Par Redaction | jeu, 19/04/2012 - 14:54

L’accord passé samedi à Istanbul entre l’Iran et les grandes puissances pour lancer un processus de négociations sur le programme nucléaire iranien est une petite avancée sur le long chemin qui permettra de rétablir la confiance entre Téhéran et les Occidentaux, selon des analystes. Peter Crail, analyste pour l’ Arms Control Association (Washington), a déclaré qu’il était «trop tôt pour affirmer que nous avons tourné une page». Il a ajouté qu’un accord lançant un processus de négociations en vue d’aborder les questions hautement techniques avait été pris, et que c’était ce qui pouvait être espéré de mieux. Il a nuancé ses propos en disant qu’il restait cependant encore beaucoup à faire. L’Iran et le groupe 5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne) ont décidé de se retrouver le 23 mai à Bagdad pour fixer un cadre de négociations sur le nucléaire iranien, qualifiant de part et d’autre les discussions d’Istanbul de «positives», et notant un changement de ton mutuel. L’accord d’Istanbul «ne peut pas être qualifié de percée (…) Une éventuelle percée pourra intervenir lors de la prochaine réunion», estime Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique (Paris). Celui-ci a également indiqué que l’on ne pourra parler de véritable avancée que lorsque l’Iran aura accepté les vérifications nécessaires de son programme nucléaire. Il a affirmé que jusque-là, il ne s’agissait que de discussions. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, qui mène les «5+1» a d’ailleurs déclaré que si l’Iran voulait se libérer des pressions internationales, il devra accepter de faire des «pas concrets». Cela pourrait inclure une baisse de l’enrichissement d’uranium à 20 %, qui sert selon Téhéran à produire du combustible pour un réacteur de recherche médical mais qui pourrait (s’il est poussé à 90 %) être utilisé pour la fabrication de l’arme atomique.
