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Mardi, Mars 19, 2013 - 14:53

Il n’y aura pas de coup d’Etat militaire en Egypte

Avec l’arrivée au gouvernement de Mohamed Morsi, certains Egyptiens dont les partisans de l’ancien régime de Moubarak souhaiteraient que l’armée intervienne en faisant un coup d’Etat. Mais pour le chroniqueur, l’armée n’en a simplement pas les moyens.

De même qu’il y a en Turquie beaucoup de gens qui, malgré les nombreux succès enregistrés ces dernières années, pensent que l’armée doit intervenir en faisant un coup d’Etat, certains Egyptiens commencent à revendiquer leur désir de voir l’armée renverser le gouvernement des Frères musulmans. Bien qu’ils soient conscients que l’armée n’est pas en mesure de résoudre les problèmes du pays, ils voient dans le coup d’Etat le seul moyen de se débarrasser du gouvernement des Frères musulmans. Parmi eux, on trouve les partisans de l’ancien régime de Moubarak. L’armée égyptienne entreprendra-t-elle un coup d’Etat à la faveur de ce contexte ? Si tel était le cas, est-ce qu’il mettrait fin à l’anarchie qui prévaut dans le pays ? Et l’Egypte sortirait-elle de cette situation de crise pour accéder à l’étape suivante ?
 
Un contexte défavorable aux militaires
La réponse est que rien de tout cela ne se produira, parce que l’armée n’en a simplement pas les moyens. Parce que dans un pays qui ne dispose que de 75 jours de réserves en devises, qui ne voit pas arriver de nouveaux investisseurs, où le tourisme se débat, où les différents mécanismes politiques ne fonctionnent pas et où la bureaucratie freine le développement par toutes sortes d’entraves possibles et imaginables, il est clair que les militaires ne possèdent pas de baguette magique. Si l’armée prenait le relais dans le contexte actuel, elle réussirait sans doute dans un premier temps à mettre fin à un certain nombre de phénomènes préjudiciables, mais à terme, elle ne manquerait pas de provoquer une instabilité plus grande encore. Il importe de trouver aujourd’hui des réponses à certaines questions importantes liées à la manière dont le régime de Mohamed Morsi ***‒*** dont la concentration des pouvoirs et la capacité de contrôle ont été encore affaiblis par les récentes manifestations à Port-Saïd qui ont rapidement fait tâche d’huile ***‒*** compte combattre les bandes qui ont pris possession des rues du pays, et imposer l’ordre à des manifestants qui commencent à constituer une sérieuse menace pour la sécurité du pays.
 
L’économie, véritable priorité
A ce stade, Morsi et les Frères musulmans sont seuls. Pour sortir l’Egypte de cette crise, ils ne peuvent en effet compter sur l’aide de personne. Dans l’état actuel des choses, le Fonds monétaire international (FMI) n’accordera pas de crédit à l’Egypte, un crédit qui aurait ouvert la voie aux investisseurs, les Etats-Unis n’accorderont pas de prêt au gouvernement Morsi, et les partis de l’opposition ne s’assiéront pas à la table des négociations pour essayer de trouver en commun des solutions pour le pays. Il semble bien, dès lors, que la solution devra être trouvée par les cadres des Frères musulmans. Si l’économie est bien la véritable priorité actuellement en Egypte, il n’en demeure pas moins qu’il faut trouver sans délai une solution au problème des bandes et des manifestants, qui sont à l’origine d’une grande peur parmi la population. Tant que les gens craindront pour leur sécurité, le gouvernement Morsi ne pourra pas prendre de mesures concrètes et aller de l’avant. Ce que doit faire aujourd’hui le gouvernement Morsi, c’est signifier simultanément deux choses aux Egyptiens : qu’il est en train de chercher une solution et qu’il est fort. 
 
