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Jeudi, Février 23, 2012 - 10:46

Le silence des autorités françaises

La réaction des gouvernements allemand et français, à la suite de la double attaque perpétrée contre les locaux des rédactions de Zaman Allemagne et Zaman France, a été marquée par la solidarité des premiers et le silence étonnant des seconds. Pour Jean-Philippe Maurer, vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie, « toute la lumière » doit être faite sur cet « attentat ».

L’incendie déclenché par le PKK à l’aide d’un cocktail Molotov contre les locaux de Zaman à Cologne a fait l’objet d’une mobilisation et d’une solidarité unanimes des ministres du gouvernement d’Angela Merkel. Pour Michael Neumann, ministre de l’Intérieur du land de Hambourg, « le Bureau fédéral pour la protection de la Constitution, la police, ainsi que toutes les forces de sécurité lutteront de toutes les manières possibles contre cette organisation dangereuse ». Tandis que Gundram Schneider, ministre de l’Intégration de Rhénanie du Nord-Westphalie, a présenté « au nom du gouvernement, toute notre tristesse à l’égard des dommages subis à cause de cette attaque ». « Nous sommes à vos côtés » ; « Nous n’avons aucune limite pour défendre la liberté de la presse » car « attaquer une rédaction est extrêmement grave », a-t-il déclaré. Cette mobilisation du gouvernement allemand tranche singulièrement avec le silence des autorités françaises qui ne se sont pas exprimés sur l’attaque des locaux de Zaman France par le PKK.

Un deux poids, deux mesures En dehors de Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin et vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie qui « condamne avec la plus grande fermeté la troisième attaque consécutive en six mois perpétrée contre Zaman France » et qui a annoncé avoir saisi le ministre de l’Intérieur Claude Guéant pour que « toute la lumière soit faite sur les causes de cet attentat », tout en demandant que « des mesures de protection soient mises en place », aucune autre réaction majeure ne s’est faite entendre. Un silence difficilement compréhensible lorsqu’on sait que l’un des points de rapprochement entre Ankara et Paris est précisément la lutte contre le terrorisme, y compris celui du PKK, et que Claude Guéant avait fait le déplacement à Ankara il y a quelques semaines pour traiter de ce sujet. Le même Claude Guéant n’avait pas hésité, par ailleurs, à condamner avec raison il y a quelques mois l’incendie des locaux de Charlie Hebdo et à se rendre sur place pour exprimer son soutien légitime aux journalistes de l’hebdomadaire satirique. Un traitement dont Zaman France n’aura visiblement pas bénéficié.

La réaction des gouvernements allemand et français, à la suite de la double attaque perpétrée contre les locaux des rédactions de Zaman Allemagne et Zaman France, a été marquée par la solidarité des premiers et le silence étonnant des seconds. Pour Jean-Philippe Maurer, vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie, « toute la lumière » doit être faite sur cet « attentat ».

L’incendie déclenché par le PKK à l’aide d’un cocktail Molotov contre les locaux de Zaman à Cologne a fait l’objet d’une mobilisation et d’une solidarité unanimes des ministres du gouvernement d’Angela Merkel. Pour Michael Neumann, ministre de l’Intérieur du land de Hambourg, « le Bureau fédéral pour la protection de la Constitution, la police, ainsi que toutes les forces de sécurité lutteront de toutes les manières possibles contre cette organisation dangereuse ». Tandis que Gundram Schneider, ministre de l’Intégration de Rhénanie du Nord-Westphalie, a présenté « au nom du gouvernement, toute notre tristesse à l’égard des dommages subis à cause de cette attaque ». « Nous sommes à vos côtés » ; « Nous n’avons aucune limite pour défendre la liberté de la presse » car « attaquer une rédaction est extrêmement grave », a-t-il déclaré. Cette mobilisation du gouvernement allemand tranche singulièrement avec le silence des autorités françaises qui ne se sont pas exprimés sur l’attaque des locaux de Zaman France par le PKK.

