Par AFP | mer, 11/01/2012 - 02:05

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi les dirigeants des différents groupes politiques et religieux irakiens à écouter leur conscience pour empêcher que les tensions interconfessionnelles dans leur pays ne se transforment en un conflit fratricide.
J'appelle tous nos frères irakiens, quelle que soit leur confession ou leur origine ethnique, à écouter leur conscience, leur raison et leur coeur, a déclaré M. Erdogan à Ankara au cours d'une réunion de son groupe parlementaire, réagissant à diverses attaques meurtrières visant des civils en Irak ces derniers jours.
J'invite de la même façon les dirigeants irakiens, les chefs religieux irakiens, les leaders de factions, les pays qui tentent d'exercer une influence en Irak à se comporter avec bons sens et de manière responsable. La dernière chose que nous souhaitons voir en Irak est un nouveau conflit fratricide, a-t-il dit.
M. Erdogan a averti, sans les désigner, les pays qui attisent les divisions confessionnelles et les conflits en Irak, qu'ils seraient tenus pour responsables de chaque goutte de sang versé et que cette tache perdurerait à travers l'histoire.
Dans la soirée, le Premier ministre turc a fait part de ses inquiétudes à son homologue irakien Nouri al-Maliki au cours d'un entretien téléphonique, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
La démocratie sera affectée négativement si les doutes ressentis par les partenaires de la coalition (gouvernementale) se transforment en animosité, a-t-il déclaré, selon Anatolie.
M. Erdogan a notamment appelé Bagdad a prendre des mesures pour faire baisser la tension autour du procès du vice-président irakien, Tarek al-Hachémi, et pour assurer que celui-ci soit jugé sans pressions politiques.
L'Irak traverse une grave crise politique qui a ravivé les tensions entre sunnites et chiites depuis que le bloc parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites, a entrepris à la mi-décembre de dénoncer en termes très forts les méthodes autoritaires du chiite Nouri al-Maliki.
Le lancement fin décembre d'un mandat d'arrêt contre M. Hachémi, un sunnite, accusé d'avoir orchestré des attentats et qui s'est réfugié au Kurdistan irakien, a encore attisé les tensions.
Les attentats se sont par ailleurs multipliés en Irak au cours de derniers jours alors que des millions de pèlerins chiites convergent vers la ville sainte de Kerbala pour les célébrations annuelles de l'Arbaïn, un deuil religieux commémorant la mort en 680 de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet et figure essentielle de l'islam chiite.
Jeudi dernier, des attentats visant des chiites à Bagdad et dans le sud de l'Irak ont fait 70 morts et plus de 100 blessés, le plus lourd bilan depuis août.
La Turquie, voisine de l'Irak, a déjà exprimé samedi son inquiétude face à un risque de guerre interconfessionnelle en Irak touchant toute la région, alors que les derniers soldats américains se sont retirés le 18 décembre de ce pays.