La «chemise de feu» du pouvoir égyptien
La politique du «un pas en avant deux pas en arrière» que pratique Morsi n’a pas seulement pour effet de renforcer ceux qui cherchent à renverser le gouvernement, elle contribue également à aggraver l’inquiétude de la population. De sorte que la «chemise de feu», le fardeau du pouvoir, que portent les Frères musulmans, personne aujourd’hui, pas même l’armée égyptienne, ne voudrait la porter. Sur le front économique en effet, la sonnette d’alarme a retenti, ce qui a conduit à un accroissement sensible des tensions au sein de la population égyptienne. Or le fait est qu’en la matière la capacité de manœuvre du gouvernement Morsi est très faible. En fin de compte, ce qui est certain, c’est que l’Egypte traverse une période très difficile, une période durant laquelle chacun est appelé à devenir plus dur. Mais, dans le même temps, ce que nous voyons du jeu joué par l’opposition égyptienne est très comparable à ce que nous avons connu en Turquie : rien d’autre que des mots, des mots durs pour affaiblir ceux qui ont le pouvoir, et des critiques, ***‒*** mais aucune idée, aucune proposition pour parvenir à une solution.
Avec l’arrivée au gouvernement de Mohamed Morsi, certains Egyptiens dont les partisans de l’ancien régime de Moubarak souhaiteraient que l’armée intervienne en faisant un coup d’Etat. Mais pour le chroniqueur, l’armée n’en a simplement pas les moyens.
De même qu’il y a en Turquie beaucoup de gens qui, malgré les nombreux succès enregistrés ces dernières années, pensent que l’armée doit intervenir en faisant un coup d’Etat, certains Egyptiens commencent à revendiquer leur désir de voir l’armée renverser le gouvernement des Frères musulmans. Bien qu’ils soient conscients que l’armée n’est pas en mesure de résoudre les problèmes du pays, ils voient dans le coup d’Etat le seul moyen de se débarrasser du gouvernement des Frères musulmans. Parmi eux, on trouve les partisans de l’ancien régime de Moubarak. L’armée égyptienne entreprendra-t-elle un coup d’Etat à la faveur de ce contexte ? Si tel était le cas, est-ce qu’il mettrait fin à l’anarchie qui prévaut dans le pays ? Et l’Egypte sortirait-elle de cette situation de crise pour accéder à l’étape suivante ?
 
Un contexte défavorable aux militaires
La réponse est que rien de tout cela ne se produira, parce que l’armée n’en a simplement pas les moyens. Parce que dans un pays qui ne dispose que de 75 jours de réserves en devises, qui ne voit pas arriver de nouveaux investisseurs, où le tourisme se débat, où les différents mécanismes politiques ne fonctionnent pas et où la bureaucratie freine le développement par toutes sortes d’entraves possibles et imaginables, il est clair que les militaires ne possèdent pas de baguette magique. Si l’armée prenait le relais dans le contexte actuel, elle réussirait sans doute dans un premier temps à mettre fin à un certain nombre de phénomènes préjudiciables, mais à terme, elle ne manquerait pas de provoquer une instabilité plus grande encore. Il importe de trouver aujourd’hui des réponses à certaines questions importantes liées à la manière dont le régime de Mohamed Morsi ‒ dont la concentration des pouvoirs et la capacité de contrôle ont été encore affaiblis par les récentes manifestations à Port-Saïd qui ont rapidement fait tâche d’huile ‒ compte combattre les bandes qui ont pris possession des rues du pays, et imposer l’ordre à des manifestants qui commencent à constituer une sérieuse menace pour la sécurité du pays.
 
L’économie, véritable priorité
A ce stade, Morsi et les Frères musulmans sont seuls. Pour sortir l’Egypte de cette crise, ils ne peuvent en effet compter sur l’aide de personne. Dans l’état actuel des choses, le Fonds monétaire international (FMI) n’accordera pas de crédit à l’Egypte, un crédit qui aurait ouvert la voie aux investisseurs, les Etats-Unis n’accorderont pas de prêt au gouvernement Morsi, et les partis de l’opposition ne s’assiéront pas à la table des négociations pour essayer de trouver en commun des solutions pour le pays. Il semble bien, dès lors, que la solution devra être trouvée par les cadres des Frères musulmans. Si l’économie est bien la véritable priorité actuellement en Egypte, il n’en demeure pas moins qu’il faut trouver sans délai une solution au problème des bandes et des manifestants, qui sont à l’origine d’une grande peur parmi la population. Tant que les gens craindront pour leur sécurité, le gouvernement Morsi ne pourra pas prendre de mesures concrètes et aller de l’avant. Ce que doit faire aujourd’hui le gouvernement Morsi, c’est signifier simultanément deux choses aux Egyptiens : qu’il est en train de chercher une solution et qu’il est fort. 
 
La «chemise de feu» du pouvoir égyptien
La politique du «un pas en avant deux pas en arrière» que pratique Morsi n’a pas seulement pour effet de renforcer ceux qui cherchent à renverser le gouvernement, elle contribue également à aggraver l’inquiétude de la population. De sorte que la «chemise de feu», le fardeau du pouvoir, que portent les Frères musulmans, personne aujourd’hui, pas même l’armée égyptienne, ne voudrait la porter. Sur le front économique en effet, la sonnette d’alarme a retenti, ce qui a conduit à un accroissement sensible des tensions au sein de la population égyptienne. Or le fait est qu’en la matière la capacité de manœuvre du gouvernement Morsi est très faible. En fin de compte, ce qui est certain, c’est que l’Egypte traverse une période très difficile, une période durant laquelle chacun est appelé à devenir plus dur. Mais, dans le même temps, ce que nous voyons du jeu joué par l’opposition égyptienne est très comparable à ce que nous avons connu en Turquie : rien d’autre que des mots, des mots durs pour affaiblir ceux qui ont le pouvoir, et des critiques, ‒ mais aucune idée, aucune proposition pour parvenir à une solution.
 
