Par Nicolas Theodet | jeu, 12/04/2012 - 15:10

A l’occasion du Festival de la tulipe créé par la ville d’Istanbul pour rendre hommage à cette fleur typique de la Turquie, et qui se déroulera du 15 au 30 avril dans les jardins des palais impériaux du Bosphore, quelques rappels historiques s’imposent. La tulipe, fleur rouge ou jaune généralement associée à la Hollande, tire pourtant son origine de la Turquie. Le mot vient d’ailleurs du turc tülben, le même qui a donné le français turban. Elle fut découverte dans le courant du XVIe siècle. Si on attribue à Charles l’Ecluse son introduction en Occident, c’est en1554 qu’un certain Augier Ghislain de Busbecq, savant botaniste flamand et ambassadeur d’Autriche décide d’expédier à Vienne des graines de tulipe qu’il découvrit en Turquie quelques années auparavant. En 1593, un ami d’Augier Ghislain de Busbecq introduit cette fleur en Hollande en vendant sa collection personnelle de tulipes. Utilisées pendant plusieurs siècles comme élément décoratif de l’art turc, elle donna plus tard son nom à une époque, «l’ère des tulipes», qui correspond à la période de 1703 à 1717. Passionné par cette fleur, Soliman le Magnifique lui consacrera de nombreuses fêtes. Lors d’un voyage à Istanbul, Georges Sandys, un voyageur colonialiste et poète anglais, déclara ainsi qu’«on ne peut pas sortir dans la rue sans que des derviches ou des janissaires vous offrent des tulipes». Venant de Perse, la fleur est très présente au sein des contes de Mille et une nuits où sa couleur rouge symbolise l’amour éternel. La tulipe panachée symbolise l’admiration, tandis que la jaune, représente l’amour sans espoir.
