Par Redaction | jeu, 07/06/2012 - 19:29
Mots clés : zero probleme, Ahmet Davutoglu, alliance des civilisation, diplomatie du multilateral, scene internationale, International

La Turquie est devenue un acteur diplomatique incontournable au sein de la scène politique internationale. A l’image du Forum global pour la lutte contre le terrorisme ou de la Conférence des amis de la Syrie, elle imprime de plus en plus sa marque sur les orientations diplomatiques mondiales.
Il se passe rarement une semaine sans que la Turquie, et sa plus belle vitrine Istanbul, n’accueillent une grande conférence diplomatique, un agenda chargé qui témoigne de l’impatience des dirigeants turcs de peser sur la scène mondiale par un rôle de facilitateur. La semaine dernière, Istanbul accueillait la Conférence des partenaires de l’Alliance des civilisations, un forum créé par la Turquie et l’Espagne et la Conférence internationale sur la Somalie. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a également participé au Forum économique mondial, dans la même Istanbul qui accueillait les 7 et 8 juin le «Forum global pour la lutte contre le terrorisme», dont la première édition avait eu lieu à New York l’an dernier. «La Turquie assure, dans un cadre magnifique, un rôle de facilitateur qui est très utile, et le fait est reconnu par tout le monde», estime l’analyste Marc Pierini, ancien chef de la délégation de l’Union européenne à Ankara. Les raisons géopolitiques, alliées aux ambitions du régime de M. Erdogan, abondent pour expliquer le caractère incontournable de la Turquie et son rôle de carrefour diplomatique.
L’extinction du «zéro problème»
Il y a moins de deux ans, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu vantait encore les mérites de sa diplomatie du «zéro problème» avec les voisins de la Turquie. Les relations politiques allaient bon train avec certains pays arabes comme la Libye et la Syrie. Mais cette coopération a cessé brutalement avec le printemps arabe. M. Davutoglu n’en a pas moins poursuivi une «diplomatie du multilatéral», explique l’analyste Sinan Ülgen. «Il joue sur le fait que la Turquie est à la fois un pays musulman et membre de l’Otan, une plaque tournante avec des frontières en Europe et en Asie, il veut faire de la Turquie un acteur qui pèse lourd», ajoute-t-il. Jusqu’en Somalie. Ankara a fait de ce pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile l’emblème de sa diplomatie. «Notre intention était d’attirer l’attention de l’opinion publique mondiale sur cette tragédie», déclarait M. Davutoglu dans le journal Hürriyet Daily News. Après l’extinction du «zéro problème», «la Turquie a lancé une nouvelle politique : devenir indispensable sur tous les dossiers», commente Bertrand Badie, professeur en relations internationales à Paris. «C’est le propre des diplomaties émergentes, elles ont un pied dans le sud, un pied au nord. C’est la diplomatie du grand écart, qui donne une forte capacité d’action», ajoute-t-il.
Paris
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