Mardi, Mars 19, 2013 - 14:20

Critique sur le sionisme : Davutoglu persiste et signe

 

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu  a balayé d’un revers de la main les critiques des parlementaires américains demandant au Premier ministre turc de retirer ses propos sur l’assimilation du sionisme à un crime contre l’humanité.
 
Une réponse turque qui n’a pas tardé. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a réagi jeudi à la lettre des 89 membres du Congrès américain, qui demandait au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de retirer ses propos dans lesquels il assimilait le sionisme à un crime contre l’humanité, en rappelant que la Turquie est irréprochable dans son rejet de l’antisémitisme. «Notre position est claire, nous sommes contre l'antisémitisme», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue roumain, Titus Corlatean, jeudi. 
 
L’attitude agressive d’Israël
M. Davutoglu a ajouté que la Turquie a été un refuge pour la communauté juive dans les 600 dernières années, tandis que l'Europe a souffert des ghettos et de l’Holocauste. Lors d’une conférence de l’Alliance des civilisations en février, Erdogan s’était plaint des préjugés contre les musulmans et avait dit «que l’islamophobie doit être considéré comme un crime contre l’humanité», tout comme le sionisme, l’antisémitisme et le fascisme. Le ministre des Affaires étrangères a donc réitéré les critiques turques sur ce qu’il a appelé la politique expansionniste et agressive d’Israël dans la région. M. Davutoglu a également mis en garde que personne ne devrait essayer d’entacher la Turquie, en rappelant que le seul but du pays était de montrer l’attitude agressive d’Israël. 
 
L’ombre de l’AIPAC
Les législateurs américains avaient souligné dans leur courrier l’amitié historique et les liens commerciaux entre la Turquie et Israël, notant que le rapprochement entre les deux pays était nécessaire, selon eux, pour la sécurité et la stabilité de la région. Le quotidien Milliyet a néanmoins attiré l’attention sur un détail significatif. La publication de la lettre a eu lieu quelques jours après la conférence annuelle de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), lobby pro-israélien, où les participants ont discuté des propos d'Erdogan sur le sionisme lors d'une session à propos de la Turquie. Des militants de l’AIPAC ont rencontré le dernier jour de la conférence des membres du Congrès et ont fait part de leurs revendications politiques. 

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu  a balayé d’un revers de la main les critiques des parlementaires américains demandant au Premier ministre turc de retirer ses propos sur l’assimilation du sionisme à un crime contre l’humanité.

 
Une réponse turque qui n’a pas tardé. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a réagi jeudi à la lettre des 89 membres du Congrès américain, qui demandait au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de retirer ses propos dans lesquels il assimilait le sionisme à un crime contre l’humanité, en rappelant que la Turquie est irréprochable dans son rejet de l’antisémitisme. «Notre position est claire, nous sommes contre l'antisémitisme», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue roumain, Titus Corlatean, jeudi. 
 
L’attitude agressive d’Israël
M. Davutoglu a ajouté que la Turquie a été un refuge pour la communauté juive dans les 600 dernières années, tandis que l'Europe a souffert des ghettos et de l’Holocauste. Lors d’une conférence de l’Alliance des civilisations en février, Erdogan s’était plaint des préjugés contre les musulmans et avait dit «que l’islamophobie doit être considéré comme un crime contre l’humanité», tout comme le sionisme, l’antisémitisme et le fascisme. Le ministre des Affaires étrangères a donc réitéré les critiques turques sur ce qu’il a appelé la politique expansionniste et agressive d’Israël dans la région. M. Davutoglu a également mis en garde que personne ne devrait essayer d’entacher la Turquie, en rappelant que le seul but du pays était de montrer l’attitude agressive d’Israël. 
 
L’ombre de l’AIPAC
Les législateurs américains avaient souligné dans leur courrier l’amitié historique et les liens commerciaux entre la Turquie et Israël, notant que le rapprochement entre les deux pays était nécessaire, selon eux, pour la sécurité et la stabilité de la région. Le quotidien Milliyet a néanmoins attiré l’attention sur un détail significatif. La publication de la lettre a eu lieu quelques jours après la conférence annuelle de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), lobby pro-israélien, où les participants ont discuté des propos d'Erdogan sur le sionisme lors d'une session à propos de la Turquie. Des militants de l’AIPAC ont rencontré le dernier jour de la conférence des membres du Congrès et ont fait part de leurs revendications politiques. 
Jeudi, Mars 14, 2013 - 15:51

La violence anti-chiite ne recule pas au Pakistan

Près de 200 morts depuis le début de l’année. Le bilan des victimes chiites du Pakistan, en proie à la violence de groupes armées sunnites extrémistes, ne cesse de s’allonger dans l’indifférence du gouvernement.

