (UCCIB), fondée en 1979 par les premiers immigrés turcs. Les musulmans de Saint-Josse se sont également engagés en faveur de l’écologie. Le bâtiment sera durable et fonctionnera au chauffage passif. En outre, des actions de sensibilisation à la récupération des eaux de pluie et à l’énergie solaire sont prévues pour les fidèles et les habitants de la ville.

Collaborer avec les pouvoirs publics A l’origine, la construction de la mosquée répondait à un besoin de la communauté turque de Saint-Josse, l’une des plus importantes du pays. L’endroit où elle sera construite servait déjà de lieu de culte depuis 1995. Cependant, avec l’augmentation de la population musulmane, les locaux étaient devenus trop petits et dangereux. Pour l’élaboration des plans de la mosquée, l’UCCIB a travaillé en étroite collaboration avec les pouvoirs publics (la ville de Saint-Josse et la Région Bruxelloise). Une coopération défendue par le maire de la ville. « Notre commune laïque s’intéresse à ce projet car la précarité des lieux de prière non catholiques en Belgique, entraîne des problèmes de sécurité. C’est pourquoi les autorités doivent promouvoir la création de lieux de culte responsables », a affirmé Jean Demannez, le maire de Saint-Josse, du parti socialiste belge.

Une architecture simple  pour s’intégrer Le bâtiment recevra jusqu’à 400 fidèles et devrait ouvrir en 2013. Sa construction est entièrement financée par des fonds privés ; au total, la facture s’élèvera aux alentours de 3,8 millions. L’architecte en chef, Sefik Birkiye du cabinet Vizzion Architects, a opté pour une architecture épurée. « Le but, c’est de ne pas être ostentatoire et d’intégrer le bâtiment dans un tissu urbain déjà existant » explique-t-il. De ce fait, l’édifice est totalement construit en pierre, il est très peu décoré à l’extérieur et le minaret est discret. De plus, cette architecture fait la synthèse entre le style ottoman et européen. « C’est le symbole d’une intégration réussie et d’une histoire partagée » ajoute-t-il.

La nouvelle mosquée Selimiye, en construction dans le quartier turc de Saint-Josse (Bruxelles), accueillera également des non-croyants lors d’actions sociales et citoyennes. Une démarche innovante pour favoriser le « vivre-ensemble » et participer à l’essor de la ville.     Plus qu’un lieu de culte, la future mosquée Selimiye de Bruxelles a pour ambition de devenir un centre culturel et social. L’édifice religieux sera fréquenté par la communauté turco-musulmane de la ville mais aussi par ses voisins non-croyants. « Nous souhaitons contribuer au développement du quartier en lançant des actions sociales », explique Mehmet Kar, responsable du projet. En plus du service religieux, le bâtiment accueillera des cours de soutien pour les élèves du voisinage. » Un dispositif permettant de lutter contre le fort décrochage scolaire dans la commune », commente Emir Kir, ministre bruxellois en charge de l’Urbanisme, du parti socialiste belge. Une salle dédiée à la « citoyenneté sociale » sera aussi mise à disposition de la commune et des associations de quartier, afin qu’elles puissent se rencontrer à intervalles réguliers. « Nous souhaitons adopter une démarche d’ouverture et de transparence » soutient Davut Cinar, président de l’Union des centres culturels islamiques de Belgique (UCCIB), fondée en 1979 par les premiers immigrés turcs. Les musulmans de Saint-Josse se sont également engagés en faveur de l’écologie. Le bâtiment sera durable et fonctionnera au chauffage passif. En outre, des actions de sensibilisation à la récupération des eaux de pluie et à l’énergie solaire sont prévues pour les fidèles et les habitants de la ville.

Collaborer avec les pouvoirs publics A l’origine, la construction de la mosquée répondait à un besoin de la communauté turque de Saint-Josse, l’une des plus importantes du pays. L’endroit où elle sera construite servait déjà de lieu de culte depuis 1995. Cependant, avec l’augmentation de la population musulmane, les locaux étaient devenus trop petits et dangereux. Pour l’élaboration des plans de la mosquée, l’UCCIB a travaillé en étroite collaboration avec les pouvoirs publics (la ville de Saint-Josse et la Région Bruxelloise). Une coopération défendue par le maire de la ville. « Notre commune laïque s’intéresse à ce projet car la précarité des lieux de prière non catholiques en Belgique, entraîne des problèmes de sécurité. C’est pourquoi les autorités doivent promouvoir la création de lieux de culte responsables », a affirmé Jean Demannez, le maire de Saint-Josse, du parti socialiste belge.

