France-Turquie : une nouvelle page s’écrit

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Paris et Ankara tournent la page la plus sombre de l’histoire d’une amitié qui date de six siècles. La Turquie a annoncé la levée des sanctions contre la France juste après que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ait invité officiellement le président François Hollande. En janvier 2012, Ankara avait annoncé la suspension des visites bilatérales et l’annulation d’exercices militaires conjoints avec la France. La visite du ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu le 5 juillet va officiellement relancer les relations diplomatiques, gelées depuis six mois. La loi sur la négation des génocides avait été à l’origine d’une crise diplomatique, qui résultait en réalité de relations bilatérales chaotiques tout le long de la présidence Sarkozy. Même si les désaccords persistent entre Erdogan et Hollande concernant la question arménienne, les deux leaders semblent vouloir apaiser les tensions.Cependant, pour dynamiser les relations bilatérales, Paris doit cesser de s’opposer systématiquement aux négociations de l’adhésion turque à l’UE. Un second geste symbolique serait une visite d’Etat de François Hollande en Turquie. Cela fait vingt ans qu’un président français n’a pas officiellement visité Ankara. Les deux leaders ont intérêt à ouvrir un nouveau chapitre dans les relations franco-turques : ils sortiraient «gagnant-gagnant» d’un partenariat diplomatique renforcé. Car la Turquie est à présent l’un des acteurs économique et diplomatique principal de sa région. En effet, quand Ankara est devenue candidate officielle à l’UE en 2004, elle était dépendante de l’aide internationale. En 2011, la Turquie a fait du chemin : c’est elle qui offre une aide de 1,3 milliard de dollars à plus d’une centaine de pays différents.  La France a besoin d’alliés tels que la Turquie, en Afrique et au Moyen-Orient, pour contrer l’influence chinoise croissante dans la région. De la même manière, la Turquie a besoin de la France pour parachever son intégration dans l’UE. Même si l’UE ne fait plus rêver les Turcs, l’AKP a besoin de relancer les négociations avec Bruxelles, qui impulsera les réformes démocratiques d’harmonisation avec l’UE laissées de côté par Ankara. e.demir@zamanfrance.fr

Paris

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