Islamophobie : séparons le bon grain de l’ivraie

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La profanation d’une mosquée à Montauban le 1er août dernier, où une tête de cochon a été  déposée, et les dernières affaires de jeûneurs licenciés ou sanctionnés pour cause de ramadan ont replacé la question de l’islamophobie au cœur de l’actualité. Si le premier cas ne fait aucun doute quant à la nature des intentions racistes des auteurs de la profanation, le second, en particulier l’affaire des jeûneurs de Gennevilliers, est moins évident. La mairie, confrontée à un précédent de mise en défaut d’une salariée de confession musulmane pendant le ramadan, avait introduit un article obligeant les animateurs de colonies de vacances à s’alimenter et s’hydrater, invoquant les risques qu’un manque de vigilance ferait courir aux enfants dont ils ont la charge. Incontestablement, la mairie communiste de cette ville des Hauts-de-Seine a fait preuve de maladresse, et qui plus est, a enfreint les règles du code du travail qui prévoient des procédures garantissant aux salariés le droit de se défendre auprès de leur employeur. Pour autant, l’erreur de jugement et la maladresse de l’équipe municipale n’infèrent aucunement une intention islamophobe clairement prouvée, et ce d’autant plus qu’aucun jugement n’aura été prononcé, la mairie ayant décidé de réintégrer les animateurs. Par ailleurs, le questionnement par un employeur d’un manquement professionnel de ses salariés pour des raisons valables (sécuritaires par exemple) n’est pas illégitime en soi. Au-delà de ce cas particulier, deux enseignements peuvent être tirés. Le premier est que la question sociétale de l’islam est une fois encore éminemment chargée d’affect et ne se prête toujours pas à un traitement raisonnable et dépassionné. En ce sens, le contexte français, caractérisé par la présence persistante d’un climat islamophobe réel et structurel reconnu par toutes les études, joue un rôle évident dans la perception et la réaction de l’opinion publique musulmane. Et c’est là tout le problème : de nombreuses affaires de litiges professionnels ou civils sont automatiquement perçues comme traduisant un sentiment islamophobe de leurs auteurs, ce qui est faux. Le risque est, alors, de réagir injustement à une attitude perçue comme injuste elle-même et de généraliser les procès d’intentions. La France n’est pas islamophobe, comme n’hésitent plus à le dire certains internautes sur les réseaux sociaux, même s’il y a incontestablement de l’islamophobie en France et qu’elle doit être combattue. 

f.bahri@zamanfrance.fr

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