Une architecture simple  pour s’intégrer Le bâtiment recevra jusqu’à 400 fidèles et devrait ouvrir en 2013. Sa construction est entièrement financée par des fonds privés ; au total, la facture s’élèvera aux alentours de 3,8 millions. L’architecte en chef, Sefik Birkiye du cabinet Vizzion Architects, a opté pour une architecture épurée. « Le but, c’est de ne pas être ostentatoire et d’intégrer le bâtiment dans un tissu urbain déjà existant » explique-t-il. De ce fait, l’édifice est totalement construit en pierre, il est très peu décoré à l’extérieur et le minaret est discret. De plus, cette architecture fait la synthèse entre le style ottoman et européen. « C’est le symbole d’une intégration réussie et d’une histoire partagée » ajoute-t-il.

Jeudi, Mars 8, 2012 - 16:17

Le Vatican ouvre ses archives secrètes

Une exposition unique présente actuellement les archives du Vatican jusqu’à présent classées secrètes. On y découvre notamment plusieurs documents inédits sur les relations conflictuelles du Saint-Siège et de l'Empire ottoman.

Pour la première fois, le Vatican dévoile au grand public quelques-uns de ses innombrables secrets dans une exposition exceptionnelle qui s’est ouverte mercredi dans les musées du Capitole à Rome. Au total, plus de cent documents originaux ont été sélectionnés, à l’occasion du 400e anniversaire de la création de ces archives secrètes par le pape Paul V. Intitulée « Lux in arcana » - Lumière sur les secrets -, l’exposition permet au visiteur de découvrir la requête en annulation du mariage d’Henry VIII et de Catherine d’Aragon, et le « dictatus Papae » de Grégoire VII, un manuscrit du XIe siècle affirmant la suprématie des papes sur tout autre pouvoir sur terre. « C’est la première fois dans l’Histoire, et peut-être aussi la dernière, que ces documents quittent l’enceinte du Vatican », affirment les organisateurs. Signe de l’importance de l’événement, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, a ouvert l’exposition aux côtés du « ministre » de la Culture du Vatican, Gianfranco Ravasi, du maire de Rome Gianni Alemanno et du ministre italien de la Culture Lorenzo Ornaghi. Interrogé par la presse sur ce qui l’avait le plus marqué dans cette exposition, le cardinal Bertone a répondu : « certainement la vérité historique ».

La « menace ottomane » au cœur de ces archives L’exposition dévoile aussi un grand nombre d’informations sur les relations entre l’Empire ottoman et les pays chrétiens limitrophes. Des textes datant de plus de 1.200 ans relatent les batailles et les inquiétudes des Papes face à la montée grandissante de l’Empire musulman dans l’est de l’Europe. Notamment en Russie, où les archives dévoilent une lettre du Tsar Russe Aleksey Mikhailovich, écrite pour le Pape Clément X, à propos de l’établissement d’une alliance contre la « menace ottomane ». Un autre document relate aussi la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, à proximité du golfe de Patras en Grèce. Cette bataille fut symbolique pour le monde chrétien, car la flotte composée de Venise et de l’Espagne, marqua pour la première fois depuis le XVe siècle, un coup d’arrêt à la suprématie ottomane en Méditerranée. De multiple documents dévoilent aussi l’attitude du pape Pie XII, vivement critiqué pour avoir gardé le silence face à la Shoah durant la seconde guerre mondiale. Mais aussi un édit du XVe siècle où Alexandre VI partage le Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal après la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb. Ou encore le décret du pape Léon X qui a scellé le schisme avec les protestants, conduisant à des guerres de religions fratricides en Europe.

Une exposition unique présente actuellement les archives du Vatican jusqu’à présent classées secrètes. On y découvre notamment plusieurs documents inédits sur les relations conflictuelles du Saint-Siège et de l’Empire ottoman.

Pour la première fois, le Vatican dévoile au grand public quelques-uns de ses innombrables secrets dans une exposition exceptionnelle qui s’est ouverte mercredi dans les musées du Capitole à Rome. Au total, plus de cent documents originaux ont été sélectionnés, à l’occasion du 400e anniversaire de la création de ces archives secrètes par le pape Paul V. Intitulée « Lux in arcana » - Lumière sur les secrets -, l’exposition permet au visiteur de découvrir la requête en annulation du mariage d’Henry VIII et de Catherine d’Aragon, et le « dictatus Papae » de Grégoire VII, un manuscrit du XIe siècle affirmant la suprématie des papes sur tout autre pouvoir sur terre. « C’est la première fois dans l’Histoire, et peut-être aussi la dernière, que ces documents quittent l’enceinte du Vatican », affirment les organisateurs. Signe de l’importance de l’événement, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, a ouvert l’exposition aux côtés du « ministre » de la Culture du Vatican, Gianfranco Ravasi, du maire de Rome Gianni Alemanno et du ministre italien de la Culture Lorenzo Ornaghi. Interrogé par la presse sur ce qui l’avait le plus marqué dans cette exposition, le cardinal Bertone a répondu : « certainement la vérité historique ».

