L’intégration par la langue et la culture… d’origine

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Les thèses assimilationnistes considèrent qu’apprendre la langue maternelle est un frein à l’intégration des populations étrangères. Pour le chercheur au CNRS en psycho-linguistique Mehmet-Ali Akinci, rien n’est moins sûr. Selon lui, une bonne connaissance du turc est au contraire un gage de réussite pour la maîtrise du français. 

Contrairement aux idées reçues, la maîtrise de la langue d'adoption se base sur une bonne connaissance de la langue d'origine. C’est la thèse que défend le chercheur au CNRS en psycho-linguistique Mehmet-Ali Akinci, qui rappelle la théorie de l’interdépendance des langues. Fondamentale pour permettre le bilinguisme, elle indique que «de bonnes compétences en langue première favorisent l’apprentissage de celles de la deuxième». Il ajoute en effet que si l’enfant n’a pas atteint un niveau minimal dans la langue d’origine, la seconde, privée d’appuis, s’établira imparfaitement. Ce constat, Ergun Simsek, professeur de turc au collège du Rosset, fort de son expérience d'enseignant, l'a clairement établi. Pour lui, l’enseignement du turc dès le plus jeune âge à l'école n’est donc pas seulement un loisir, c’est aussi un moyen de mettre en valeur les qualités linguistiques des jeunes Franco-turcs : «si l’on veut qu'[ils] deviennent des bilingues équilibrés maîtrisant parfaitement les deux langues, cela passe par un apprentissage formel de la langue d’origine». 
 
Ne pas dissocier l'apprentissage linguistique et culturel
Pour Ergun Simsek, il faut faire comprendre aux jeunes que parler couramment le turc est un avantage. Pratiquer parfaitement les deux langues permettrait en outre à certains de trouver plus facilement du travail grâce à leur multilinguisme, notamment en Turquie. «Beaucoup d'immigrés de la première génération souhaitaient rentrer chez eux mais n'ont pas pu», analyse M. Akinci. Mais «si leurs enfants parlent couramment les deux langues, c'est un rêve que eux pourront réaliser». Par ailleurs, M. Akinci ne sépare pas la langue de la culture. Cela signifie que bien connaître sa culture d'origine permet de «prendre du recul sur celle-ci, de mieux la comprendre», et donc favorise une meilleure intégration. Le mécanisme est le même au niveau linguistique et culturel : lorsqu'un enfant maîtrise bien sa langue et sa culture d'origine, cela lui sert de support pour apprécier et mieux connaître les codes des secondes. Ainsi, M. Akinci souligne qu'il ne faut pas «séparer le fait culturel du fait linguistique» : le bilinguisme va de pair avec le biculturalisme.
Paris

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