Par Maud Druais | jeu, 17/05/2012 - 15:56
Mots clés : Coopération Brésil-Turquie, Plan d'action de partenariat stratégique, échanges commerciaux, Ersin Erçin, Economie
Bien que les échanges entre la Turquie et le Brésil soient encore faibles par rapport à leur balance commerciale respective, la Turquie important en provenance du Brésil à hauteur de un milliard de dollars en 2009 sur un total de 195 milliards, ces deux pays émergents travaillent pourtant depuis 2009 à un rapprochement fondé sur un exceptionnel potentiel économique.
La Turquie et le Brésil ont au moins un point commun. Ce sont deux Etats en pleine ascension politique, économique, qui servent de points de chute aux investisseurs étrangers. C’est ainsi qu’en 2009, la Turquie est déclarée par le président brésilien Lula da Silva «pays d’ancrage» dans les Balkans, la région du Caucase, en Méditerranée et au Moyen Orient. En retour, la Turquie considère également le Brésil comme le pays de référence qui l’ouvrira à l’ensemble du continent sud-américain. «Notre objectif est d’atteindre dix milliards de dollars d’échanges commerciaux» explique Ersin Erçin, ambassadeur de la Turquie au Brésil. «Nous pouvons y parvenir très rapidement», poursuit-il. En effet, les rencontres officielles se multiplient pour intensifier la coopération économique – mais pas seulement – entre les deux Etats. La Turquie espère augmenter ses exportations en direction du Brésil, qui représentaient 400 millions de dollars il y a trois ans (sur 141 milliards) : aujourd’hui, elle vend surtout de l’agroalimentaire – comme des fruits secs, sa spécialité – mais aussi du fer, de l’acier, des composants automobiles, à hauteur de 111 millions de dollars. Elle espère également investir au Brésil, dans des secteurs potentiellement porteurs comme l’agriculture biologique, les énergies alternatives, les infrastructures.
Une confiance mutuelle
Les relations entre les deux pays se sont intensifiées depuis 2009. Pour M. Erçin, «la Turquie avait besoin d’améliorer ses relations en dehors des pays avec qui elle avait des liens conventionnels, et entrer sur de nouveaux marchés». En 2010, ce rapprochement s’est concrétisé par la signature de sept accords entre les deux pays, dans le cadre du Plan d’action de partenariat stratégique, qui porte sur des domaines allant de «la politique à l’économie et au commerce, de la défense à l’énergie et de la recherche scientifique à la collaboration académique». Les avantages d’un tel partenariat sont multiples pour la Turquie : le Brésil est un pays immense, qui dispose de nombreuses ressources naturelles et surtout, c’est un Etat en pleine ascension économique. Il a vocation à devenir influent au sein du concert des nations. Les intérêts sont réciproques puisque, compte-tenu de la stabilité de la Turquie dans la région, elle est, pour le diplomate, «le seul pays avec lequel peut coopérer le Brésil». Ce partenariat montre une réorganisation des alliances au niveau mondial, alliances qui vont avec l’émergence de nouvelles puissances.
Paris
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