L’orientalisme mis à l’honneur au musée Sabanci

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Le musée Sakip Sabanci, à Istanbul, propose jusqu’au 11 août 2013, une exposition sur Les 1.001 faces de l’orientalisme, un thème qui a profondément fasciné la culture européenne.

Une exposition sur les traces de l’orientalisme dans les domaines de l’architecture, de l’archéologie, des arts de la scène, du cinéma et de la photographie est actuellement ouverte au musée Sakip Sabanci à Istanbul. Intitulée Les 1.001 faces de l’orientalisme, le nom de l’exposition fait référence aux Contes des 1.001 Nuits.

Montrer l’orientalisme autrement

«L’idée principale est de clarifier certains termes utilisés. On parle surtout de l’orientalisme à travers la peinture. Cette exposition montre qu’il n’existe pas que la peinture pour parler de l’orientalisme», explique Nazan Ölçer, directrice du musée. Même si l’histoire des rapports Orient-Occident est plutôt longue, Les 1.001 faces de l’orientalisme se focalise surtout sur le XIXe siècle. «La campagne égyptienne de Napoléon, par exemple, a suscité un vif intérêt pour les arts et la culture car le général s’est rendu en Egypte accompagné de plusieurs scientifiques spécialisés dans de nombreux domaines. Nous pouvons encore observer les effets de cet événement historique aujourd’hui», a déclaré la directrice du musée Sabanci. La campagne d’Egypte marque d’ailleurs le début du parcours de l’exposition.

L’influence d’Edward Saïd

«L’Occident a créé plusieurs postes de professeurs dans les université orientales. Des langues telles que l’arabe, le turc et le perse ont été enseignées aux étudiants», précise Nazan Ölçer. L’exposition reflète cet intérêt pour l’Orient. «Le sujet de l’exposition est encore vivement débattu aujourd’hui. En 1978, Edward Saïd a écrit dans son œuvre L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident qu’il s’agissait d’un produit narcissique et condescendant de l’Occident qui soutenait le colonialisme», pointe Nazan Ölçer. Le public pourra également découvrir des photos d’archéologues locaux, des objets d’art (tissus, tapis, céramiques), des objets de voyage (livres de voyage, souvenirs). Cette exposition est née du travail de grands intellectuels et chercheurs comme Edhem Eldem, Baha Tanman, Filiz Ali ou encore Gökhan Akçura et sera visible jusqu’au 11 août 2013.

 

Rumeysa Kiger, Istanbul

 

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