Par Selami Varlik | jeu, 19/01/2012 - 10:11
Au lendemain de la perte du triple A, de nombreux journaux se demandaient si c’était là un « cataclysme » ou une « catastrophe ». C’est que, étant donné la façon dont la tension montait depuis ces quelques derniers mois rythmés par les nouvelles sur l’imminence de la dégradation, l’opinion publique s’attendait un peu au pire. Il semblait que notre sérénité, notre bonheur le plus quotidien en dépendait. Finalement, le message est rassurant, nous pouvons continuer à consommer tranquillement. L’occasion pour nous de poser la question de la décroissance, qui refuse de voir la croissance économique comme un bien absolu et essaie donc de résister au culte de la consommation. Les décroissants prônent une démarche individuelle de simplicité volontaire, qui consiste à opter pour un mode de vie éthique qui résiste à la tentation de confondre le nécessaire et le superflu. Ainsi, l’objecteur de croissance refuse l’omniprésence de la publicité ou l’invasion domestique des postes de télévision, véhicules du conditionnement réduisant toute l’épaisseur du monde extérieur à une image que le consommateur veut déjà posséder. Il prend humblement garde à ne pas acheter plus que ce qu’exigent réellement ses besoins. Il est difficile alors de ne pas faire le lien avec certains enseignements du Prophète Mohammed sur le fait de se satisfaire de peu, du strictement nécessaire. Le contentement est même présenté comme un « trésor inépuisable ». En vérité, l’éthique islamique de la consommation touche un éventail de principes très larges, allant du refus du gaspillage au respect de l’environnement. Pourtant, l’omniprésence de la question du halal dans les débats autour de la consommation des musulmans de France occulte parfois un mode de rapport à la nourriture et aux marchandises bien plus riche et subtil qu’on pourrait le croire de prime abord. Ce type de réflexion invite à poser les questions, d’une part, du rapport parfois très identitaire qu’entretiennent les musulmans de France avec le halal et, d’autre part, de la marchandisation du halal bien loin de la philosophie de cette notion islamique qui suppose toute une façon de concevoir le rapport de l’homme à l’animal et à la nourriture.
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