Dans le sud-ouest du Pakistan, la multiplication des attentats sanglants contre les chiites n’a rien changé : leurs auteurs revendiqués, des extrémistes sunnites proches d’Al-Qaïda, semblent jouir d’une tranquille impunité nourrie par l’apathie du gouvernement. A Akhtarabad, un quartier de Quetta, capitale de la province instable et reculée du Baloutchistan, des graffitis anti-chiites tapissent les murs et les drapeaux d'un groupe armé communautaire flottent sur les toits. C'est là qu’auraient en partie été planifiés les deux attentats anti-chiites les plus meurtriers de l’histoire du pays, selon la minorité visée. Le premier a fait 92 morts le 10 janvier, le second 90 le 16 février, tous deux à Quetta.

20 % de chiites au Pakistan Les chiites représentent environ 20 % de la population du Pakistan, pays majoritairement sunnite de 180 millions d'habitants. Ils sont depuis plusieurs années victimes d'une campagne de violences sans précédent qui a fait plus de 400 morts l'an dernier, un triste record qui pourrait être battu en 2013. Le groupe sunnite extrémiste Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), né dans les années 80 pour combattre l'influence de l’Iran, première puissance chiite au monde, au Pakistan, a revendiqué les deux attentats de Quetta. Interdit depuis 2002, le LeJ multiplie les attaques et compte aussi sur une «aile politique», le Ahle Sunnat Wal Jamaat (ASWJ). «Nous pouvons demander au LeJ de négocier avec le gouvernement», lance Ramzan Mengal, président du ASWJ au Baloutchistan. Mais il pose une condition : «Pour cela, les autorités doivent cesser d'être influencées par les chiites.»

L’insurrection du Balouchistan Les chiites de Quetta affirment de leur côté que les assaillants viennent de quartiers comme Akhtarabad, Killi Kambrani et Killi Badeni, où un journaliste de l'AFP n'a pas vu l'ombre de forces de sécurité après les derniers attentats. Le Pakistan n'a que rarement jugé ou condamné des auteurs d'attaques perpétrés sur son propre territoire. Mais il semble encore plus apathique lorsqu'il s'agit d'attaques contre la minorité chiite. Pourquoi? Nombre de ces attentats ont été perpétrés au Baloutchistan, où une rébellion locale réclamant un meilleur partage des ressources naturelles combat les forces de sécurité locales, contrairement au LeJ qui vise avant tout les chiites en disant défendre la «pureté» de l'islam.

Le Lej, instrument politique d’Islamabad La police locale semble se concentrer sur la rébellion. «Le LeJ s'est renforcé depuis le début de la dernière insurrection baloutche», au milieu des années 2000, remarque Anwar Sajidi, rédacteur en chef du journal local Intikhab. Pour lui, «le LeJ est partie prenante de la stratégie contre-insurrectionnelle du gouvernement qui veut montrer que les violences intercommunautaires sont aussi à la hausse» pour minimiser l'importance des rebelles baloutches et donner une justification aux exactions commises dans la région.

Près de 200 morts depuis le début de l’année. Le bilan des victimes chiites du Pakistan, en proie à la violence de groupes armées sunnites extrémistes, ne cesse de s’allonger dans l’indifférence du gouvernement.

Dans le sud-ouest du Pakistan, la multiplication des attentats sanglants contre les chiites n’a rien changé : leurs auteurs revendiqués, des extrémistes sunnites proches d’Al-Qaïda, semblent jouir d’une tranquille impunité nourrie par l’apathie du gouvernement. A Akhtarabad, un quartier de Quetta, capitale de la province instable et reculée du Baloutchistan, des graffitis anti-chiites tapissent les murs et les drapeaux d'un groupe armé communautaire flottent sur les toits. C'est là qu’auraient en partie été planifiés les deux attentats anti-chiites les plus meurtriers de l’histoire du pays, selon la minorité visée. Le premier a fait 92 morts le 10 janvier, le second 90 le 16 février, tous deux à Quetta.