Un deux poids, deux mesures En dehors de Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin et vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie qui « condamne avec la plus grande fermeté la troisième attaque consécutive en six mois perpétrée contre Zaman France » et qui a annoncé avoir saisi le ministre de l’Intérieur Claude Guéant pour que « toute la lumière soit faite sur les causes de cet attentat », tout en demandant que « des mesures de protection soient mises en place », aucune autre réaction majeure ne s’est faite entendre. Un silence difficilement compréhensible lorsqu’on sait que l’un des points de rapprochement entre Ankara et Paris est précisément la lutte contre le terrorisme, y compris celui du PKK, et que Claude Guéant avait fait le déplacement à Ankara il y a quelques semaines pour traiter de ce sujet. Le même Claude Guéant n’avait pas hésité, par ailleurs, à condamner avec raison il y a quelques mois l’incendie des locaux de Charlie Hebdo et à se rendre sur place pour exprimer son soutien légitime aux journalistes de l’hebdomadaire satirique. Un traitement dont Zaman France n’aura visiblement pas bénéficié.  

Mercredi, Février 22, 2012 - 16:22

De nombreuses réactions à l’échelle européenne

L’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe et de nombreux responsables européens se sont associés aux condamnations de l’attaque du PKK contre les locaux des journaux Zaman. Il s’agit clairement de réaffirmer pour eux la défense « des valeurs européennes ».

L’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) a dénoncé vendredi les récentes attaques contre les locaux du journal turc Zaman à Cologne (Allemagne) et Zaman France à Paris, et espère que les responsables seront poursuivis en justice. « Les attaques contre les bureaux du journal Zaman ne font pas que créer un climat de peur contre les personnes directement affectées, elles nuisent à la liberté des médias, en essayant de réduire au silence les journalistes », a regretté Dunja Mijatovic, représentante de l’OSCE pour la liberté des médias. Je suis soulagée que personne n’ait été blessé et que les autorités allemandes et françaises aient commencé des enquêtes. J’espère que les auteurs seront bientôt traduits en justice », a poursuivi Mme Mijatovic, citée dans un communiqué. Des condamnations auxquelles se sont associés de nombreux responsables politiques européens comme le commissaire à l’Elargissement de l’UE Stefan Füle qui a appelé les autorités françaises à traduire les responsables en justice.

Des retombées sur la question kurde Même son de cloche chez la député néerlandaise et démocrate-chrétienne Ria Oomen-Ruijten qui réaffirme l’importance de défendre les valeurs européennes. « La liberté de la presse et d’expression sont au cœur des valeurs européennes » a ainsi déclaré la député qui est aussi rapporteuse du Parlement européen sur la Turquie. Pour Ria Oomen-Ruijten, la terreur exercée par le PKK doit être fermement combattue et condamnée. La député européenne a notamment souligné la nécessité d’une plus grande collaboration sur ce plan entre l’UE et la Turquie. Enfin, Graham Watson, eurodéputé et président du groupe des Libéraux européens a qualifié ces attaques d’ « inacceptables ». M. Watson considère que cette surenchère du PKK pourrait avoir des conséquences néfastes sur la question kurde y compris en Europe et plaide pour une résolution rapide du conflit.

L’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe et de nombreux responsables européens se sont associés aux condamnations de l’attaque du PKK contre les locaux des journaux Zaman. Il s’agit clairement de réaffirmer pour eux la défense « des valeurs européennes ».

L’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) a dénoncé vendredi les récentes attaques contre les locaux du journal turc Zaman à Cologne (Allemagne) et Zaman France à Paris, et espère que les responsables seront poursuivis en justice. « Les attaques contre les bureaux du journal Zaman ne font pas que créer un climat de peur contre les personnes directement affectées, elles nuisent à la liberté des médias, en essayant de réduire au silence les journalistes », a regretté Dunja Mijatovic, représentante de l’OSCE pour la liberté des médias. Je suis soulagée que personne n’ait été blessé et que les autorités allemandes et françaises aient commencé des enquêtes. J’espère que les auteurs seront bientôt traduits en justice », a poursuivi Mme Mijatovic, citée dans un communiqué. Des condamnations auxquelles se sont associés de nombreux responsables politiques européens comme le commissaire à l’Elargissement de l’UE Stefan Füle qui a appelé les autorités françaises à traduire les responsables en justice.

Des retombées sur la question kurde Même son de cloche chez la député néerlandaise et démocrate-chrétienne Ria Oomen-Ruijten qui réaffirme l’importance de défendre les valeurs européennes. « La liberté de la presse et d’expression sont au cœur des valeurs européennes » a ainsi déclaré la député qui est aussi rapporteuse du Parlement européen sur la Turquie. Pour Ria Oomen-Ruijten, la terreur exercée par le PKK doit être fermement combattue et condamnée. La député européenne a notamment souligné la nécessité d’une plus grande collaboration sur ce plan entre l’UE et la Turquie. Enfin, Graham Watson, eurodéputé et président du groupe des Libéraux européens a qualifié ces attaques d’ « inacceptables ». M. Watson considère que cette surenchère du PKK pourrait avoir des conséquences néfastes sur la question kurde y compris en Europe et plaide pour une résolution rapide du conflit.  

