Par Redaction | ven, 13/04/2012 - 14:42

Comment être à la fois l’ami de Washington et de Téhéran? Comment condamner le régime syrien que soutient l’Iran ? L’ambitieuse diplomatie turque fait le grand écart, une posture qui peut être risquée, comme le montre le dossier nucléaire iranien. L’Iran a fait savoir mercredi qu’il souhaite tenir en Irak, et non plus à Istanbul, les discussions prévues mi-avril avec les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé. «La Turquie est désormais exclue (par) le Parlement et le gouvernement (iraniens). Nous avons proposé Bagdad et si l’autre partie l’accepte, ce sera Bagdad», a déclaré le chef de la Commission des Affaires étrangères au Parlement iranien, Allaeddine Boroujerdi. Le choix d’Istanbul avait été annoncé par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton pour ces discussions entre l’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). La Turquie, puissance économique émergente, pays musulman membre de l’Otan, mène une diplomatie hyper-active. Le pays avait accueilli les précédentes discussions sur le nucléaire iranien, en janvier 2011, montrant sa disposition à agir en honnête courtier entre son voisin iranien et les Occidentaux, qui soupçonnent l’Iran de préparer l’arme nucléaire. Les Iraniens, qui défendaient il y a encore une semaine Istanbul comme le meilleur endroit pour renouer ces discussions, veulent-ils punir la Turquie pour avoir accueilli dimanche, dans la même ville d’Istanbul, la Conférence des Amis de la Syrie, qui a apporté son soutien à l’opposition syrienne ?
