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La culture islamique inspire les artistes contemporains

La deuxième édition de l’exposition collective « Jameel Prize » à l’Institut du monde arabe a permis de mettre en lumière les formes contemporaines de l’art islamique. Celles-ci, loin de s’inscrire dans une rupture avec les racines traditionnelles de l’art musulman ont su, à l’image de l’œuvre du lauréat Rachid Koraïchi, s’en inspirer et les réinventer avec une touche très personnelle.

Du 6 décembre 2011 jusqu’au 26 février 2012, l’Institut du monde arabe accueille la deuxième édition de l’exposition collective « Jameel Prize » avec une pléiade d’artistes et de designers contemporains originaires de pays aussi divers que le Pakistan, les Etats-Unis, l’Algérie, l’Iran, l’Egypte ou le Canada. Cette exposition met en évidence la richesse des échanges des pratiques contemporaines et l’héritage artistique de l’Islam, et offre une réflexion passionnante sur la multiplicité des formes d’expression des artistes mis à l’honneur.

Existe-t-il un art contemporain islamique ?
Les designers ont adopté des idées et des techniques de ce passé (calligraphie, poésie, architecture, sculpture, peinture, façonnage de vêtements, assemblage de pièces ou mosaïque de miroirs...) pour créer des œuvres attirantes et nouvelles, témoignant d’une civilisation inégalable et d’une culture islamique surprenante. M. Ahmed Mohammed Issa, expert en histoire, en art et en culture islamique, considère à ce propos que ce qui détermine l’art contemporain islamique, « ce sont les modèles artistiques que l’artiste musulman pratique et dont il s’inspire. » « En peignant dans toutes les régions de la oumma islamique, nous le faisons avec la conviction profonde que c’est permis et nécessaire pour notre nation, pour sa sécurité et son contrôle de soi. C’est comme de garder nos origines » explique-t-il. Partant de leur propre idée-projet, les artistes ont utilisé aussi bien le miroir brisé (Monir Shahroudy Farmanfarmaian) que le feutre de Béta Ghezalayagh, ou la brique rouge (Noor Ali Shagani) ou encore les anciens journaux et cartons (Hazem el Mestikawy) pour donner « vie » à leurs produits, lumière à leur art et avenir à une culture islamique porteuse d’un savoir-faire ancestral. Le lauréat de cette édition 2011 est l’artiste plasticien et calligraphe algérien Rachid Koraïchi avec sa sélection de bannières en tissu brodé, d’une série intitulée « Les Maîtres invisibles », ornée de multitude de figures (Lune, rond, carré, étoile) et de poèmes d’Ibn al Arabi, Rabia al Adawiyya.

S’inspirer du patrimoine des nations
L’artiste, qui recourt à différents supports et techniques, dont la soie, le parchemin, l’argile, le granit, la gravure et la lithographie, « se sent libre d’utiliser tous les supports qui jalonnent l’entier parcours existentiel de l’islam. » Et sur ses grandes bannières, Rachid Koraïchi a déclaré : « Mais une “culture vivante” est le mieux exprimée avec les mains. » L’imagerie et la composition de ces six immenses bannières sont très serrées, mais la présence de la main de l’artiste algérien leur donne de la chaleur. « Quand on parle d’une tradition artisanale islamique, nous ne parlons pas de l’art du 19e siècle qui a eu lieu dans un atelier d’artiste et sur la toile. Ici, nous parlons de choses qui sortent de la vie quotidienne. Ce n’est pas un monde dans lequel l’artiste vit à part », poursuit-il. Son art est profondément inspiré par les maîtres soufis et puise dans le fond de la culture arabe et de la calligraphie. Ce « Prix Jameel 2011 » est placé sous le patronage de Zaha Hadid, architecte américano-irakienne créatrice du Mobil Art implanté sur l’esplanade du Parvis de l’Institut du monde arabe. Au Maghreb comme au Machreq, l’art islamique contemporain vit, respire et s’inspire du patrimoine des nations. Besoin vital, tradition artisanale et nécessité culturelle, cet art devient vite source de fascination et d’information inépuisables.

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