20 % de chiites au Pakistan Les chiites représentent environ 20 % de la population du Pakistan, pays majoritairement sunnite de 180 millions d'habitants. Ils sont depuis plusieurs années victimes d'une campagne de violences sans précédent qui a fait plus de 400 morts l'an dernier, un triste record qui pourrait être battu en 2013. Le groupe sunnite extrémiste Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), né dans les années 80 pour combattre l'influence de l’Iran, première puissance chiite au monde, au Pakistan, a revendiqué les deux attentats de Quetta. Interdit depuis 2002, le LeJ multiplie les attaques et compte aussi sur une «aile politique», le Ahle Sunnat Wal Jamaat (ASWJ). «Nous pouvons demander au LeJ de négocier avec le gouvernement», lance Ramzan Mengal, président du ASWJ au Baloutchistan. Mais il pose une condition : «Pour cela, les autorités doivent cesser d'être influencées par les chiites.»

L’insurrection du Balouchistan Les chiites de Quetta affirment de leur côté que les assaillants viennent de quartiers comme Akhtarabad, Killi Kambrani et Killi Badeni, où un journaliste de l'AFP n'a pas vu l'ombre de forces de sécurité après les derniers attentats. Le Pakistan n'a que rarement jugé ou condamné des auteurs d'attaques perpétrés sur son propre territoire. Mais il semble encore plus apathique lorsqu'il s'agit d'attaques contre la minorité chiite. Pourquoi? Nombre de ces attentats ont été perpétrés au Baloutchistan, où une rébellion locale réclamant un meilleur partage des ressources naturelles combat les forces de sécurité locales, contrairement au LeJ qui vise avant tout les chiites en disant défendre la «pureté» de l'islam.

Le Lej, instrument politique d’Islamabad La police locale semble se concentrer sur la rébellion. «Le LeJ s'est renforcé depuis le début de la dernière insurrection baloutche», au milieu des années 2000, remarque Anwar Sajidi, rédacteur en chef du journal local Intikhab. Pour lui, «le LeJ est partie prenante de la stratégie contre-insurrectionnelle du gouvernement qui veut montrer que les violences intercommunautaires sont aussi à la hausse» pour minimiser l'importance des rebelles baloutches et donner une justification aux exactions commises dans la région.

Mercredi, Mars 13, 2013 - 20:02

Le chômage, moteur des révoltes tunisiennes

 

