Par Nihat Sarier | jeu, 05/01/2012 - 12:50

Député européen, vice-président du MoDem et conseiller d’arrondissement à Marseille, Jean-Luc Bennahmias est un homme actif. Depuis quelques années, il est devenu l’un des acteurs incontournables du parti de François Bayrou dont l’ascension irrésistible pourrait créer une surprise aux prochaines présidentielles.
Avant d’être au MoDem, vous étiez cadre au sein d’Europe-Ecologie. Quelles sont les chances de votre ancien parti pour les élections présidentielles ?
L’accord Verts-PS démontre qu’ils (les écologistes) n’ont pas évolué. Lorsqu’on le voit, on constate que c’est quasiment un accord de gouvernement. Quinze jours plus tard, le texte a été remis en cause par les deux partis. Le fait que les différents responsables verts aient critiqué Eva Joly démontre que le parti n’a pas changé ! Je suis sûr que l’accord ne sera pas respecté !
Vous n’êtes pas le seul à avoir rejoint le MoDem. Quel est votre apport au sein du parti de François Bayrou ?
En tant qu’écolos, nous sommes au moins influents dans ce parti sur les prises de position des élections présidentielles. Un exemple sur l’énergie nucléaire : François Bayrou n’est pas devenu antinucléaire à cause de notre venue, mais il a déclaré que cette source d’énergie est une transition pour le siècle qui vient.
Pensez-vous que les thèmes de la sécurité et de l’islam prendront une place importante dans la campagne présidentielle ?
Ils seront forcément abordés parce qu’on voit tout de suite l’utilisation raciste et xénophobe qu’on peut en faire, mais je ne pense pas qu’ils seront centraux. Il faut débattre des problèmes des musulmans de France et qu’ils puissent accéder à des lieux de culte dignes. Tout ceci sans oublier la diversité musulmane assez complexe. Discutons du CFCM et du mode d’élection qui devrait être, à mon sens, au suffrage universel.
Quelle est la position du MoDem sur le droit
de vote des étrangers ?
Avant même les sondages, François Bayrou et Marielle de Sarnez ont affirmé leur accord en faveur du droit de vote des étrangers dans les élections locales.
Connaissez-vous la Turquie ?
Je suis d’origine grecque et je suis allé une fois à Istanbul, il y a quelques années. La Turquie montre qu’elle est en capacité de préserver son histoire et d’accepter la modernité. C’est un pays multiple et riche d’avenir. En dehors des problèmes internes tels que les questions arméniennes ou kurdes, elle a un rôle politique pacificateur et modéré dans la région.
Quel regard portez-vous sur les Turcs de France ?
Il y a une importante communauté turque et arménienne à Marseille et un mélange homogène sans problèmes. D’ailleurs, vous observez, lors des matchs de football de L’Olympique de Marseille, que le soutien est intercommunautaire. Le processus d’intégration des différentes communautés en France ne s’est pas fait sur une génération ! C’est à la deuxième génération de faire des efforts. Cela demande du temps.
Et pour terminer, quelle est votre devise ?
Celle de Gramsci : allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.
