Les élus issus de la diversité font leur entrée à l'Assemblée nationale

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Pour la première fois, neuf candidats aux élections législatives issus de la diversité ont été élus. Une vraie rupture avec l’ancienne législature où aucun d’entre eux n’étaient présents dans l’hémicycle. Même si le nombre d'élus est encore faible, ces scores ont été salués par la gauche.

C'est une première : la diversité, représentée à un niveau inédit dans le gouvernement, a enfin franchi les portes de l'Assemblée nationale avec une poignée de candidats socialistes d'origine africaine, maghrébine ou asiatique. Une vingtaine de figures issues de l'immigration était présente au second tour, selon un décompte du Conseil représentatif des associations noires (Cran). Razzy Hammadi était assuré de siéger au Palais Bourbon, ayant recueilli 36,71 % des suffrages à Montreuil-Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Son adversaire, Jean-Pierre Brard (Front de gauche), avec 32,75%, avait en effet décidé de lui laisser la voie libre après avoir effectué quatre mandats. M. Hammadi passera ainsi son écharpe de député en même temps que le ministre Kader Arif (Toulouse), Seyba Dagoma (Paris), Malek Boutih (Morsang-Essonne), Kheira Bouziane (Dijon), Chaynesse Khirouni (Nancy), Hélène Geoffroy (Rhône), Pouria Amirshahi et Corinne Narassiguin (Français de l'étranger). Tous ont été investis par le PS en tant que représentants de la «diversité», même si certains d'entre eux refusent d'assumer cette forme de «discrimination positive» honnie au sein de la gauche. Le parti «a fait une erreur de présenter les choses ainsi», critique Razzy Hammmadi, 33 ans, qui se dit «fier» de ses «origines» (père algérien et mère tunisienne) et de son «parcours». «Je me bats depuis quinze ans, c'est le résultat de ce combat», justifie ce diplômé de la Sorbonne qui s'est engagé en 1998 au PS. 
 
«On ne pourra pas revenir en arrière»
Le parcours de Malek Boutih est moins linéaire, puisqu'il a été happé par les luttes politiques en 1983 en participant à la première «marche des beurs». «Le chemin a été long pour moi mais il doit permettre de raccourcir et de rendre plus confortable le chemin de ceux qui viennent après moi», espère cet ancien président de SOS Racisme. «Pour faire changer la représentation politique, les règles usuelles politiques ne suffisent pas» dans un pays où, selon lui, «la pente naturelle, c'est le conservatisme, avec des candidats hommes blancs, âgés de plus de 50 ans, cumulards». «Une brèche a été créée, on ne pourra pas revenir en arrière», se réjouit Malek Boutih en rendant hommage à la «ténacité» et aux «positions volontaristes» de la première secrétaire Martine Aubry. L'élection de députés issus de l'immigration «est un progrès», salue le président du Cran Louis-Georges Tin. Mais, observe-t-il, «à ce rythme, l'égalité n'arrivera que dans 50 ans». Selon ses calculs, ces députés «représenteront 1,4 % de l'Assemblée nationale» alors que les Français d'origine immigrée forment «plus de 10 % de la population».
Paris

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