C’est en 1983 que tout commence. Presque trente ans plus tard, après un travail faramineux, la fondation turque des affaires religieuses (TDV) a réussi à achever son encyclopédie de l’Islam. Mise en place par le Diyanet, la TDV avait pour mission de conduire les recherches scientifiques, de publier, d’éditer et de traduire des travaux produits dans le monde musulman. La même année, elle rassemble un groupe d’académiciens et d’experts pour commencer une encyclopédie de l’Islam, la première en son genre à avoir été rédigée par des musulmans – presque tous turcs. Cette édition a vocation à remplacer les anciennes, toutes écrites par des orientalistes qui véhiculaient une vision à la fois fascinée de la civilisation islamique et erronée de l’islam.
Une entreprise fastidieuse et complète
Le projet a bénéficié du soutien du Centre des études islamiques (ISAM) et a permis de faire coopérer environ 2.000 académiciens, experts et intellectuels originaires du monde entier. Le premier volume a été édité en 1988, et l’encyclopédie compte aujourd’hui 43 volumes, le 44e (et dernier) devant paraître fin 2012.L’encyclopédie compte des dizaines de milliers d’entrées, que ce soit des sujets touchant purement à la théologie comme les hadith, le tafsir, la charia, ou encore des thèmes tels que la philosophie, la mystique soufie, l’histoire, la culture, la civilisation, la littérature des pays musulmans. En somme, un volume d’information monumental qui apporte une connaissance générale et complète sur le monde musulman. Pourtant, si le travail académique est en train de s’achever, la tâche reste encore longue : l’ISAM souhaite en effet faire traduire l’encyclopédie en anglais et en arabe.