Mercredi, Février 22, 2012 - 16:19

RSF dénonce une violation de la liberté de la presse

La double attaque des locaux de Zaman France et de Zaman Allemagne par des militants du PKK a fait l’objet d’une dénonciation totale de la part de Reporters sans frontières, la Fédération européenne des journalistes et l’Institut international de la presse, les principaux syndicats de presse, qui condamnent une grave violation de la liberté de la presse.

Reporters sans frontières (RSF), la Fédération européenne des journalistes (FEJ) et l’Institut international de la presse (IPI) ont condamné fermement les attaques menées quasi-simultanément contre les locaux de Zaman en Allemagne et en France, le 15 février 2012. « Nous sommes vivement préoccupés par la violence croissante des attaques subies par Zaman. Rien ne saurait justifier ces graves actes d’intimidation, qui auraient pu avoir des conséquences plus tragiques encore. Nous espérons que les enquêtes menées par les polices allemande et française permettront rapidement d’interpeller tous les auteurs et organisateurs de ces attaques », a déclaré l’organisation Reporters sans frontières. Pour RSF, « la presse turque doit cesser d’être assimilée aux acteurs politiques locaux ». « Le gouvernement ne saurait être ciblé à travers Zaman » a déclaré l’organisation qui s’inquiète de « constater que les journalistes paient de plus en plus fréquemment le prix physique de la polarisation persistante des médias turcs ». La Fédération européenne des journalistes (FEJ), pour sa part, parle d’« une nouvelle agression déplorable envers le journalisme et la liberté de la presse », selon Arne König, président de la FEJ. « Cette augmentation récente de la violence et des menaces envers les médias et les journalistes à travers l’Europe est gravement alarmante et doit être fermement condamnée », a ajouté Arne König. « Nous attendons des autorités françaises et allemandes qu’elles fassent tout leur possible pour traduire en justice les agresseurs et veiller à ce que la sécurité de Zaman et de ses employés soit garantie et ce, au nom de la liberté de la presse et de la liberté d’expression » a réclamé le président de la Fédération européenne des journalistes. Dans un communiqué, l’Institut international de la presse (IPI) a quant à lui demandé à travers son porte-parole, Anthony Mills, aux « autorités allemandes et françaises » de « mener des enquêtes rapides, transparentes et complètes ». « Nous répétons qu’il est tout à fait inacceptable de recourir à la violence contre des journalistes pour exprimer son désaccord politique avec eux », a insisté Anthony Mills. 

Mercredi, Février 22, 2012 - 16:11

3e attaque du PKK en six mois

La troisième attaque du PKK contre les locaux de Zaman France à Pantin, en région parisienne, extrêmement violente, a entraîné de nombreux dégâts matériels et choqué la rédaction de l’hebdomadaire. Ankara a aussitôt condamné cette attaque et réclamé « de réelles mesures » de Paris contre l’organisation terroriste.   Pour la troisième fois en six mois, des sympathisants du PKK ont vandalisé et violemment dégradé les locaux de notre journal Zaman France, situés à Pantin, dans la banlieue parisienne. Le mercredi 15 février 2012, vers 14h40, un groupuscule d’une quinzaine de personnes cagoulées s’est introduit par la force dans notre immeuble pour tout saccager et menacer physiquement et verbalement le personnel présent sur place. Malgré d’importantes dégradations (portes, fenêtres, écrans et mobiliers détruits), il n’y eut fort heureusement aucun blessé, contrairement à la fois précédente où un salarié avait été victime d’un coup de poing. Mais l’équipe du journal a profondément été choquée par cette agression, dont la date correspond au treizième anniversaire de l’incarcération du leader du PKK Abdullah Öcalan.