En comparaison avec la Syrie, l’Egypte, le Yémen et la Libye, la transition démocratique en Tunisie, bien qu’encore à ses débuts, est remarquablement calme sur le plan politique. En ce moment, les nouvelles fusent à propos du gouvernement de ce pays. Il n’est pas facile de suivre les nombreux changements qui s’y produisent : les coalitions se font et se défont, de nouvelles alliances se forment, des anciennes se renouvellent. Dans un climat aussi fluctuant, il est difficile d’identifier les intérêts communs qui pourraient définir la base du dialogue national. Cependant, indépendamment des tendances politiques et de la situation économique, les Tunisiens sont unanimes sur deux points : ils veulent tous plus de sécurité et davantage d’emplois. Suite aux élections remarquablement sereines du 23 octobre 2011, un gouvernement de coalition appelé Troïka, a été mis en place, avec Hamadi Jebali d’Ennahda comme premier ministre, Mustapha Ben Jaafer d’Ettakatol comme président de l’assemblé nationale constituante (ANC) et Moncef Marzouki du parti du Congrès pour la République comme président. 
La mort de Chokri Belaid : un électrochoc 
Alors que les partis d’opposition ont été très critiques envers ce nouveau gouvernement, la plupart des Tunisiens ont voulu donner une chance au processus démocratique par lequel ces partis sont arrivés au pouvoir. Cependant, le 6 février dernier, l’équilibre politique a été à nouveau bousculé avec l’assassinat de Chokri Belaid, célèbre avocat et membre important du parti Front Populaire, de gauche. Chokri Belaid s’était toujours montré très critique envers le parti Ennahda au pouvoir. A ses funérailles, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Tunis, pour la plupart pacifiquement. Au même moment, la mauvaise situation économique et la dégradation des conditions de sécurité ont déclenché une vague de manifestations dans tout le pays, notamment à Gafsa, Sfax et Sidi Bouzid ville qui a été le point de départ de la révolution en 2010. Par ailleurs, on n’a toujours pas identifié le meurtrier de Chokri Belaid. Après avoir reconnu qu’il n’avait pas réussi à former un gouvernement neutre constitué de technocrates et à servir de médiateur pour sortir le pays de l’impasse politique, le premier ministre Hamadi Jebali a donné sa démission. L’ancien ministre de l’intérieur et membre d’Ennahda, Ali Larayedh, qui le remplace, a déclaré : «Nous allons former un nouveau gouvernement, qui tiendra compte de tous les Tunisiens et Tunisiennes et du fait que les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes responsabilités». Il annoncera bientôt les remaniements ministériels et la nomination de nouveaux ministres. 
Pas de culture des armes en Tunisie
Pour de nombreux Tunisiens, le «principe de l’égalité des droits et des responsabilités pour tous» est lié au sentiment de sécurité nationale. Alors qu’ils s’installent dans l’ère post-Ben Ali, les citoyens tunisiens n’ont plus l’impression que l’Etat assure leur sécurité. La semaine dernière, la Garde nationale a saisi des fusils d’assaut Kalashnikov AK-47, des lance-roquettes, des munitions et des explosifs dans un dépôt d’armes, à Mnihla, une ville proche de Tunis. Il ne s’agit pas de la première prise de ce genre. Si les Tunisiens ne sont pas tous d’accord sur le rôle de l’islam – religion de la majorité d’entre eux - dans les affaires de l’Etat, ni sur la question de la séparation de la religion et de l’Etat, ils n’ont cependant traditionnellement jamais eu un engouement pour les armes. L’apparition des armes au sein de la population perturbe la plupart des gens, quelle que soit leur affiliation politique. Par ailleurs, selon un sondage mené par le Pew Attitudes Project au mois de juillet dernier, 92 % des Tunisiens placent l’amélioration de la situation économique parmi les grandes priorités du gouvernement et 78 pour cent des personnes interrogées, se disent insatisfaits de la gestion de leur pays. Depuis juillet, la situation ne s’est pas améliorée ; l’opinion des citoyens demeure elle aussi inchangée. Les problèmes de sécurité nuisent à l’économie tunisienne. L’agence de notation internationale Standard & Poor a baissé la note de la dette du gouvernement tunisien à BB-, étant donné l’instabilité de la situation. La baisse dans le secteur du tourisme et des investissements étrangers et l’inflation qui est de 10 pour cent, laissent peu d’espoir pour un redressement rapide de l’économie, autrefois dynamique. 
Le gouvernement doit faire plus
Pour les Tunisiens, le problème du chômage n’est évidemment pas seulement lié au manque d’initiative des chômeurs ; il y a aussi clairement un manque d’efforts de la part du gouvernement. Par ailleurs, les employeurs sont peu nombreux en ce moment mais cela pourrait changer si la situation politique et économique du pays s’améliorait. Cette amélioration ne peut se produire que si tous les Tunisiens sont impliqués, indépendamment de leur affiliation politique.  De nombreux Tunisiens prônent un dialogue national pour sortir de l’impasse. Mais au fond, peu de gens savent ce que cela veut dire : le dialogue en soi ne signifie pas la fin des différends et des tensions mais représente le moyen par lequel les Tunisiens parviendront, ensemble, à résoudre les problèmes de leur pays. Ce qui compte ce sont les intérêts communs comme la sécurité économique et physique. A partir de là, on peut entamer le dialogue entre tous les partis politiques, et indirectement leurs partisans. 
 
 
Lamia Hatira est consultante spécialiste en recherche et en évaluation de références de base et en faisabilité pour le continent africain. Nura Suleiman est coordinatrice des anciens étudiants du MEPI, au Centre d’études maghrébines de Tunis (CEMAT). En partenariat avec Common Ground News.
 
   

Nura Suleiman et Lamia Hatira

En comparaison avec la Syrie, l’Egypte, le Yémen et la Libye, la transition démocratique en Tunisie, bien qu’encore à ses débuts, est remarquablement calme sur le plan politique. En ce moment, les nouvelles fusent à propos du gouvernement de ce pays. Il n’est pas facile de suivre les nombreux changements qui s’y produisent : les coalitions se font et se défont, de nouvelles alliances se forment, des anciennes se renouvellent. Dans un climat aussi fluctuant, il est difficile d’identifier les intérêts communs qui pourraient définir la base du dialogue national. Cependant, indépendamment des tendances politiques et de la situation économique, les Tunisiens sont unanimes sur deux points : ils veulent tous plus de sécurité et davantage d’emplois. Suite aux élections remarquablement sereines du 23 octobre 2011, un gouvernement de coalition appelé Troïka, a été mis en place, avec Hamadi Jebali d’Ennahda comme premier ministre, Mustapha Ben Jaafer d’Ettakatol comme président de l’assemblé nationale constituante (ANC) et Moncef Marzouki du parti du Congrès pour la République comme président. 
 
