Par Nicolas Theodet | jeu, 26/01/2012 - 12:01

La manifestation parisienne contre la loi sur la négation du « génocide arménien » a marqué la naissance d’une véritable conscience politique des Franco-turcs.
La manifestation du samedi 21 janvier place Denfert Rochereau contre la loi pénalisant le « génocide arménien », n’a pas seulement montré l’unité de la communauté turque de France. Elle a aussi dévoilé la conscience politique des nouvelles générations. Les jeunes turcs présents ont ainsi massivement annoncé qu’ils resteront mobilisés jusqu’à fin avril, et qu’ils seront bien présents devant l’urne pour les présidentielles. Pour eux, l’important n’est pas de savoir qui sera élu, mais d’aller voter. Comme le déclare Fatiha Bulut, une Franco-turque, « que ce soit Bayrou, De Villepin ou le Pen, l’important c’est d’aller voter ». La conscience politique qui naît pour cette nouvelle génération est « cruciale et déterminante » selon Fadimé Ertugrul-Tastan, élue de la ville d’Herouville Saint-Clair dans le Calvados. « Les jeunes turcs se sont mobilisés, et le 22 avril, ils iront voter en masse », ajoute-t-elle. Des propos justifiés par une majeure partie des jeunes manifestants qui n’hésitent pas à montrer leur carte électorale. « Il est temps de montrer le vrai visage de la communauté turque », déclare Ehren Fatsal en faisant flotter les drapeaux turcs et français, affirmant qu’« il faut que nous, les jeunes Franco-Turcs, prenons consciences de notre poids politique ». D’ailleurs, comme le souligne Mme Ertugrul-Tastan, « c’est une manifestation servant à montrer le visage d’une communauté entière ». Elle explique également qu’« il est normal qu’ils comprennent que leurs voix peuvent changer le cours des choses. » « Il n’y a pas vraiment de candidats qui m’attire » répond une personne souhaitant garder l’anonymat, « mais ce dont je suis sûre, c’est qu’en avril, j’irai voter ! ». La jeune prise de conscience politique des Franco-Turcs va donc s’engager sur le terrain de la présidentielle. Fadimé Ertugrul-Tastan espère voir, quant à elle, « un Franco-turc sur les bancs de l’Assemblée nationale ou encore mieux, au conseil des ministres ».
