Le silence des autorités françaises

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La réaction des gouvernements allemand et français, à la suite de la double attaque perpétrée contre les locaux des rédactions de Zaman Allemagne et Zaman France, a été marquée par la solidarité des premiers et le silence étonnant des seconds. Pour Jean-Philippe Maurer, vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie, « toute la lumière » doit être faite sur cet « attentat ».

L’incendie déclenché par le PKK à l’aide d’un cocktail Molotov contre les locaux de Zaman à Cologne a fait l’objet d’une mobilisation et d’une solidarité unanimes des ministres du gouvernement d’Angela Merkel. Pour Michael Neumann, ministre de l’Intérieur du land de Hambourg, « le Bureau fédéral pour la protection de la Constitution, la police, ainsi que toutes les forces de sécurité lutteront de toutes les manières possibles contre cette organisation dangereuse ». Tandis que Gundram Schneider, ministre de l’Intégration de Rhénanie du Nord-Westphalie, a présenté « au nom du gouvernement, toute notre tristesse à l’égard des dommages subis à cause de cette attaque ». « Nous sommes à vos côtés » ; « Nous n’avons aucune limite pour défendre la liberté de la presse » car « attaquer une rédaction est extrêmement grave », a-t-il déclaré. Cette mobilisation du gouvernement allemand tranche singulièrement avec le silence des autorités françaises qui ne se sont pas exprimés sur l’attaque des locaux de Zaman France par le PKK.

Un deux poids, deux mesures
En dehors de Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin et vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie qui « condamne avec la plus grande fermeté la troisième attaque consécutive en six mois perpétrée contre Zaman France » et qui a annoncé avoir saisi le ministre de l’Intérieur Claude Guéant pour que « toute la lumière soit faite sur les causes de cet attentat », tout en demandant que « des mesures de protection soient mises en place », aucune autre réaction majeure ne s’est faite entendre. Un silence difficilement compréhensible lorsqu’on sait que l’un des points de rapprochement entre Ankara et Paris est précisément la lutte contre le terrorisme, y compris celui du PKK, et que Claude Guéant avait fait le déplacement à Ankara il y a quelques semaines pour traiter de ce sujet. Le même Claude Guéant n’avait pas hésité, par ailleurs, à condamner avec raison il y a quelques mois l’incendie des locaux de Charlie Hebdo et à se rendre sur place pour exprimer son soutien légitime aux journalistes de l’hebdomadaire satirique. Un traitement dont Zaman France n’aura visiblement pas bénéficié.
 

Paris

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