La mort de Chokri Belaid : un électrochoc 
Alors que les partis d’opposition ont été très critiques envers ce nouveau gouvernement, la plupart des Tunisiens ont voulu donner une chance au processus démocratique par lequel ces partis sont arrivés au pouvoir. Cependant, le 6 février dernier, l’équilibre politique a été à nouveau bousculé avec l’assassinat de Chokri Belaid, célèbre avocat et membre important du parti Front Populaire, de gauche. Chokri Belaid s’était toujours montré très critique envers le parti Ennahda au pouvoir. A ses funérailles, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Tunis, pour la plupart pacifiquement. Au même moment, la mauvaise situation économique et la dégradation des conditions de sécurité ont déclenché une vague de manifestations dans tout le pays, notamment à Gafsa, Sfax et Sidi Bouzid ville qui a été le point de départ de la révolution en 2010. Par ailleurs, on n’a toujours pas identifié le meurtrier de Chokri Belaid. Après avoir reconnu qu’il n’avait pas réussi à former un gouvernement neutre constitué de technocrates et à servir de médiateur pour sortir le pays de l’impasse politique, le premier ministre Hamadi Jebali a donné sa démission. L’ancien ministre de l’intérieur et membre d’Ennahda, Ali Larayedh, qui le remplace, a déclaré : «Nous allons former un nouveau gouvernement, qui tiendra compte de tous les Tunisiens et Tunisiennes et du fait que les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes responsabilités». Il annoncera bientôt les remaniements ministériels et la nomination de nouveaux ministres. 
 
Pas de culture des armes en Tunisie
Pour de nombreux Tunisiens, le «principe de l’égalité des droits et des responsabilités pour tous» est lié au sentiment de sécurité nationale. Alors qu’ils s’installent dans l’ère post-Ben Ali, les citoyens tunisiens n’ont plus l’impression que l’Etat assure leur sécurité. La semaine dernière, la Garde nationale a saisi des fusils d’assaut Kalashnikov AK-47, des lance-roquettes, des munitions et des explosifs dans un dépôt d’armes, à Mnihla, une ville proche de Tunis. Il ne s’agit pas de la première prise de ce genre. Si les Tunisiens ne sont pas tous d’accord sur le rôle de l’islam – religion de la majorité d’entre eux - dans les affaires de l’Etat, ni sur la question de la séparation de la religion et de l’Etat, ils n’ont cependant traditionnellement jamais eu un engouement pour les armes. L’apparition des armes au sein de la population perturbe la plupart des gens, quelle que soit leur affiliation politique. Par ailleurs, selon un sondage mené par le Pew Attitudes Project au mois de juillet dernier, 92 % des Tunisiens placent l’amélioration de la situation économique parmi les grandes priorités du gouvernement et 78 pour cent des personnes interrogées, se disent insatisfaits de la gestion de leur pays. Depuis juillet, la situation ne s’est pas améliorée ; l’opinion des citoyens demeure elle aussi inchangée. Les problèmes de sécurité nuisent à l’économie tunisienne. L’agence de notation internationale Standard & Poor a baissé la note de la dette du gouvernement tunisien à BB-, étant donné l’instabilité de la situation. La baisse dans le secteur du tourisme et des investissements étrangers et l’inflation qui est de 10 pour cent, laissent peu d’espoir pour un redressement rapide de l’économie, autrefois dynamique. 
 
Le gouvernement doit faire plus
Pour les Tunisiens, le problème du chômage n’est évidemment pas seulement lié au manque d’initiative des chômeurs ; il y a aussi clairement un manque d’efforts de la part du gouvernement. Par ailleurs, les employeurs sont peu nombreux en ce moment mais cela pourrait changer si la situation politique et économique du pays s’améliorait. Cette amélioration ne peut se produire que si tous les Tunisiens sont impliqués, indépendamment de leur affiliation politique.  De nombreux Tunisiens prônent un dialogue national pour sortir de l’impasse. Mais au fond, peu de gens savent ce que cela veut dire : le dialogue en soi ne signifie pas la fin des différends et des tensions mais représente le moyen par lequel les Tunisiens parviendront, ensemble, à résoudre les problèmes de leur pays. Ce qui compte ce sont les intérêts communs comme la sécurité économique et physique. A partir de là, on peut entamer le dialogue entre tous les partis politiques, et indirectement leurs partisans. 
 
Lamia Hatira est consultante spécialiste en recherche et en évaluation de références de base et en faisabilité pour le continent africain. Nura Suleiman est coordinatrice des anciens étudiants du MEPI, au Centre d’études maghrébines de Tunis (CEMAT). En partenariat avec Common Ground News.
 
   
Mercredi, Mars 13, 2013 - 19:44

Berlin interdit trois mouvements salafistes

L’Allemagne vient d’interdire trois organisations salafistes au motif de leur incompatibilité avec son «ordre public démocratique et libre». "DawaFFM" "Audios islamiques" et "An-Nussrah" ont été dissous après des perquisitions faisant suite à des slogans agressifs diffusés par ces groupes appelant à un changement de société islamique. 

