L’islamophobie vue par un responsable d’Occupy Wall Street

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Le mouvement Occupy Wall Street mobilisé contre l’inégalité du partage des richesses aux Etats-Unis et dans le monde se positionne également contre les discriminations et la montée de l’islamophobie. Pour Hayati Koç, le responsable d’Occupy Wall Street à Francfort, cette dernière est le «nouveau racisme montant en Europe». 

Dans la capitale financière de l’Union européenne à Francfort, les actions du mouvement Occupy Wall Street se poursuivent dans le jardin de la Banque centrale européenne. D’un coté, des tours de bureaux gigantesques et des places luxueuses, de l’autre, faisant un énorme contraste, des abris et des tentes… D’un coté, des cols blancs entrant dans les tours, professionnels bien habillés et gagnant bien leur vie, de l’autre, de jeunes anarchistes dans des abris, sans travail ni maison. D’un coté, un symbole géant de l’euro, monnaie commune en Europe, de l’autre un symbole de la différence, les abris… Au cœur de la finance, les tentes et les abris font presque partie de la vie quotidienne. Seuls les touristes trouvent la situation originale. Personne ne vient sans prendre de photo souvenir. L’année dernière à New York, la capitale américaine et mondiale de la finance, le mouvement Occupy Wall Street s’est très vite répandu dans le monde et a allumé la mèche d’une nouvelle et inhabituelle période d’interrogation pour le capitalisme. A New York, puis plus tard à Londres, les actions ont été stoppées par la force policière. Avec le démantèlement des tentes, ces images ont disparu de la scène médiatique.
 
Le Caire, Athènes, Tel Aviv : les lieux de la contestation
A Francfort, les choses sont différentes. Le gouvernement allemand n’intervient pas contre les occupants, et puisqu’il n’y a pas d’intervention, les touristes veulent aussi saisir cette occasion et prennent tout de suite des clichés souvenirs. Le parc Zucotti à New York a été choisi comme centre des actions et a été rebaptisé « Place de la liberté ». Des tentes ont été installées sur la place et les occupants ont commencé à y vivre. En fait, dans la généralisation du mouvement, le printemps arabe, le mouvement de libération de la place Tahrir au Caire, les violentes protestations de la place Sintagma à Athènes contre les politiques de restriction du gouvernement grec ont été des facteurs importants. Même chose pour les manifestations de protestation des classes moyennes dirigées contre les politiques économiques du gouvernement d’Israël jusqu’à la tentative de renversement des dirigeants du mouvement étudiant au Chili. Si Occupy Wall Street s’est inspiré de mouvements similaires situés dans d’autres localités géographiques, il représente en fait une protestation plus diffuse et globale. 
 
Envoyer un message au système capitaliste !
Le mouvement a aussi une importante particularité : sa lutte sur des sujets comme l’inégalité du partage des ressources, l’injustice sociale en passant par les dictateurs de la finance, le racisme ou la haine des étrangers. Dernièrement, Hayati Koç, l’une des figures actuelles les plus importantes du mouvement et qui coordonne la branche de Francfort, a fait remarquer que l’islamophobie s’est amplifiée dans le Vieux continent. Hayati Koç définit ainsi l’islamophobie comme «un nouveau racisme montant en Europe» et affirme qu’il a décidé de lutter contre ce phénomène. Les activistes d’Occupy Wall Street sont par exemple devenus en Allemagne le cauchemar des néos-nazis, qui ont fait l’actualité récemment avec les meurtres commis à l’encontre de Turcs. Les occupants, participant ou organisant la mobilisation contre la recrudescence du néonazisme considèrent toutes les voix de victimes d’injustices comme également importantes. En prenant cette orientation, ils promeuvent une dynamique constructive intégrant les différentes composantes du tissu social. Occupy Wall Street qui entretient les actions menées dans les tentes depuis le mois d’octobre 2011, poursuit donc son effort en renouvelant tous les 15 jours les autorisations obtenues de la part de la mairie. Ils préparent maintenant, avec l’aide des opposants à la mondialisation, une action appelée «Bloquez les banques» qui se tiendra entre le 17 et le 19 mai. Leur objectif premier est, au-delà de la Banque centrale de l’UE, de livrer un message au système capitaliste en stoppant, même pour un moment, les opérations des banques. Cette action sera aussi pour les occupants un test de tolérance pour le gouvernement allemand.
Franfort

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