Par Redaction | ven, 17/06/2011 - 12:29

Avec une politique étrangère de plus en plus influente, le concept de « soft power » au coeur de la diplomatie turque s’est vu irrésistiblement hissé au devant de l’actualité. Le « soft power » signifie en fait « la profondeur de l’histoire de la Turquie. » La cohabitation de ce pays pendant des siècles avec les autres nations de la région permet de mieux comprendre certaines questions relatives au peuple turc. Dans les relations internes au monde turcophone, les écoles turques et la langue turque ont joué sans aucun doute un rôle médiateur de première importance. La culture comme vecteur de la politique extérieure de la Turquie représente aujourd’hui « une position et un ensemble de valeurs. » Ses objectifs les plus importants sont la paix, la compassion, les solutions diplomatiques, la dépendance économique mutuelle, les droits de l’homme, la promotion de la transparence et de la responsabilisation. L’application de ces piliers diplomatiques, tout comme la garantie la stabilité nationale, ne sont possibles que grâce au développement d’activités éducatives et culturelles.
Construire des ponts culturels
Les écoles fondées grâce aux efforts du peuple d’Anatolie jouent donc un rôle de locomotive dans la diffusion de la culture turque. D’après le TCS (examen d’entrée pour les turcophones dans les universités turques), dans le cadre de la démarche appelée « Grand Projet Etudiant » lancée par Ankara, de nombreux étudiants venus de 57 pays et communautés ont été intégrés dans des universités turques. Depuis juin 2010, 30.270 élèves étrangers sont venus en Turquie. Le but de ce projet est de créer un lien extérieur avec le monde turc, de faire en sorte que le Turc soit une langue commune, de développer une unité culturelle et de fournir une aide aux citoyens de ces pays pour une meilleure croissance. Aujourd’hui, 8.656 de ces étudiants sont diplômés et sont perçus comme des ambassadeurs d’honneur en Turquie. Un des autres projets dont Ankara a pris l’initiative est « le Projet Turcologie. » Fondé en 1999, il a pour but de propager la langue et la culture turque à long terme. Dans ce contexte, les universités prestigieuses des pays voisins coopèrent ensemble pour fonder des centres éducatifs comportant des sections de turcologie et de langue et littérature turque.
La TIKA, 1ere ambassadrice turque au monde
En outre, des universitaires turcs sont envoyés dans les universités des pays associés et un soutien matériel et documentaire est fourni aux universitaires locaux et aux nouvelles sections. L’agence de coopération développant ce lien entre peuples turcophones, la TIKA, a encore aujourd’hui 26 bureaux de coordination dans 23 pays différents. Elle constitue une des forces les plus importantes d’Ankara dans cette large zone géographique. Couvrant des domaines aussi variés que l’agriculture et la culture, l’éducation et les infrastructures, la TIKA mène un large éventail d’activités. La présidence de cette institution est aujourd’hui considérée comme un prestige. Le sous-secrétaire du MIT (service de renseignement turc) Hakan Fidan la présidait le semestre précédent, tandis que le dernier dirigeant Musa Kulaklıkaya a été nommé ambassadeur en Mauritanie. Un poste que Kulaklıkaya, qui n’est pas issu du milieu politique diplomatique, a obtenu par un travail ardu.
