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L’Orient n’est plus la terre du despotisme

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Vue de France, la Tunisie est le pays du jasmin, « un pays presque sans histoire », qui a quitté le giron colonial pour retrouver un despotisme qui, croit-on, lui est consubstantiel. L’irruption de la révolution sur la scène de l’Histoire aura donc surpris tous les observateurs, et spécialement les politiques. En France sans doute plus qu’ailleurs. Les « résistances » avec lesquels ont été accueillis les premiers pas de la jeune révolution peuvent dès lors s’expliquer. C’est ce que se propose Jocelyne Dakhlia, citoyenne franco-tunisienne, historienne et directrice d’études à l’EHESS. Le rapport qu’entretient la France avec ses anciennes colonies s’inscrit en effet dans un schéma idéologique essentialiste ancien, hérité de l’Antiquité grecque : la démocratie est à l’Occident ce que despotisme est à l’Orient. D’où la complaisance française vis-à-vis de la Tunisie de Ben Ali, conçue comme « une sorte d’arrière-cour de la France ». En revendiquant la « dignité » et la « liberté », le peuple tunisien a réintégré la « commune humanité politique », rendant obsolète un certain rapport à l’Autre, qu’il s’agit aujourd’hui de repenser.

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