La décroissance contre le culte de la consommation

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En fondant les rapports humains et environnementaux sur la notion pernicieuse de développement, la modernité n’a pas assurer le bonheur de l’homme comme elle le prétendait. Pour les partisans de la décroissance, qui critique cette orientation à l’instar de l’économiste Serge Latouche, « Le développement n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux en marchandises ».

Perte du triple A, déficit de la balance commerciale, endettement|: pas une semaine sans que l’un ou l’autre de ces maux qui accablerait la France et l’Europe ne viennent frapper l’oreille du citoyen lui suggérant dans le même temps les solutions à adopter pour y remédier: relance de la consommation et stimulation de la croissance. Croissance|! Le mot magique est prononcé. Et si la solution qu’on nous propose précisément, depuis tant d’années, ne participait pas elle-même du mal et non du remède. Cette thèse, plus connue sous le nom de décroissance, pourrait nous en convaincre et a ses nombreux adeptes. Développée par de grands auteurs comme l’économiste Serge Latouche, la décroissance est une théorie critique sur les fondements philosophiques et économiques sous-jacents à l’évolution du mode de production et de vie qui caractérisent la modernité. Elle dénonce sur la base d’une vision éthique de l’existence et d’une conception des besoins humains fondés en nature, loin des artifices du marketing publicitaire, les dérives de la société de consommation et sa fausse prétention à assurer le bonheur de l’homme.

Réduire l’homme à l’état de marchandise
Dans l’un de ses article publié sur le site www.citoyen.eu.org, Serge Latouche aborde très précisément cette question centrale de la surconsommation. « Notre surcroissance économique dépasse déjà largement la capacité de charge de la terre » écrit-il, mettant en garde contre les conséquences néfastes de ce processus anarchique. « Si tous les citoyens du monde consommaient comme les Américains moyens les limites physiques de la planète seraient largement dépassées » ajoute-t-il. Pour l’économiste français, la cause structurelle de ce mal-vivre humain est directement liée à la notion même de croissance et de développement qui vise à terme ni plus ni moins à réduire l’homme à l’état de marchandise commercialisable. « Le développement n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises » explique-t-il.

 

Vildan Sarikan, une traductrice franco-turque diplômée en ressources humaines, fait partie de ceux qui ont été séduits par les thèses soutenues par la décroissance. Pour Vildan, « L’orientation actuelle de l’économie cause du tort à l’homme ». « Le danger est beaucoup plus sournois dans les pays riches, parce qu’on a moins de recul sur notre propre consommation » dit-elle, estimant qu’ « En donnant la main à la consommation, on en a perdu le bras ». La jeune femme a d’ailleurs déjà tiré les conclusions de cette réflexion dans son rapport  personnel et matériel à l’argent. « L’argent ne fait pas le bonheur. Je préfère en avoir peu et être bien dans ma tête plutôt qu’en avoir beaucoup et stresser toute la semaine » confie-t-elle.

Mimoun Ennebati, père de trois enfants et président de l’association Alif à Dreux, partage lui aussi les préoccupations des décroissants. « Je suis personnellement très proche des partisans de la décroissance » reconnait-il. « Ma foi m’a appris a être modéré dans toute chose, aussi bien spirituelle que matérielle » explique Mimoun même s’il demeure « très sceptique sur la mise en place de ces valeurs en Europe ». « Nous somme tombés dans un cercle vicieux qui consiste a faire croire aux Français que plus ils consomment, plus ils sont modernes » ajoute le responsable associatif de Dreux.

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