Ankara réclame une réaction française La brigade criminelle de Paris a été chargée de l’enquête. Arrivé sur les lieux peu de temps après l’attaque, l’ambassadeur de Turquie à Paris, Tahsin Burcuoğlu, a déclaré que l’impunité des responsables de ces actions les incitait à recommencer, en invitant les autorités à assurer la sécurité des Turcs et des Français d’origine turque vivant en France. Le même jour, un cocktail Molotov a été jeté dans les locaux de Zaman Allemagne dans la ville de Cologne. L’année dernière encore, les locaux du journal avaient été occupés le 18 octobre à Vienne, et un cocktail Molotov avait été lancé dans les locaux de Zaman à Londres le 30 octobre. Samedi dernier, c’est le bureau de Zürich en Suisse qui a subi une agression. Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a condamné vendredi ces attaques, réclamant des mesures urgentes pour protéger ses journalistes. « Nous condamnons fermement les attaques terroristes contre les bureaux du journal Zaman en Europe » a déclaré le ministre devant la presse. « Ces attaques ne visent pas seulement un journal très respecté, mais également la liberté de la presse en Europe », a-t-il dit, réclamant « de réelles mesures » pour prévenir de tels actes.

La troisième attaque du PKK contre les locaux de Zaman France à Pantin, en région parisienne, extrêmement violente, a entraîné de nombreux dégâts matériels et choqué la rédaction de l’hebdomadaire. Ankara a aussitôt condamné cette attaque et réclamé « de réelles mesures » de Paris contre l’organisation terroriste.   Pour la troisième fois en six mois, des sympathisants du PKK ont vandalisé et violemment dégradé les locaux de notre journal Zaman France, situés à Pantin, dans la banlieue parisienne. Le mercredi 15 février 2012, vers 14h40, un groupuscule d’une quinzaine de personnes cagoulées s’est introduit par la force dans notre immeuble pour tout saccager et menacer physiquement et verbalement le personnel présent sur place. Malgré d’importantes dégradations (portes, fenêtres, écrans et mobiliers détruits), il n’y eut fort heureusement aucun blessé, contrairement à la fois précédente où un salarié avait été victime d’un coup de poing. Mais l’équipe du journal a profondément été choquée par cette agression, dont la date correspond au treizième anniversaire de l’incarcération du leader du PKK Abdullah Öcalan.

Ankara réclame une réaction française La brigade criminelle de Paris a été chargée de l’enquête. Arrivé sur les lieux peu de temps après l’attaque, l’ambassadeur de Turquie à Paris, Tahsin Burcuoğlu, a déclaré que l’impunité des responsables de ces actions les incitait à recommencer, en invitant les autorités à assurer la sécurité des Turcs et des Français d’origine turque vivant en France. Le même jour, un cocktail Molotov a été jeté dans les locaux de Zaman Allemagne dans la ville de Cologne. L’année dernière encore, les locaux du journal avaient été occupés le 18 octobre à Vienne, et un cocktail Molotov avait été lancé dans les locaux de Zaman à Londres le 30 octobre. Samedi dernier, c’est le bureau de Zürich en Suisse qui a subi une agression. Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a condamné vendredi ces attaques, réclamant des mesures urgentes pour protéger ses journalistes. « Nous condamnons fermement les attaques terroristes contre les bureaux du journal Zaman en Europe » a déclaré le ministre devant la presse. « Ces attaques ne visent pas seulement un journal très respecté, mais également la liberté de la presse en Europe », a-t-il dit, réclamant « de réelles mesures » pour prévenir de tels actes.  

Mercredi, Février 22, 2012 - 11:08

Ce qui va changer au CFCM

Le CFCM va mal.

Cette instance chargée de représenter les musulmans de France est fortement critiquée, tant sur sa représentativité que sur sa légitimité. Le mode de scrutin fait s’élever les voix, le nombre de délégués élus au sein de l’instance étant proportionnel à la superficie des lieux de cultes référencés. Forts de ce constat, le Rassemblement des musulmans de France (RMF), dont est issu Mohammed Moussaoui, l’actuel président du Conseil, et la Grande mosquée de Paris ont décidé de prendre les devants en signant un accord le jeudi 16 février prévoyant des réformes qui concerneront principalement le mode de présidence du CFCM. Cet accord prévoit une direction collégiale, avec un changement de président tous les 18 mois, pour que toutes les fédérations soient représentées. Concernant le mode de représentativité des lieux de culte référencés, il y devrait y avoir, selon l’accord, moins d’élus dans le Conseil d’administration où siègeront également des personnes cooptées par les différentes fédérations. L’UOIF n’a pas participé aux discussions qui ont précédées l’accord et ne l’a donc pas signé. « On voulait une réforme, mais en dehors du cadre du CFCM », s’est indigné Amar Lasfar, vice-président de l’UOIF, interrogé par Le Nouvel Observateur. Il faudra pourtant que tous s’entendent pour trouver une solution à cette crise, car pour être validé le projet de réformes doit être accepté par tous les membres du Conseil.