La France demande au régime birman de protéger la minorité musulmane

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La France a appelé lundi les autorités birmanes «protéger toutes les populations civiles sans discrimination» et à enquêter sur de «possibles exactions» contre les populations musulmanes dans l'Etat de Rakhine. «La France attache une grande importance à un règlement pacifique et concerté des questions ethniques en Birmanie, afin de parvenir à la réconciliation nationale», a souligné un porte-parole du Quai d'Orsay dans une déclaration.

Elle demande que le statut des populations musulmanes de l'Etat d'Arakan (ou Rakhine, ouest de la Birmanie) «soit clarifié au regard du droit de la nationalité et qu'elles bénéficient, quel que soit ce statut, de la plénitude de leurs droits dans le respect des droits de l'homme», a déclaré ce porte-parole, Vincent Floréani. «Des informations font état d'actes de violence inquiétants de la part des forces de sécurité à l'encontre des civils. Nous appelons les autorités birmanes à protéger toutes les populations civiles, sans discrimination, et à enquêter sur ces possibles exactions», a-t-il ajouté. La France plaide pour «des mesures immédiates» en vue d'un apaisement des tensions et «un accès humanitaire sans entrave» aux déplacés. Elle souhaite aussi «que les autorités birmanes définissent une stratégie visant à la réhabilitation et la réconciliation, fondée sur l'intégration et non la séparation, entre les deux communautés».

Des affrontements entre bouddhistes et musulmans ont eu lieu depuis juin dans l'Etat de Rakhine dont la population est majoritairement bouddhiste et où vivent confinés quelque 800.000 Rohingyas, de confession musulmane, qui ne bénéficient pas de la nationalité birmane. Des organisations de défense des droits de l'homme ont accusé les forces de sécurité birmanes d'abus, en particulier contre les Rohingyas, et l'ONU s'est inquiétée d'une répression visant la communauté musulmane. Mais le gouvernement a rejeté ces accusations. Les Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, ne font pas partie des groupes ethniques reconnus en Birmanie. Vendredi, le ministère des Affaires étrangères avait «regretté» la décision du Bangladesh d'interdire l'action de trois organisations non gouvernementales (ONG) occidentales auprès des réfugiés Rohingyas, qui fuient les violences en Birmanie.

Paris

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