La France perd le marché des puces pour les passeports turcs

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La société Gemalto qui appartient au fonds souverain français vient d’être écartée de l’important marché turc des puces électroniques destinées aux passeports. Une décision de l’Autorité des marchés publics de Turquie officiellement justifiée par la défaillance des puces françaises mais qui pourrait être l’une des conséquences de la loi sur les génocides. 

L’Autorité des marchés publics (KIK) a récemment annulé le contrat de 7,5 millions d’euros accordé à la société Gemalto N.V. pour la fourniture de puces électroniques destinées aux passeports turcs. La décision fait suite à des informations selon lesquelles le produit présenterait des failles en matière de sécurité. Basée à Amsterdam, la société Gemalto est spécialisée dans la sécurité numérique. Son principal actionnaire est le fonds souverain français. Le Fonds stratégique d’investissement (FSI) détient en effet la plus grande participation, de l’ordre de 8,4 %, pour une valeur de 160 millions d’euros. Le 12 janvier dernier, Gemalto et son partenaire turc Mozaik Yazilim Is Ortakligi avaient remporté l’appel d’offres, face à quatre autres candidats : IRIS Technologies (Malaisie), Teknoser Bilgisayar A.S. (Turquie), Smartrac Technology (USA) et Arjo Wiggins (France). Le contrat, qui porte sur la production de 5 millions de puces au cours des dix années à venir, devait être signé avec Gemalto peu de temps après que la société ait remporté l’appel d’offres. 
 
Des critères de sécurité non respectés 
L’hypothèse néanmoins a été émise que les codes employés dans la puce électronique Gemalto ont été cassés et seraient donc inefficaces. Ces critiques ont suscité les vives préoccupations d’Ankara. Une enquête a été ouverte par le Conseil de la recherche scientifique et technologique de Turquie (TÜBİTAK) qui a conclu que le système de puce numérique Gemalto était effectivement défaillant. Les puces des passeports turcs ont été produites entre 2005 et fin 2011 par la société malaisienne IRIS et son partenaire turc Kunt. Le 22 décembre 2011, un nouvel appel d’offres a été lancé, qui exigeait que les puces destinées aux passeports turcs soient conçues pour résister à d’éventuels piratages. Le modèle de puce proposé par Gemalto, l’Infineon SLE 66 n’aura donc pas répondu aux critères de sécurité. L’Autorité des marchés publics (KIK) devrait maintenant offrir le marché à IRIS, Gemalto disposant par ailleurs de deux mois pour faire appel devant les tribunaux turcs. En janvier, certains milieux avaient même émis l’hypothèse que le gouvernement turc pouvait avoir annulé le contrat dans l’intention de nuire à la France, dans un contexte de tension entre les deux pays, suite à l’approbation par Paris d’un projet de loi criminalisant la négation du «génocide» arménien. 
Ankara

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