La « menace ottomane » au cœur de ces archives L’exposition dévoile aussi un grand nombre d’informations sur les relations entre l’Empire ottoman et les pays chrétiens limitrophes. Des textes datant de plus de 1.200 ans relatent les batailles et les inquiétudes des Papes face à la montée grandissante de l’Empire musulman dans l’est de l’Europe. Notamment en Russie, où les archives dévoilent une lettre du Tsar Russe Aleksey Mikhailovich, écrite pour le Pape Clément X, à propos de l’établissement d’une alliance contre la « menace ottomane ». Un autre document relate aussi la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, à proximité du golfe de Patras en Grèce. Cette bataille fut symbolique pour le monde chrétien, car la flotte composée de Venise et de l’Espagne, marqua pour la première fois depuis le XVe siècle, un coup d’arrêt à la suprématie ottomane en Méditerranée. De multiple documents dévoilent aussi l’attitude du pape Pie XII, vivement critiqué pour avoir gardé le silence face à la Shoah durant la seconde guerre mondiale. Mais aussi un édit du XVe siècle où Alexandre VI partage le Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal après la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb. Ou encore le décret du pape Léon X qui a scellé le schisme avec les protestants, conduisant à des guerres de religions fratricides en Europe.  

Jeudi, Mars 8, 2012 - 16:00

Des musulmans tentés par le vote comme «arme de construction massive»

Dans un colloque organisé à Nanterre avec la présence de Tariq Ramadan, l’abstention électorale et le communautarisme ont fait l’objet d’un débat au cours duquel la nécessité du vote, nouvelle « arme de construction massive », a été réaffirmée.  

Les musulmans de France ont rarement été autant présents dans le débat politique que depuis le début de cette campagne présidentielle. Polémiques autour du halal et de l’immigration en tête, certains candidats ont fait de ces sujets leurs chevaux de bataille. Lors d’un colloque organisé sur le thème des « musulmans de France et l’élection présidentielle », Pierre Tevanian, essayiste et militant associatif, s’est insurgé contre cette mainmise politique sur la question de l’islam en France, regrettant que les musulmans soient « l’objet omniprésent d’un débat dans lequel ils sont un sujet quasi-absent ». Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France (CMF), a cherché à conscientiser cette absence auprès de ceux qui peuvent changer la donne. « La réalité du vote musulman, s’il existe, c’est qu’il est marqué par un fort taux d’abstention », a-t-il affirmé. Présentant l’exemple du vote juif comme souvent « déterminant », il a appelé les musulmans français à se faire eux aussi « les arbitres » de ces élections et à entretenir un rapport de force politique et électoral pour se sortir de leur situation d’ « éternels opprimés ». Les musulmans doivent-ils constituer pour cela un vote communautaire ? Pas forcément. Alima Boumédienne-Thiery, ancienne sénatrice du parti Les Verts, juge qu’« il n’y a pas de vote communautaire, ni de vote musulman ».

Le piège du vote communautaire Même conviction pour Tariq Ramadan qui a affirmé ne pas vouloir entrer dans une logique communautaire du vote. « Il faut créer un mouvement transversal de conscientisation qui ne soit pas communautaire. Donner l’impression d’être uniquement entre vous leur offrirait un argument de taille pour justifier de votre mise à l’écart », a-t-il assuré aux musulmans de France, les exhortant à « réinvestir le champ politique » avec tous ceux qui luttent « contre le populisme » ambiant. Sur le problème de l’abstention, Tariq Ramadan a estimé qu’il pouvait s’agir d’un acte politique ponctuel mais en aucun cas d’« une stratégie à long terme ». En tant que citoyen, le musulman doit donc se constituer en force de proposition et, selon les termes de Marwan Mohammed, porte-parole du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), « se servir du bulletin de vote comme d’une arme de construction massive ».

Dans un colloque organisé à Nanterre avec la présence de Tariq Ramadan, l’abstention électorale et le communautarisme ont fait l’objet d’un débat au cours duquel la nécessité du vote, nouvelle « arme de construction massive », a été réaffirmée.  

