Message d'erreur

  • Notice : Undefined index: und dans include() (ligne 30 dans /var/www/zaman/sites/all/themes/less/templates/node--article.tpl.php).
  • Notice : Undefined index: fr dans include() (ligne 50 dans /var/www/zaman/sites/all/themes/less/templates/node--article.tpl.php).

L’islam est-il de droite ou de gauche ?

Le scandale des propos de Claude Guéant pour qui « toutes les civilisations ne se valent pas » arrive quelques semaines après qu’un Sénat qui venait de passer à gauche ait voté la loi interdisant aux assistantes maternelles de se voiler chez elles. De quoi dérouter, à quelques mois des élections présidentielles, des musulmans de France que l’on identifie pourtant plutôt au vote de gauche. La principale raison à laquelle on pense pour expliquer cette tendance est que les musulmans de France sont également caractérisés par des déterminations historiques, sociales et économiques qui, dans leurs pays d’origine comme en France, les situent – ou plutôt les situaient – majoritairement dans les classes populaires. Par ailleurs, le Français issu de l’immigration arabo-musulmane, à laquelle nous incluons les non-Arabes musulmans, représente encore la figure de l’altérité, du minoritaire, celui dont l’universalisme égalitariste de gauche devrait défendre les droits. Pourtant, comme le montre la sympathie des Turcs de France pour l’AKP ou les autres formations de droite de Turquie, ainsi que le vote récent des Franco-tunisiens pour Ennahda, la situation est différente dans les pays d’origine. La question qu’il faudrait alors poser est de savoir si l’islam lui-même, en tant que religion, est de gauche ou de droite. D’ailleurs, la même question pourrait être posée pour les deux autres grandes religions monothéistes. Il suffirait de citer pour le christianisme l’antagonisme entre la théologie de la libération et le conservatisme moral d’un certain christianisme de droite. De même, on trouve dans le message originaire de l’islam aussi bien un appel à la justice social, une défense du pauvre et de l’exclu s’appuyant sur une égalité de tous devant le créateur, que la revendication d’une hiérarchie des valeurs au nom d’une tradition monothéiste. Le clivage entre gauche et droite est certes ici simpliste et anachronique mais il permet de rappeler la tension féconde, constitutive de l’essence de toute religion,|entre identité et différence, entre fidélité et contestation. Cette tension est dynamique, elle prend sans cesse forme en s’adaptant aux divers contextes historiques dans lesquels s’incarne la vie des musulmans. 

A lire aussi: