Le poids politique des Franco-turcs, en France comme en Turquie

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Contrairement aux Franco-maghrébins, les Turcs de France ne peuvent actuellement voter pour les élections, législatives ou autres, qui se déroulent en Turquie. Ainsi, les plus fervents partisans de tel ou tel parti font habituellement le déplacement pour aller voter à l’aéroport. Mais la situation va changer en 2014 puisqu’une loi adoptée par le Parlement leur permettra d’accomplir leur acte civique en France, au consulat ou à l’ambassade de Turquie. Le nouveau système qui consiste à installer des urnes dans les missions diplomatiques sera en effet mis en place pour les prochaines, et premières, élections présidentielles. Portée par le gouvernement, la mesure va permettre à des dizaines de milliers de Franco-turcs de se prononcer aussi pour les élections de leur pays d’origine. L’AKP est sans doute conscient que, compte tenu des origines socioculturelles et des inclinations politiques de la diaspora, cette nouvelle possibilité représente un atout électoral non négligeable. Cependant, l’opposition n’a pas véritablement marqué de réticences vis-à-vis de cette nouveauté, que l’on voit plutôt de part et d’autre comme une avancée sur le plan du droit démocratique élémentaire qu’est celui de pouvoir voter. Plus généralement, la mesure dénote surtout une prise de conscience de la part du pouvoir de l’importance politique des Turcs de la diaspora. Il y a quelques mois, les dirigeants de l’Union des démocrates turcs d’Europe (UETD) avaient d’ailleurs présenté à Burhan Kuzu, président de la commission parlementaire constitutionnelle de Turquie, un document soulignant la nécessité d’inclure les six millions de Turcs européens dans le processus rédactionnel de la nouvelle Constitution. Et plus récemment les Franco-turcs avaient montré durant les débats autour de la loi sur les génocides à quel point ils pouvaient s’organiser, malgré les clivages en tous genres, pour défendre leurs convictions politiques. Tout laisse à penser que, conscient jusque-là du poids économique des Turcs d’Europe, le pouvoir réalise de plus en plus leur importance politique, qui, dans ce contexte électoral en France, va de pair avec un rebond citoyen qui portera sans doute ses fruits en Turquie comme en France.

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