L’autisme en France : un handicap mal pris en charge

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«La Marche de l’Espérance 2012» pour vaincre l’autisme qui a eu lieu samedi dernier à Paris a réuni de nombreuses familles qui souhaitaient interpeller l’opinion publique sur ce handicap, mal diagnostiqué et peu remboursé. Pour Mme Dalyan, mère d’un enfant autiste, les frais d’accompagnement «sont tellement chers» que les familles ne peuvent «assumer financièrement».

2012 est une année importante pour tous les autistes et leurs familles, puisque cette pathologie a été désignée «grande cause nationale». Samedi, quelques centaines de personnes se sont réunies place de la Concorde pour leur «Marche de l’Espérance» annuelle, afin d’interpeller la société et les pouvoirs publics. L’autisme est un fléau qui touche 643.000 personnes en France dont 160.000 enfants (environ un enfant sur cent est autiste). Mme Dalyan, maman turque de trois enfants dont un autiste, était présente à la manifestation. Son témoignage dévoile à lui seul le parcours du combattant que mènent les parents pour que leur enfant puisse être soigné et donc à terme inséré socialement. 
 
L’autisme peu remboursé par la sécurité sociale
La mère de famille explique à Zaman France avoir découvert l’autisme de son fils Volkan assez tôt car il ne communiquait pas du tout. «L’autisme se détecte vraiment au niveau de la communication, du regard», nous explique-t-elle. Son fils de sept ans est «autiste sévère non verbal», c’est-à-dire qu’il ne parle pas. Cette pathologie compte de très nombreux syndromes qui appellent des thérapies particulières, peu prises en charge par la sécurité sociale. Pourtant, comme elle le rappelle, «c’est grâce aux séances de stimulation que les enfants peuvent s’en sortir». «Le problème c’est qu’elles valent entre 40 et 60 euros l’heure. Ces méthodes sont tellement chères que nous ne pouvons assumer financièrement» ajoute-t-elle. Elle soulève par ailleurs d’autres graves problèmes, notamment la scolarisation des autistes. En effet, s’il ne trouve  pas de place dans un Institut médical éducatif (IME), son fils devra quitter le système scolaire. Une situation qui concerne déjà 80 % des enfants autistes. 
 
«Nous ne voulons pas de la psychanalyse»
La manifestation visait aussi à rappeler que l’autisme n’est pas une maladie mais bien un handicap neurologique. «C’est pour cela que nous ne voulons pas de la psychanalyse», ajoute Mme Dalyan car «Elle accuse les parents, et la mère en particulier, c’est ça le pire». Les membres de Vaincre l’autisme, une association qui milite pour les droits des enfants autistes, dénoncent en particulier une méthode pratiquée par les psychanalystes, le «packing», qui consiste à «enrouler l’enfant dans du drap froid et humide pour le calmer pendant une demi-heure ou une heure». Pourtant, l’autisme n’est pas une fatalité. La recherche a fait de belles avancées ces dernières années, permettant de réduire certains symptômes voire de les faire disparaître. 
 
Paris

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