Laïcité, mixité sociale, pouvoir d’achat : qu’en disent-ils ?

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Au moment où les électeurs s’apprêtent à choisir le prochain président de la République, Zaman France revient sur les propositions de campagne des principaux candidats de droite et de gauche sur les thèmes de la mixité sociale, du pouvoir d’achat mais aussi de la laïcité.

Laïcité, mixité sociale, emploi : à quarante-huit heures du premier tour des présidentielles, quelles sont les propositions concrètes des candidats sur ces sujets ? Sur le thème de la mixité sociale, on peut dire que la gauche reste en pointe notamment sur l’accès égalitaire aux logements. François Hollande propose ainsi «d’encadrer les loyers dans certaines zones [et de] permettre à 1 million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique», de construire «2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants» et de multiplier par cinq les sanctions contre les communes qui ne respectent pas la loi. Jean-Luc Mélenchon se positionne plus politiquement sur ce sujet et propose la suppression du ministère de la Ville, qui mettra fin selon lui aux «politiques ciblées» comme le zonage des quartiers dits sensibles. A droite, Nicolas Sarkozy reste le plus évasif estimant qu’il faut «passer de la politique des cités à la politique de la cité» en élargissant le «champ d’intervention de la rénovation urbaine à l’espace urbain global, au-delà des seuls quartiers prioritaires». François Bayrou surprend au centre en défendant l’instauration d’un programme de cession des terrains à vocation sociale comprenant des «logements locatifs, sociaux et très sociaux, logements en accession sociale, à la vente ou à loyer libre». Le leader du Modem propose également une mutuelle obligatoire qui sera une garantie contre les risques d’impayés.
 
Le smic à 1700 euros brut !
Concernant la politique de l’emploi, la lutte contre le chômage et la revalorisation du pouvoir d’achat, les candidats de gauche se distancent largement de leurs adversaires de droite et du centre. Pour François Hollande, il s’agit de créer 150.000 emplois d’avenir dans les quartiers populaires par le biais d’un «contrat de génération». Ce dispositif prévoit le maintien dans l’emploi d’un senior jusqu’à sa retraite et l’embauche d’un jeune donnant droit à des réductions de cotisations pendant cinq ans. Le candidat du Parti socialiste prône aussi l’augmentation des cotisations chômage pour «des entreprises abusant des emplois précaires» tout en  augmentant le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes. Jean-Luc Mélenchon se montre plus audacieux en proposant un «smic à 1.700 euros brut par mois pour 35 heures», une «limitation à 5 % de la part des intérimaires et des CDD dans les grandes entreprises et à 10 % dans les PME», ainsi que l’instauration «d’un droit automatique au passage à temps plein pour les temps partiels». François Bayrou se prononce pour sa part pour l’instauration d’un contrat de travail unique à durée indéterminée et veut inciter les PME en leur accordant «une embauche sans charges pendant deux ans», pour un CDI proposé à un chômeur ou à un jeune.
 
Vers une suppression du Concordat ?
Le président sortant quant à lui se veut plus strict dans la politique au retour à l’emploi qu’il défend. S’il propose une «formation aux chômeurs qui n’ont pas de perspective de retour rapide à l’emploi», celle-ci est suivie d’une «obligation d’accepter tout emploi, sous peine de perdre leurs allocations» et de l’introduction de sept heures d’activité d’intérêt général par semaine pour les titulaires du RSA. Une réduction des charges sociales des salariés (entre 1000 et 1400 euros nets par mois) est néanmoins prévue pour les entreprises. Quant à la laïcité, elle demeure le thème le plus consensuel chez les candidats à la présidentielle, à l’exception notable, là encore, du leader du Front de gauche qui promet l’abolition du concordat en Alsace-Moselle car «cette loi fondamentale de notre République a vocation à s’appliquer à tout le territoire national». François Hollande propose l’inscription de la loi de 1905 dans la Constitution (l’adjectif «laïc» y figurait déjà) et du concordat pour l’Alsace et la Moselle. Chez François Bayrou, le statu quo demeure puisque la laïcité est la «pierre angulaire» de la société française alors que Nicolas Sarkozy ne s’est pas positionné directement sur le sujet.
Paris

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