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Flottille : le problème n’est pas entre « La Turquie et Israël »

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu est revenu sur le conflit politique qui a éclaté entre Ankara et Tel Aviv, au cours d’une réunion avec ses homologues européens. Le diplomate a ainsi rejeté le caractère bilatéral des tensions turco-israéliennes qui sont davantage liées au non-respect israélien du droit international.

 
Pour Ahmet Davutoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, le conflit actuel entre la Turquie et Israël n’a rien d’une affaire bilatérale qui ne concernerait que les deux pays. Il a notamment invité la communauté internationale à juger le raid meurtrier de l’armée israélienne sur la flottille humanitaire à destination de Gaza en tenant compte des infractions israéliennes répétées contre les lois internationales. M. Davutoğlu a tenu ces propos lors d’une rencontre informelle de l’UE où il avait été invité à répondre à plusieurs questions auprès de ses homologues à propos d’une nouvelle série de mesures prises par la Turquie contre Israël. Durant la réunion qui a rassemblé à Sopot en Pologne 27 ministres européens, le ministre turc a répondu aux questions liées à l’annonce faite vendredi dernier à Ankara que la Turquie avait abaissé les liens diplomatiques avec Israël au niveau du deuxième secrétaire d’ambassade. Une annonce suivie de celle du départ de l’ambassadeur israélien ainsi que d’autres diplomates de haut rang.
 
Problème international, non bilatéral
 
La Turquie a également annoncé la suspension des accords militaires, tout en promettant de soutenir les procès intentés contre Israël par les familles des victimes du raid. Elle a aussi déclaré qu’elle allait prendre des mesures pour s’assurer que la liberté de navigation soit maintenue à l’est de la mer méditerranéenne. Interrogé par Zaman lors de son retour en Turquie, M. Davutoğlu a déclaré que de nombreux ministres ont donné raison à la Turquie tout en appelant à calmer les tensions. Le ministre turc des Affaires étrangères a réitéré son refus de voir le problème circonscrit aux relations entre les deux pays. Rappelant que « parmi les personnes détenues sur ces bateaux il y avait des personnes originaires de la plupart des pays présents à cette réunion », il a poursuivi en déclarant : « Il ne s’agit pas d’un problème spécifique entre nous et Israël ; il s’agit d’un problème entre Israël, les lois et l’éthique de la communauté internationale. » M. Davutoğlu a ainsi réinvité cette dernière à demander à Israël de s’excuser et de payer des dédommagements.
 
« Une question de principe »
 
Le ministre des Affaires étrangères faisait allusion au fait que le Mavi Marmara, sur lequel naviguaient huit Turcs et un Turco-américain qui ont été tués lors du raid du 31 mai 2010, faisait partie d’une flottille comprenant 600 activistes originaires de 32 pays différents. Parmi ces pays, l’Australie, la Belgique, le Canada, la Grèce, la France, la Suède et les Etats-Unis. Ahmet Davutoğlu est également revenu pour Zaman sur les critiques qui font le rapprochement entre cette attitude de la Turquie et le printemps arabe, en déclarant que pour la Turquie le problème était réel avec ou sans printemps arabe. Il a conclu en indiquant : « Au moment de l’accident, il y a un an, le printemps arabe n’existait pas. C’est pour nous une question de principe. Nos concitoyens ont été tués par une armée en dehors d’un conflit militaire. »

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