Par Redaction | jeu, 09/02/2012 - 14:57

Dans une interview accordée à la version anglophone d’Al Jazeera, le ministre des Affaires européennes Egemen Bagis a affirmé que la Turquie pourrait reconnaître le qualificatif de « génocide » aux événements de 1915 si des études historiques fiables le démontrait.
Le ministre turc des Affaires européennes Egemen Bagis, a déclaré samedi 7 février à l’antenne de « Talk to Al Jazeera », l´un des programmes de la radio d´information anglophone Al Jazeera que si les affirmations, selon lesquelles la déportation des Arméniens en 1915 a constitué un « génocide », pouvaient être appuyées par des preuves historiques, la Turquie présenterait des excuses. « S´il est reconnu comme une réalité prouvée scientifiquement, mais de manière unanime, alors pourquoi pas ? », a-t-il affirmé. Egemen Bagis a aussi souligné que toute nation connaissait des temps sombres dans son histoire, et a posé cette question : « Seriez-vous capables de citer un seul pays qui n´a connu aucun chapitre noir dans son passé ? ». Pour le ministre turc des Affaires européennes, il faudra ouvrir un débat objectif pour déterminer si ces évènements constituent un « génocide » ou non.
L’Arménie ne joue pas le jeu
Egemen Bagis a également souligné le manque de courage du gouvernement arménien qui ne se confronte pas à sa propre histoire, puisqu´il refuse l´accès à ses archives historiques. Le ministre turc faisait notamment référence au rejet arménien de la proposition turque de discuter publiquement des documents d´archives provenant des deux parties. Evoquant par ailleurs la loi récemment adoptée par le Sénat français, Egemen Bagis a déclaré que ce texte était « nul et non avenu » au regard de la Turquie. L´Arménie soutient toujours que la déportation d´Arméniens en 1915 par les Ottomans a constitué un génocide au cours duquel 1,5 million d´Arméniens ont été tués et déclare que cet évènement a représenté un acte de purification ethnique qu’elle veut faire reconnaître internationalement. La Turquie, déclare pour sa part que les tueries n´ont pas été perpétrées dans l´intention d´éradiquer une ethnicité particulière mais qu´elles étaient le résultat du contexte de la Première guerre mondiale. Ankara a également fait remarquer qu’autant de musulmans que de non musulmans sont morts pendant cette période.
