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Le magazine Hira : une voix turque dans le monde arabe

 

Depuis son lancement en 2005, le magazine Hira tisser des liens culturels et intellectuels entre le monde arabe et la Turquie. Publié au Maghreb, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique et en Australie, Hira est également un pont dans les milieux d’affaires turco-arabes.

 

Depuis six ans, le magazine Hira se fait un devoir de rapprocher la Turquie et le monde arabe. Plus une plate-forme qu’un magazine, Hira n’est pas très populaire en Turquie où seulement 3.000 exemplaires sur les 40.0000 imprimés sont vendus. Ce qui n’est pas le cas dans les pays arabes où la revue à un certain succès depuis cinq ans. Avec l’organisation d’ateliers et de nombreux colloques, le magazine turc a déjà réuni plus de 2.500 spécialistes et intellectuels arabophones. Lancé en octobre 2005, la véritable histoire du magazine commence en 2000, lorsque la maison d’édition Darun Nil est créée pour éditer des ouvrages de Fethullah Gülen en langue arabe. Dans la même année, l’éditeur participe à une foire du livre en Egypte où son stand attire beaucoup de monde. Nevzat Savaş, le rédacteur en chef de Hira, s’en souvient très bien. « En Egypte, les gens demandaient si nous étions musulmans. Leur perception de la Turquie était totalement erronée » dit-il.

Promouvoir l’expérience turque

Le professeur Muhammad Imara, l’un des trois premiers chercheurs du monde islamique et l’auteur de 170 livres, a pu observer les nombreux changements de la société turque. « Nous avons fait fausse route ces cinq dernière décennies. Nous devons nous inspirer de la méthodologie du mouvement Gülen au lieu de gaspiller notre énergie dans des conflits politiques » explique-t-il. Organisant les visites des délégations arabes depuis 2002, Savaş note que la perception arabe de la Turquie était souvent réduite à un champ de problèmes centrés autour de la laïcité, de l’armée, des partis politiques et du voile. Par la suite, Farid al-Ansari, Taha Abderrahmane, Sahid al-Bushi et Mustafa Ben Hamza, d’éminents spécialistes marocains, ont déclaré apprécier la transformation démocratique que la Turquie a subi. Le professeur Imara demande ainsi la création d’un organisme pour promouvoir l’expérience turque dans le monde arabe avec la participation d’au moins 100 chercheurs en provenance de Syrie, du Maroc, d’Algérie ainsi que d’autres pays arabes. De ce point de vue, le dynamisme intellectuel de la revue est très présent. Le magazine Hira a notamment déjà organisé plusieurs congrès et des conférences dans un certain nombre de pays étrangers dont l’Egypte, le Maroc, l’Algérie, l’Arabie saoudite, l’Australie ou le Sénégal. Mais au-delà de l’aspect éditorial, cette publication est aussi un pont entre les hommes d’affaires turcs et arabes. Un homme d’affaire arabe inspiré par un article de Hira a fait don d’une grande quantité de terres pour la construction d’une école à Aden, au Yémen. Une quantité substantielle de l’investissement a été faite pour construire un énorme bâtiment universitaire et des mesures ont été prises pour ouvrir cinq autres écoles grâce à des dons de philanthropes marocains. Le magazine Hira, qui agit comme une plate-forme pour œuvrer en faveur d’un esprit commun, est un espace de contribution pour les écrivains et les intellectuels aussi bien arabes que turcs.

Un magazine bientôt mensuel

Par ce travail, il cherche à servir une voix commune qui mobilise les peuples du monde arabe. En Turquie, Hira fait appel à ceux qui s’intéressent à la religion et à la langue arabe. Les lecteurs turcs, qui voudraient établir des liens avec des universitaires du monde arabe, reçoivent des recommandations du magazine précisant l’aide que peut apporter tel professeur en fonction de leur domaine d’intérêt. A ce jour, plus de 150 étudiants arabes sont venus en Turquie pour suivre des programmes éducatifs (www.hiramagazine.com). Initialement publié en tant que trimestriel, le magazine Hira va bientôt passer à une périodicité mensuelle. Le nombre d’exemplaires vendus dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient est, notamment, de 10.000 en Arabie saoudite, de 7.000 en Egypte, de 5.000 au Maroc et de 4. 000 au Yémen. Le magazine suscite un intérêt croissant au Soudan, en Algérie, en Jordanie, en Syrie, au Liban et en Mauritanie. Il est en outre largement lu au Pakistan, en Malaisie et en Indonésie. Le magazine est imprimé en Turquie, en Egypte et au Maroc.

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