Par Redaction | ven, 01/06/2012 - 11:22

Après la nomination de plusieurs ministres issus de la diversité au gouvernement, c’est à l’Assemblée nationale que pourrait se poursuivre le processus destiné à rééquilibrer la représentativité de la société française. Pour le PS, comme pour l’opposition, réserver des circonscriptions aux Français issus de l’immigration est devenu l’un des enjeux des législatives.
Après sa représentation à un niveau inédit dans le gouvernement Ayrault, la diversité pourrait franchir aux législatives de juin les portes de l’Assemblée nationale, jusqu’ici très «blanche» avec aucun élu en France métropolitaine d’origine africaine ou maghrébine. Lors des dernières élections législatives, on comptait 15 élus de couleur parmi les 22 députés et désignés dans les collectivités d’Outre-mer et une seule sur les 555 députés de la métropole. Il s’agissait de l’Antillaise George Pau-Langevin, aujourd’hui ministre déléguée chargée de la Réussite éducative. Un nombre record de candidats issus de la diversité s’étaient pourtant présentés à ce scrutin de 2007, mais seule une poignée d’entre eux étaient en position éligible. Pour les élections de juin, le Parti socialiste a désigné 25 candidats issus de la diversité, dont dix dans de «bonnes» circonscriptions, c’est-à-dire susceptibles d’entrer à l’Assemblée nationale. «Aujourd’hui il y a une seule élue, George Pau-Langevin, qui est aujourd’hui ministre. Nous aimerions arriver à au moins dix», a expliqué Martine Aubry, première secrétaire du PS. Le PS a notamment «gelé» des circonscriptions réservées à des candidats de la diversité. Dans la 10e circonscription de l’Essonne, réservée à un candidat de la diversité, c’est un vote des militants qui a désigné Malek Boutih au détriment de Fatima Ogbi. Cette dernière était suppléante du député sortant Julien Dray. «Je n’ai jamais joué de ma diversité pour obtenir quelque avantage que ce soit. J’ai toujours tenu à ce qu’on me juge sur mes qualités», déclarait alors Fatima Ogbi.
La diversité progresse, la parité recule...
Le vote serré (154 voix contre 156) a désigné Malek Boutih qui voit dans ces désignations de candidats de la diversité «un signe du PS de leur reconnaissance citoyenne». «Ce qui avait été vécu pendant des années comme un handicap en politique, ne l’est plus», estime l’ancien dirigeant de SOS Racisme. Dans l’opposition, à l’UMP, on compte une quinzaine de candidats de la diversité sans qu’il y ait de «circonscription réservée». Un nombre qui «augmente d’année en année», assure-t-on au sein du parti, même si la plupart des candidats de couleur sont dans des circonscriptions difficilement gagnables pour la droite. Au MoDem, on annonce «10 % de candidats issus de la diversité». Ajoutons qu’avec seulement 40 % de femmes candidates aux législatives, la parité régresse par rapport à 2007 où les femmes avaient été 41,6 % à briguer un siège de député.
Paris
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