Le ministère allemand de l'Intérieur a annoncé mercredi l'interdiction de trois groupes salafistes, contre lesquels une vaste perquisition a été lancée dans la matinée. Les groupes "DawaFFM" et "Audios islamiques" ont été interdits et dissous, de même que le groupe "An-Nussrah". Ils appartiennent à la mouvance fondamentaliste et radicale de l'Islam.
"Le salafisme, tel qu'il est professé par les groupes interdits aujourd'hui, n'est pas compatible avec notre ordre public démocratique et libre", a estimé le ministre de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, cité dans un communiqué. "DawaFFM, Audios islamiques et An-Nussrah visent à modifier notre société par des actions agressives et violentes, où la démocratie serait remplacée par un système salafiste et l'Etat de droit par la Charia", a-t-il ajouté. 
 
Des mesures de prévention policière
Ces mesures se sont accompagnées d'une série de perquisitions menées dans 18 appartements privés dans l'ouest du pays, où vivaient et se réunissaient des "responsables de haut-rang de ces organisations", a indiqué une source dans les milieux de la sécurité à l'AFP. Des documents et des biens appartenant à ces organisations ont été saisis. Il n'y a eu en revanche "aucune arrestation", a-t-on indiqué de même source, soulignant qu'il s'agissait d'une opération relative à la loi sur les associations, et pas d'une action pénale. 
 
La menace salafiste en Allemagne
Cette opération fait suite à une autre action d'ampleur contre les milieux salafistes en juin 2012, qui avait accompagné l'interdiction de l'association "Millatu Ibrahim", parce qu'elle appelait les musulmans d'Allemagne "au combat contre l'ordre constitutionnel". Quelque 850 membres des forces de l'ordre avaient alors fouillé environ 70 bâtiments -- appartements, mosquées, écoles et locaux associatifs - et "d'importants éléments de preuve avaient pu être rassemblés", indique le communiqué du ministère de l'Intérieur. "L'étude de ces éléments a fourni des informations importantes sur les activités anticonstitutionnelles et sur les modes d'actions planifiés des structures salafistes en Allemagne", a-t-on ajouté. Les autorités allemandes est

L’Allemagne vient d’interdire trois organisations salafistes au motif de leur incompatibilité avec son «ordre public démocratique et libre». "DawaFFM" "Audios islamiques" et "An-Nussrah" ont été dissous après des perquisitions faisant suite à des slogans agressifs diffusés par ces groupes appelant à un changement de société islamique. 

Le ministère allemand de l'Intérieur a annoncé mercredi l'interdiction de trois groupes salafistes, contre lesquels une vaste perquisition a été lancée dans la matinée. Les groupes "DawaFFM" et "Audios islamiques" ont été interdits et dissous, de même que le groupe "An-Nussrah". Ils appartiennent à la mouvance fondamentaliste et radicale de l'Islam.
"Le salafisme, tel qu'il est professé par les groupes interdits aujourd'hui, n'est pas compatible avec notre ordre public démocratique et libre", a estimé le ministre de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, cité dans un communiqué. "DawaFFM, Audios islamiques et An-Nussrah visent à modifier notre société par des actions agressives et violentes, où la démocratie serait remplacée par un système salafiste et l'Etat de droit par la Charia", a-t-il ajouté. 
 
Des mesures de prévention policière
Ces mesures se sont accompagnées d'une série de perquisitions menées dans 18 appartements privés dans l'ouest du pays, où vivaient et se réunissaient des "responsables de haut-rang de ces organisations", a indiqué une source dans les milieux de la sécurité à l'AFP. Des documents et des biens appartenant à ces organisations ont été saisis. Il n'y a eu en revanche "aucune arrestation", a-t-on indiqué de même source, soulignant qu'il s'agissait d'une opération relative à la loi sur les associations, et pas d'une action pénale. 
 
La menace salafiste en Allemagne
Cette opération fait suite à une autre action d'ampleur contre les milieux salafistes en juin 2012, qui avait accompagné l'interdiction de l'association "Millatu Ibrahim", parce qu'elle appelait les musulmans d'Allemagne "au combat contre l'ordre constitutionnel". Quelque 850 membres des forces de l'ordre avaient alors fouillé environ 70 bâtiments -- appartements, mosquées, écoles et locaux associatifs - et "d'importants éléments de preuve avaient pu être rassemblés", indique le communiqué du ministère de l'Intérieur. "L'étude de ces éléments a fourni des informations importantes sur les activités anticonstitutionnelles et sur les modes d'actions planifiés des structures salafistes en Allemagne", a-t-on ajouté. Les autorités allemandes estiment qu'il y a 4.500 salafistes en Allemagne, dont un millier potentiellement violents.