Par Nicolas Theodet | jeu, 16/02/2012 - 16:10
Evénement emblématique de la vie politique française, le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France est pourtant moins consensuel qu’il n’y paraît. Des voix contestataires à gauche comme au centre, critiquent ce rassemblement communautaire qu’ils jugent non conformes aux valeurs républicaines.
« Je n’aime pas que la République s’implique dans des réunions communautaires », a déclaré Jean-Luc Mélenchon à l’encontre du dîner organisé par le CRIF mercredi 8 février. Pour celui-ci, la politique d’un pays est au-dessus de tout et ne doit pas se mélanger avec les lobbyings des minorités nationales, car « si Hollande et Sarkozy commencent avec le CRIF, demain il faudra aller à l’association des musulmans, ensuite à celle des Noirs, à celle des catholiques », a-t-il poursuivi. « La patrie appartient à tous, et ceux qui représentent le pays doivent s’astreindre à ce que, au-dessus de tout, il y a la République ». Une attaque ponctuée de mise en garde de la part du candidat : « Le CRIF sait à qui il a affaire avec moi. » Dans un style beaucoup moins direct, François Bayrou, candidat du Modem à la course aux élections présidentielles, partage cette critique de ce dîner auquel tout le personnel politique, dont la majorité du gouvernement, participe depuis des années. « J’ai beaucoup réfléchi à cette question depuis des années […], j’en suis arrivé à la conclusion que je ne devais plus participer à des réunions communautaires, quelle que soit la communauté qui invite », a-t-il expliqué à l’AFP. D’autant plus que le CRIF n’est pas vraiment neutre dans le choix de ses invités. Pour exemple, Eva Joly qui n’a pas été invitée à cause des positions des écologistes jugées très critiques à l’égard d’Israël.
Des interventions souvent polémiques
Le CRIF n’est pas à sa première critique. Au cours du mois d’octobre, il s’était fait remarquer pour son intervention lors de la diffusion de l’émission « Un œil sur la planète » de France 2, qui avait pour sujet « Un Etat palestinien est-il encore possible ? » qu’il critiquait pour son « parti pris violemment anti-israélien ». En mai 2011, le vice-président du Front national, Louis Aliot, s’était également plaint d’« insultes et de menaces » proférées à l’encontre de Marine Le Pen lors d’une visite à Montréal. « Une nouvelle fois, le président du très communautariste CRIF s’est permis d’insulter Marine Le Pen lors d’un déplacement à Montréal », avait-il écrit dans un communiqué.
