Le rassemblement silencieux contre l’extrémisme ne fait pas grand bruit

Version imprimable

Reporté au 29 avril pour toucher plus de monde, un rassemblement silencieux contre le radicalisme religieux n’a rassemblé qu’une centaine de personnes. Abdel Ghazali, président de l’Institut des peuples, se dit toutefois satisfait de la participation. 

Une manifestation organisée dimanche dernier sur la place de la Bastille pour «dire non au radicalisme religieux» n’a pu réunir qu’une centaine de personnes. Des drapeaux français collés sur leurs vestes sous une banderole «Ensemble contre le fanatisme», les manifestants ont observé une minute de silence en mémoire des «enfants de Toulouse et de Montauban», victimes de Mohamed Merah. Abdel Ghazali, président de l’association de l’Institut des peuples, explique que l’objectif était de mettre en avant les vraies valeurs de l’islam, soulignant qu’elles ne sont pas en contradiction avec la laïcité républicaine. Très critique à l’égard de l’amalgame entre terrorisme et islam, il voulait à travers ce rassemblement montrer l’attachement de l’islam aux valeurs d’amour et de paix. 
 
Le fanatisme religieux n’est pas propre à l’islam
Si une trentaine d’associations de musulmans ont invité pour cette manifestation «tous les Français de toutes origines, de toutes confessions, de tous bords politiques à venir les rejoindre», il semblerait que l’appel n’ait pas vraiment été entendu. La date, initialement prévue pour le 15 avril, avait pourtant été repoussée au 29 avril car le même jour étaient organisés les meetings des deux principaux candidats aux élections présidentielles. A la question du risque qu’une telle dénonciation du «radicalisme religieux» désigne encore une fois l’islam comme le principal responsable, en pointant les musulmans, Abdel Ghazali répond que, au contraire, c’est la stigmatisation de l’islam, contraire aux valeurs de la République, qu’ils entendaient aussi dénoncer. Il se dit pleinement conscient que le fanatisme religieux n’est pas propre à l’islam et du fait que le problème est également politique, économique et social, mais il lui semble important que des musulmans témoignent de leur opposition au radicalisme religieux. Il se dit d’ailleurs satisfait de la participation, en rappelant le contexte électoral et le pont du 1er mai.
Paris

A lire aussi: