Par Redaction | sam, 24/12/2011 - 20:57

Dans le cadre du « Sommet du partenariat turco-africain » qui a réuni plus de cinquante chefs d’Etat à Istanbul, Eustaquio Nseng Esono, l’un des représentants de l’Union africaine, s’est prononcé en faveur de davantage d’écoles turques sur le continent noir. Un message encourageant pour Ankara qui espère offrir une alternative économique et politique crédible aux pays africains.
Le président de la commission de l’Union africaine (UA) Eustaquio Nseng Esono a déclaré dimanche dernier à Zaman, qu’il souhaitait voir le nombre d’écoles turques en Afrique augmenter. Une déclaration que le leader africain a prononcé au moment où se tenait le Sommet du partenariat turco-africain à Istanbul réunissant 52 pays africains souhaitant s'affranchir de "l'eurocentrisme". « Ces écoles turques devraient être établies dans tous les pays africains; le nombre actuel ne nous satisfait pas du tout », a renchérit M. Esono car « les efforts des écoles turques en Afrique nous donnent l'espoir en ces temps difficiles pour le continent. Le peuple turcs est toujours avec nous et il est sincère. » M. Essono a aussi souligné que « malgré un partenariat récent avec la Turquie, nous planifions d'étendre cette collaboration entre l'Afrique et la Turquie dans de nouveaux domaines comme l'agriculture, le commerce et le secteur bancaire pour 2012. » Cette position politique de l’UA récompense les efforts de la Turquie en direction de l'Afrique, aussi bien sur le plan politique et économique qu’éducatif. Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a réaffirmé à cette occasion le lien profond entre la Turquie et l’Afrique.
Entre Ankara et l’Afrique, « une communauté de destin »
"Nous sommes profondément convaincus que nous partageons une communauté de destin avec l'Afrique et que nous pouvons façonner ce destin ensemble avec nos amis africains", a déclaré le chef de la diplomatie turque, en ouverture de la conférence, dans un prestigieux palais ottoman d'Istanbul. Insistant sur l'ancienneté des relations entre la Turquie - alors empire ottoman - et le continent africain et sur leur caractère "égalitaire", basé sur le "respect mutuel", M. Davutoglu a appelé ses homologues à s'affranchir des "définitions eurocentriques du monde". "Quand nos liens (...) étaient affaiblis pour de nombreuses raisons incluant l'impérialisme, le colonialisme, les conflits et les luttes internes, nous nous sommes nous mêmes affaiblis et sommes tombés dans l'ombre d'autres nations et groupes", a-t-il poursuivi devant un parterre de 32 ministres des Affaires étrangères, neuf ministres divers et 11 vice-ministres. L'objectif de la conférence est d'évaluer les résultats d'un Plan d'action pour le partenariat Turquie-Afrique mis en place après un premier sommet en août 2008. Le nombre d'ambassades turques en Afrique atteindra 33 l'an prochain, contre 12 début 2009, et 11 représentations diplomatiques de pays subsahariens vont ouvrir en 2012 à Ankara, faisant passer leur nombre à 25, a indiqué M. Davutoglu.
Un partenaire stratégique pour l’Afrique
Le montants des échanges entre la Turquie et l'Afrique devait atteindre 17 milliards de dollars en 2011, contre 14 milliards de dollars en 2010, a ajouté le ministre. Représentant l'Union africaine, Ramtane Lamamra, de la Commission pour la paix et la sécurité de l'UA, s'est félicité du développement d'une politique africaine de la Turquie qui dépasse les "objectifs économiques et commerciaux" pour adopter une "approche globale incluant le développement durable de l'Afrique". Saluant le rôle joué par la Turquie sur le continent en termes de lutte contre les maladies, d'agriculture, d'énergie, d'éducation, d'aide humanitaire et de maintien de la paix, M. Lamamra a souligné que l'impact de la crise financière mondiale sur l'Afrique avait été "allégé grâce aux partenariats passés avec des pays comme la Turquie, la Chine et l'Inde". L'Union africaine a octroyé en 2008 à la Turquie le statut de partenaire stratégique de l'Afrique.