Les musulmans de France ont rarement été autant présents dans le débat politique que depuis le début de cette campagne présidentielle. Polémiques autour du halal et de l’immigration en tête, certains candidats ont fait de ces sujets leurs chevaux de bataille. Lors d’un colloque organisé sur le thème des « musulmans de France et l’élection présidentielle », Pierre Tevanian, essayiste et militant associatif, s’est insurgé contre cette mainmise politique sur la question de l’islam en France, regrettant que les musulmans soient « l’objet omniprésent d’un débat dans lequel ils sont un sujet quasi-absent ». Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France (CMF), a cherché à conscientiser cette absence auprès de ceux qui peuvent changer la donne. « La réalité du vote musulman, s’il existe, c’est qu’il est marqué par un fort taux d’abstention », a-t-il affirmé. Présentant l’exemple du vote juif comme souvent « déterminant », il a appelé les musulmans français à se faire eux aussi « les arbitres » de ces élections et à entretenir un rapport de force politique et électoral pour se sortir de leur situation d’ « éternels opprimés ». Les musulmans doivent-ils constituer pour cela un vote communautaire ? Pas forcément. Alima Boumédienne-Thiery, ancienne sénatrice du parti Les Verts, juge qu’« il n’y a pas de vote communautaire, ni de vote musulman ».

Le piège du vote communautaire Même conviction pour Tariq Ramadan qui a affirmé ne pas vouloir entrer dans une logique communautaire du vote. « Il faut créer un mouvement transversal de conscientisation qui ne soit pas communautaire. Donner l’impression d’être uniquement entre vous leur offrirait un argument de taille pour justifier de votre mise à l’écart », a-t-il assuré aux musulmans de France, les exhortant à « réinvestir le champ politique » avec tous ceux qui luttent « contre le populisme » ambiant. Sur le problème de l’abstention, Tariq Ramadan a estimé qu’il pouvait s’agir d’un acte politique ponctuel mais en aucun cas d’« une stratégie à long terme ». En tant que citoyen, le musulman doit donc se constituer en force de proposition et, selon les termes de Marwan Mohammed, porte-parole du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), « se servir du bulletin de vote comme d’une arme de construction massive ».  

Jeudi, Mars 8, 2012 - 15:45

La loi Gayssot sur la Shoah pas remise en cause

La décision du Conseil constitutionnel de censurer la loi sanctionnant la négation des génocides ne remet pas en cause la loi Gayssot sur le négationnisme, estiment des historiens interrogés par l’AFP. « Elle ne remet absolument pas en cause la loi Gayssot (1990, qui fait de la contestation des crimes contre l’humanité un délit), au contraire, elle la met à l’abri », estime Pierre Nora, membre de l’Académie française et président de l’association « Liberté pour l’histoire ». « Le devoir des politiques est de s’occuper du passé mais pas de faire des lois qui le qualifient, empêchent de le discuter et qui brisent tout travail historique », ajoute-t-il. Annette Becker, professeur à Paris-Ouest Nanterre, ne voit pas non plus de danger pour la loi Gayssot, « basée sur le jugement du tribunal de Nuremberg (autorité de la chose jugée) à laquelle a souscrit le droit français après la Seconde guerre mondiale ». Annette Wieworka, spécialiste de la mémoire de la Shoah, rappelle « le consensus » et le « contexte » qui entouraient le vote de la loi Gayssot, « très différents » de ceux de la loi votée le 23 janvier dernier. « Dans les années 80, c’est une extrême droite antisémite qui s’emparait de cette négation (...). Les historiens ne se sont pas prononcés contre cette loi et elle n’a jamais été appliquée à aucun travail historique qui donnait des interprétations différentes de ce qui s’est passé » estime Annette Wieworka.

La décision du Conseil constitutionnel de censurer la loi sanctionnant la négation des génocides ne remet pas en cause la loi Gayssot sur le négationnisme, estiment des historiens interrogés par l’AFP. « Elle ne remet absolument pas en cause la loi Gayssot (1990, qui fait de la contestation des crimes contre l’humanité un délit), au contraire, elle la met à l’abri », estime Pierre Nora, membre de l’Académie française et président de l’association « Liberté pour l’histoire ». « Le devoir des politiques est de s’occuper du passé mais pas de faire des lois qui le qualifient, empêchent de le discuter et qui brisent tout travail historique », ajoute-t-il. Annette Becker, professeur à Paris-Ouest Nanterre, ne voit pas non plus de danger pour la loi Gayssot, « basée sur le jugement du tribunal de Nuremberg (autorité de la chose jugée) à laquelle a souscrit le droit français après la Seconde guerre mondiale ». Annette Wieworka, spécialiste de la mémoire de la Shoah, rappelle « le consensus » et le « contexte » qui entouraient le vote de la loi Gayssot, « très différents » de ceux de la loi votée le 23 janvier dernier. « Dans les années 80, c’est une extrême droite antisémite qui s’emparait de cette négation (...). Les historiens ne se sont pas prononcés contre cette loi et elle n’a jamais été appliquée à aucun travail historique qui donnait des interprétations différentes de ce qui s’est passé » estime Annette Wieworka.

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